Tour de France: Bradley Wiggins a tout fait pour arriver

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BRADLEY WIGGINS, PREMIER BRITANNIQUE À REMPORTER LE TOUR DE FRANCE
BRADLEY WIGGINS, PREMIER BRITANNIQUE À REMPORTER LE TOUR DE FRANCE

par Gilles Le Roc'h

PARIS (Reuters) - La victoire de Bradley Wiggins, premier Britannique à remporter le Tour de France, est le fruit d'un travail de forcené depuis plusieurs années et met en valeur un tempérament de champion étonnant.

Quand il est devenu professionnel en 2002 dans les rangs de La Française des Jeux, la réputation de Bradley Wiggins n'avait pas encore dépassé les vélodromes, où il était rapidement devenu, après un titre mondial de la poursuite individuelle juniors, un élément essentiel de l'équipe britannique.

Mais il avait démontré à Yvon Madiot qu'il savait rouler vite et son frère Marc Madiot, manager de l'équipe française, fut convié à le rencontrer rapidement.

La prise de contact eut lieu lors des championnats du monde sur piste disputés cette année-là à Anvers, mais Wiggins ne décrocha son contrat qu'après un autre long entretien.

"Il avait un survêtement pourri, des chaussures pourries mais il était sacrément bien posé sur son vélo", se souvient Marc Madiot, son premier patron dans le peloton.

"J'avais été surpris également qu'il ait une telle culture du cyclisme. Il savait tout des palmarès, des coureurs et même de leur tenue vestimentaire."

Fils d'un ancien pistard, Gary Wiggins, un mercenaire australien courant au cachet et dont la vie dissolue s'est tragiquement achevée en janvier 2008, Bradley a surtout vécu avec sa mère en Grande-Bretagne.

Au cours de ses premières années de coureur, comprenant qu'il y trouverait un plus grand intérêt, Bradley Wiggins s'est tourné vers la piste et logiquement, il a enchaîné sur la route avec le contre-la-montre.

"Il était un peu branleur, se souvient Marc Madiot, et très bordélique. Il savait travailler mais seulement dans le cadre de ses objectifs et lui, ce qu'il voulait, c'était devenir champion olympique."

"Quand il est passé pro avec moi, la star de l'équipe était Bradley McGee. Il avait beaucoup d'admiration pour lui mais son Graal, c'était de le battre en finale de la poursuite individuelle des Jeux olympiques."

Chose faite à Athènes en 2004.

Wiggins portait alors le maillot vert du Crédit Agricole, construisant sa carrière en fonction des augmentations de salaires qu'il obtenait en changeant de contrat, et cela se jouait à quelques centaines d'euros.

Ce fut le cas avec Cofidis puis le Team Columbia et Garmin.

LA QUESTION N'EST PAS SI, MAIS QUAND ?

Le vrai tournant dans sa carrière eut lieu à Pékin, d'où il revint couvert d'or olympique dans les deux disciplines de la poursuite.

"Je sais bien que les prochains JO se dérouleront à Londres, mais que m'apporterait une médaille d'or supplémentaire ?", interrogeait-il quelques mois plus tard.

Sa réflexion fut de courte durée.

Bradley Wiggins, dont les qualités mentales sont l'égal de son potentiel physique, opta pour une véritable carrière sur route et plus rien, alors, ne le détourna de son objectif - gagner le Tour de France.

Avec les membres de l'équipe britannique sur piste, tous devenus les dirigeants du Team Sky, il entama en 2009 un programme qui devait le mener au sacre dans le Tour.

Il perdit dix kilos, travailla de manière inlassable en montagne avant d'obtenir une quatrième place dans le Tour 2009.

La vie sportive de Wiggins se compliqua alors sérieusement. Il enchaîna les coups durs, avec un Tour humiliant en 2010 (23e à Paris) et une fracture de la clavicule en 2011, dans la septième étape.

Confiant dans sa méthode et ses hommes, il continua d'y croire. En septembre dernier, dans la Vuelta qu'il allait achever à la troisième place, il disait ainsi : "La question n'est pas de savoir si je vais gagner le Tour, mais quand."

La réponse a donc été donnée au terme d'un mois de juillet qu'il a parfaitement négocié, conforté par les succès acquis ces derniers mois.

Avant même le prologue de Liège, son travail avait été récompensé par des victoires dans Paris-Nice, le Tour de Romandie et le Critérium du Dauphiné.

"Je gagne le Tour de France, c'était un rêve", a-t-il dit samedi.

"Au cours de cette année, j'ai également gagné de grandes courses comme l'avait fait Eddy Merckx. C'est très important pour moi."

Edité par Gregory Blachier

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