Tour de France: Bradley Wiggins a profité, un court instant

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POUR BRADLEY WIGGINS, LA VICTOIRE SEMBLE TOUTE PROCHE
POUR BRADLEY WIGGINS, LA VICTOIRE SEMBLE TOUTE PROCHE

par Gregory Blachier

PEYRAGUDES, Hautes-Pyrénées (Reuters) - Bradley Wiggins a quasiment gagné le Tour de France à trois étapes du terme de la course et a commencé à le réaliser dans la dernière ascension.

C'est ainsi que le Britannique a expliqué, à l'arrivée, la chanson de gestes jouée avec Christopher Froome, dont les accélérations à l'approche de Peyragudes ont tout à la fois assommé définitivement la concurrence - Vincenzo Nibali en tête - et confirmé la frustration du simple équipier.

Dans la montagne, Froome a donné l'impression d'être bien supérieur à Wiggins, mais il s'est résolu à faire le "sacrifice" de rester aux côtés de son leader.

Jeudi, il a cependant accéléré à plusieurs reprises avant de se retourner vers Wiggins, comme pour lui signifier qu'il n'avait rien à lui envier et que le rythme du maillot jaune le privait d'une étape qui lui tendait les bras.

A l'arrivée, Wiggins a assuré qu'il n'y avait pas eu de contentieux dans cette pantomime, mais simplement qu'il avait l'esprit à Paris davantage qu'à l'étape.

"On parlait de (Vincenzo) Nibali, on se disait que c'était fini, qu'il n'attaquerait pas (...) J'étais surpris qu'on ne soit plus que tous les deux", a expliqué Wiggins à la presse.

"C'est la première fois dans le Tour que j'ai pensé que j'avais gagné le Tour. J'ai pensé à tout ce qu'on avait fait, à la performance et c'était dur de se concentrer", a-t-il ajouté.

Puis d'affirmer que son équipier, plutôt que de lui réclamer de forcer l'allure, n'avait eu qu'encouragements pour lui.

"Je pensais à toutes les personnes qui m'ont aidé jusque là. Chris m'a donné le courage, me disait 'allez, on prend plus de secondes', mais j'étais dans un autre monde", a dit Wiggins.

"Depuis le début, on a vu comment on a roulé, comme une équipe. J'ai sept très bons coéquipiers (Kanstantin Sioutsou a abandonné dès la troisième étape, ndlr). Chris, dans les montagnes, il est super. Il peut gagner le Tour un jour, c'est sûr."

"MON NOM SERA TOUJOURS SUR LA LISTE"

Le ton est resté égal mais le fond est devenu plus cassant quand, derrière le Wiggins qui savourait son très probable sacre dimanche à Paris, est apparu l'homme qui s'est construit pour être un leader, pour gagner et donc entend en imposer.

"Il ne s'agit pas juste du Tour", a-t-il commencé.

"C'est des années où l'on prend la pression. Il y a la presse depuis janvier. Chris a le talent, mentalement il est très fort, mais il resté dans l'ombre, c'est très différent."

Capable d'une ferme mise au point, Wiggins n'a pas non plus caché son agacement de devoir répondre, encore, à une question sur le dopage et la valeur toute relative de ses rivaux sur ce Tour en l'absence d'Andy Schleck et d'Alberto Contador.

"Mon nom sera toujours sur la liste. Pour moi c'est tout ce qui compte", a-t-il dit.

"Après tout ce que j'ai fait cette année, avoir une question négative, j'ai du mal à l'avaler. Etre là, dans cette position et devoir encore se justifier... Pour moi, on devrait dire 'il a été là depuis février, il a gagné Paris-Nice, il a fait toute la saison à courir, s'entraîner, il a répondu à la presse'."

"Et là, je dois répondre à ça alors que je suis en haut du général depuis presque trois semaines."

Parce qu'il devrait y rester jusqu'à dimanche soir, il aura tout le temps de parler de son succès. Et de le savourer un peu plus.

édité par Benjamin Massot

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