Tour de France: Andre Greipel relance la course au maillot vert

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Tour de France: Andre Greipel relance la course au maillot vert
Tour de France: Andre Greipel relance la course au maillot vert

par Gilles Le Roc'h

SAINT-QUENTIN, Aisne (Reuters) - Andre Greipel a trouvé la clé et il en a profité pour remporter à Saint-Quentin sa deuxième victoire d'affilée dans le Tour de France où le maillot vert Peter Sagan, victime d'une chute, a fait une mauvaise opération.

Au terme de la cinquième étape partie de Rouen et qui a vu Fabian Cancellara conserver son maillot jaune, Greipel s'est imposé dans un sprint en faux-plat montant devant l'Australien Matthew Goss et l'Argentin Juan-José Haedo.

Une échappée dès le kilomètre zéro, quatre coureurs qui partent, le peloton qui ne réagit pas: le scénario de cette étape semblait, dès le départ, devoir être le même que celui des précédentes.

Mais les dix derniers kilomètres ont effacé l'ennui des premières heures et les rancoeurs maintes fois exprimées par les anciens champions qui ne comprennent pas l'attitude des coureurs d'aujourd'hui, grands calculateurs.

A l'avant, l'Espagnol Pablo Urtasun, le Belge Jan Ghyselinck et les Français Mathieu Ladagnous et Julien Simon n'ont jamais eu une avance supérieure à 5 minutes 40 secondes sur des routes plates, de longues lignes droites tellement peu propices à leur réussite.

Le rôle de Ladagnous dans le groupe de tête a toutefois été prépondérant. Se souvenant de la stratégie décidée par son patron Marc Madiot lors d'une échappée menée avec Nicolas Vogondy sur la route de Compiègne en 2007, qui avait été presque gagnante puisqu'il n'avait été repris qu'à 50 mètres de la ligne, Ladagnous a tenu le rôle du professeur.

"Il ne fallait pas que nous prenions trop d'avance, a dit le Palois.

"Je pense avoir bien géré l'échappée en la faisant ralentir, notamment quand le peloton revenait fort derrière nous, pour l'inciter à se relever un peu..."

Le coup a bien marché devant un peloton régulé dans le final par le Team Sky, soucieux de protéger son leader Bradley Wiggins des turbulences, et il s'en est fallu d'un rien que le sprint soit évité.

"A trois kilomètres de la ligne, je me retournais et on avait encore une bonne avance. J'y croyais!", a raconté Ladagnous.

"Ghyselinck a attaqué à ce moment-là et me sachant rapide, j'ai tout donné pour le reprendre. Urtasun m'a passé, j'étais sûr de le sauter sur la ligne mais le peloton est revenu à 50 mètres, comme à Compiègne il y a cinq ans. J'ai les boules!"

Le coureur de la FDJ-BigMat n'a pas de réussite cette saison puisqu'il avait été victime d'une crevaison le privant de la deuxième place dans Paris-Roubaix en avril.

SAGAN EST FÂCHÉ

C'est bien tout le contraire du sort que ce Tour réserve à l'Allemand Andre Greipel, vainqueur une nouvelle fois après avoir été tout près de chuter à trois kilomètres de l'arrivée.

"Je ne sais pas comment la chute est arrivée", a dit le sprinteur de la Lotto-Belisol.

"Cela s'est passé juste à côté de moi, j'ai déchaussé mais j'ai réussi à rester sur le vélo. J'ai perdu beaucoup de positions mais mon équipier Adam Hansen m'a ramené devant. Le final était très difficile et j'ai réussi à prendre le sillage de Matthew Goss et à le sauter dans les derniers mètres."

Cette chute, provoquée par Tyler Farrar, a en revanche été fatale au maillot vert Peter Sagan, qui n'a pu éviter de tomber et n'a pas marqué le moindre point.

Sa situation très favorable au départ de Rouen (55 points d'avance sur Matthew Goss) est devenue beaucoup plus précaire à Saint-Quentin (18 points d'avance sur Matthew Goss, 23 sur André Greipel, 36 sur Mark Cavendish).

"Je n'ai pas de mots en voyant l'image de cette chute, a dit le Slovaque, agacé.

"Il y a un coureur qui veut absolument passer et nous bouscule et nous fait tomber. Jamais on ne doit tomber là! Je n'ai pas eu peur mais je suis fâché parce que je n'ai pas marqué de points."

Mark Cavendish, cinquième, n'a rien dit. Sans doute a-t-il payé dans le faux-plat montant final les suites de sa chute à Rouen mais il était désolé de n'avoir pas su profiter du travail de son équipe qui a pour une fois prolongé son effort jusqu'aux abords de la ligne.

Bradley Wiggins lui-même a roulé en tête de peloton, une situation inattendue.

"Nous voulions être plus présents, a expliqué le favori du Tour. Depuis plusieurs jours, je me retrouvais pris dans le bordel et comme nous l'a dit ce matin notre manager Dave Brailsford, il faut arrêter de tergiverser!"

Wiggins va devoir encore vivre une étape de plaine et un final tumultueux, vendredi à Metz. Après quoi son Tour de France pourra enfin commencer.

Edité par Grégory Blachier

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