Tour de France: Alain Gallopin sort enfin de l'ombre

le
0

par Gilles Le Roc'h

LIEGE, Belgique (Reuters) - Alain Gallopin s'est occupé de quelques uns des plus grands coureurs du Tour de France mais il est toujours resté un homme de l'ombre.

Une fois n'est pas coutume, le directeur sportif, qui exerce depuis 18 ans, se retrouve cette année en pleine lumière.

Il emmène sur cette Grand Boucle l'équipe RadioShack que le manager Johan Bruyneel a renoncé à accompagner après avoir été cité dans une enquête de l'Agence américaine antidopage (Usada).

Samedi, à Liège, il a pris le meilleur des départs pour un patron intérimaire grâce à la victoire du spécialiste Fabian Cancellara dans le prologue.

"C'est un grand soulagement après l'incroyable malchance qu'on a eue cette saison", a-t-il dit à Reuters dimanche.

"La mauvaise fortune de l'équipe repose sur deux chutes, celle de Fabian au Tour des Flandres et celle d'Andy (Schleck), qui nous prive de notre leader", a-t-il ajouté en évoquant l'abandon du Luxembourgeois dans le Critérium du Dauphiné.

"Si Fabian gagne le Tour des Flandres, on aurait jamais parlé de problèmes au sein de l'équipe RadioShack. Il a suffi d'un bidon. Le sport, ça tient pas à grand chose."

Les mésaventures de RadioShack, équipe déjà en proie aux divisions entre les historiques de cette formation et la garde des frères Schleck, auraient pu se limiter à ces coups du sort.

Mais il a fallu qu'elle subisse le retrait temporaire de Bruyneel, cité dans une enquête sur le septuple vainqueur du Tour Lance Armstrong.

En l'absence du Belge, qui aurait menacé de faire sans les frères Schleck et leurs fidèles pour ne sauver que Cancellara, Alain Gallopin est vite apparu comme le recours idéal.

L'ancien bras droit de Laurent Fignon, qu'il a aidé, sur le vélo, à gagner le Tour en 1983 et 1984, est un homme respecté par le peloton où on le considère digne de confiance.

Il avait déjà tenu ce rôle de pompier chez CSC en 2007, remplaçant au pied levé Bjarne Riis après que le Danois eut reconnu s'être dopé pendant le Tour 1996 qu'il avait remporté.

"J'AI L'ESTIME DES COUREURS"

"Je suis quand même un directeur sportif qui a l'expérience de diriger des groupes. Je crois que j'ai l'estime des coureurs parce que je suis quelqu'un de correct. Je n'ai pas la notoriété, mais c'est un peu un choix. La notoriété va de pair avec les emmerdements", a-t-il expliqué.

"Ce qui m'ennuie dans l'absence de Johan, c'est que je m'entends bien avec lui, qu'on se marre bien ensemble, qu'on échange beaucoup. On travaille vraiment bien ensemble. Mais ça va, j'ai l'habitude de gérer un groupe. Mon rôle, c'est juste d'harmoniser les choses au sein d'une équipe."

Privé d'Andy Schleck, dauphin de Cadel Evans l'année dernière et qui a hérité de la victoire en 2010 après le déclassement d'Alberto Contador, Gallopin ne pense pas être en manque de leader.

Pour le classement général, il croit en Andreas Klöden, le vétéran allemand de 37 ans, qu'il voit bien placé à Paris.

"C'est un Tour vraiment taillé pour lui. Il n'est plus tout jeune, mais c'est un vrai 'chrono-man' et avec son expérience, je pense qu'il peut viser un podium", a-t-il jugé.

Pour Fränk Schleck, aîné d'Andy et troisième l'année dernière, le maillot jaune semble inaccessible sur ce Tour où les contre-la-montre auront une grande importance.

"Son objectif va surtout être de gagner une belle étape de montagne, mais pour le général, il ne faut pas trop y compter", a reconnu Gallopin.

Si elle ne vise pas ouvertement la victoire, son équipe est suffisamment solide pour voir loin avec des hommes d'expérience comme Denis Menchov "pour qui ce Tour est vraiment dessiné" ou Levi Leipheimer.

Et samedi, au départ, elle entendait bien défendre le maillot jaune de Fabian Cancellara.

"Une semaine en jaune, c'est le meilleur moyen d'oublier la malchance et tous les problèmes de la saison", conclut Gallopin.

Edité par Gregory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant