Tour de chauffe avant la conférence sociale de juillet

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LA CONFÉRENCE SOCIALE, UN RENDEZ-VOUS POUR MANUEL VALLS
LA CONFÉRENCE SOCIALE, UN RENDEZ-VOUS POUR MANUEL VALLS

par Marine Pennetier et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - "Rien ne peut se faire sans vous", a déclaré lundi Manuel Valls aux organisations patronales et syndicales, rassemblées à trois semaines de la conférence sociale sur fond de crispations autour de la réforme ferroviaire et du statut des intermittents.

Le Premier ministre avait convié cinq syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et trois organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) pour esquisser les contours de la troisième grand-messe sociale du quinquennat de François Hollande.

Fixé aux 7 et 8 juillet, le rendez-vous fait figure de test pour le dialogue social et le "pacte de responsabilité", décrié par une partie de la gauche, sur lesquels le chef de l'Etat mise pour sortir la France de la crise.

Face à cette fronde, Manuel Valls a mis en garde lundi ceux "qui doutent de sa détermination" à faire appliquer un pacte "sur lequel la majorité s'est déjà prononcée, ce qu'elle confirmera dans les prochains votes", a assuré son entourage.

La conférence sociale devrait à cet égard permettre de faire le point sur le "suivi des engagements" et "la montée en charge" du dispositif qui prévoit de réduire de 30 milliards d'euros le coût du travail et les impôts des entreprises en échange d'engagements pour l'emploi et le dialogue social.

"Nous devons être exigeants avec nous-mêmes parce que les Français le demandent", a déclaré le Premier ministre aux participants à la réunion.

La conférence sociale, "ce n'est pas la grande kermesse, ce n'est pas le lieu d'un consensus mou, d'un plus petit dénominateur commun. C'est un lieu de débat où l'on discute ave un objectif central : l'emploi", a-t-il insisté.

ATTENTES ET DOLÉANCES

Face à lui et une partie du gouvernement, les partenaires sociaux ont exprimé leurs attentes et doléances.

La CGT n'était pas la moins critique.

"Les deux dernières conférences sociales nous avaient laissés franchement sur notre faim, pour ne pas dire carrément un goût amer", a dit Marie-Laurence Bertrand. "Celle-ci s'annonce comme étant une nouvelle fois une négation de ce que vivent les salariés. L'aggravation de la situation économique et sociale visiblement n'est pas mesurée par le gouvernement."

La CFDT a réaffirmé l'importance de l'emploi et des aides aux chômeurs de longue durée, pour lesquelles le secrétaire général Laurent Berger a demandé un "travail particulier".

Au total, sept tables rondes seront organisées les 7 et 8 juillet sur des thèmes comme la modernisation du dialogue social, avec la question des seuils sociaux, et la santé.

Le pacte de responsabilité, qui ne fera pas en soi l'objet d'une table ronde, sera évoqué avec François Hollande, qui ouvrira la conférence.

L'occasion pour le leader de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, de répéter ses griefs à l'égard d'un dispositif qu'il juge "récessif, dépressif et injuste".

URGENCE

Côté patronat, on insiste sur l'urgence de mettre en oeuvre les mesures annoncées le 14 janvier par le chef de l'Etat.

Le patron du Medef, selon qui 24 branches professionnelles auront lancé ou achevé les discussions avec les syndicats sur le pacte d'ici au 7 juillet, a réclamé une simplification des règles sociales.

"Les entreprises ne vont pas bien, les chefs d'entreprise sont très nerveux, les résultats économiques sont très mauvais, donc il y a urgence", a rapporté Pierre Gattaz.

"Six mois entre l'annonce du pacte et des mesures concrètes, ça ne colle pas", a renchéri Carole Couvert, de la CFE-CGC. "Nous sommes dans une période d'entre-deux, un attentisme des entreprises qui n'investissent plus, qui ne recrutent plus, des salariés qui commencent à moins consommer, nous attendons de ce gouvernement de combat un sursaut".

Le tour de chauffe de lundi s'inscrit dans un contexte social tendu, marqué par la poursuite de la grève des cheminots de la SNCF qui dénoncent le projet ferroviaire et par la grève des intermittents du spectacle. (Voir)

A Matignon, Marie-Laurence Bertrand a relié conférence sociale et crispations actuelles.

"M. Hollande, apportez des réponses, M. Valls, apportez des réponses, M. Cuvillier, apportez des réponses. C'est ça le dialogue social et c'est le lien avec la conférence sociale", a dit la responsable CGT, selon laquelle "demander d'arrêter la grève (...), c'est une négation du dialogue social".

(Edité par Yves Clarisse)

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