Tour de France: Andre Greipel remporte une étape morne en plaine

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Tour de France: Andre Greipel remporte une étape morne en plaine
Tour de France: Andre Greipel remporte une étape morne en plaine

par Gilles Le Roc'h

ROUEN, Seine-Maritime (Reuters) - L'Allemand Andre Greipel s'est imposé mercredi à Rouen au terme d'une journée sans relief sur le Tour de France dont la quatrième étape ne laissera comme souvenir que la chute ayant fait pour principale victime Mark Cavendish.

Greipel a devancé l'Italien Alessandro Petacchi et le Néerlandais Tom Veelers au terme de 214,5 km qui auront été quelque peu animés par la vaine échappée de trois coureurs.

Dans le peloton, il y a une expression devenue courante, qui résume bien sa transhumance de cinq heures dès lors que les difficultés sont inexistantes. Elle dit qu'il "n'y a pas eu de course", pour mettre en exergue l'absence d'attaques avant qu'une échappée ne s'en aille enfin.

Dès que trois malheureux coureurs accélèrent au kilomètre zéro, le peloton les laisse partir, et les équipes de sprinteurs s'entendent dans la dernière heure pour préparer le sprint massif qui semble devenir la seule issue possible des courses de plaine.

Ce n'est pas de l'improvisation, puisque quelques coureurs veillent à ce que cette tactique soit respectée.

L'Autrichien Bernhard Eisel, chargé d'emmener Mark Cavendish jusqu'à la ligne, est l'un de ceux qui, toute l'année, verrouillent l'affaire, s'amusant de laisser partir des échappés qu'ils iront invariablement cueillir.

Ce scénario, désolant pour le spectacle, est celui des étapes planes depuis plusieurs années mais se trouve sous le feu des critiques quand vient le Tour.

CANCELLARA S'EN CONTENTE

Quand une équipe compte en ses rangs l'un des meilleurs sprinteurs au monde, la stratégie mise en oeuvre depuis le départ de Liège, samedi, se justifie.

Elle est bien moins compréhensible pour toutes les autres, qui se savent sans ressource dans les sprints mais acceptent sans combattre les diktats d'une poignée de forts en gueule.

Le mérite du Japonais Yukiya Arashiro est grand d'avoir lancé la bonne échappée dès le baisser du drapeau.

Celui des Français David Moncoutié et Anthony Delaplace, qui ont décidé de le suivre, ne l'est pas moins. Mais dès lors que personne n'est venu leur donner un coup de main, il était évident que la journée serait longue, très longue.

Elle l'a été jusqu'à 10 km de l'arrivée quand Sylvain Chavanel, Samuel Dumoulin et Wouter Poels sont passés à l'action, sans creuser l'écart mais en contraignant le peloton à dévaler vers Rouen à une allure folle.

Comme il s'agissait pour tous des premiers gros efforts de la journée, la plupart des coureurs avaient la possibilité de frotter pour se placer en tête, pour bluffer.

A cette vitesse-là, il suffit d'un rien pour provoquer une chute. Il semble que Robert Hunter, qui n'est pas le moins dangereux, ait été à l'origine de la spectaculaire embardée qui a emporté Cavendish, Eisel - touché au visage - et une quinzaine d'autres coureurs.

Il n'y a donc pas eu de course et le leader Fabian Cancellara, lucide, était bien content d'avoir sauvé son maillot jaune au terme d'une drôle de journée.

"Bernhard Eisel est tombé à côté de moi et j'ai réussi à l'éviter. Le but dans cette étape était de rester en bonne santé", a-t-il dit.

"C'est vrai que la première partie de l'étape a été très tranquille et après avoir quitté le bord de mer, nous nous sommes mis à rouler très vite, 60 km/h vent dans le dos, avec des milliers de spectateurs sur le bord des routes, avec des passages rétrécis dans les villes, c'est super dangereux."

"Comme les mecs sont frais, ils prennent des risques (...) la chute dans ce cas est presque inévitable..."

Edité par Grégory Blachier et Gilles Trequesser

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