Toulouse honore la mémoire des victimes de Merah

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TOULOUSE, 19 mars (Reuters) - Trois ans après les assassinats commis par Mohamed Merah au nom du djihad, les Toulousains rendent hommage jeudi à ses sept victimes lors d'une soirée commémorative à laquelle devaient participer Nicolas Sarkozy et Bernard Cazeneuve. L'ancien président et le ministre de l'Intérieur se retrouvent notamment à l'appel de la communauté juive pour honorer la mémoire de Myriam Monsonego, 8 ans, Gabriel et Arieh Sandler, 4 et 5 ans, et de leur père, le rabbin Jonathan Sandler, assassinés le 19 mars dans l'école juive Ozar Hatorah. Trois militaires -- Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad -- avaient auparavant été abattus les 11 et 15 mars 2012 à Toulouse et Montauban. Deux mois après les attentats de janvier contre Charlie Hebdo et une supérette casher et au lendemain de l'attaque meurtrière perpétrée mercredi à Tunis, cette journée de commémoration a pris une dimension particulière. "L'année dernière, la cérémonie s'est déroulée avant l'attaque du musée juif de Bruxelles, avant Copenhague et bien sûr avant les attentats de Paris et Tunis", a déclaré à Reuters Nicole Yardeni, présidente régionale du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), qui a organisé les événements avec la Communauté juive de Toulouse. "Nous avions alors l'impression que la prise de conscience de cette guerre déclarée contre la civilisation, la démocratie et les valeurs de liberté n'était pas totale dans l'opinion publique", a-t-elle ajouté. "Il faut espérer maintenant que chaque personne, individuellement, lutte à son niveau pour défendre les valeurs de la République." Albert Chennouf-Meyer, le père d'un des militaires, est venu de Nîmes où il réside pour assister à la cérémonie. "La commémoration est importante. Si l'on banalise ce qui s'est passé, c'est la fin du monde civilisé", a-t-il dit. Né d'un mineur "berbère, laïc et athée" et d'une catholique alsacienne, ce père de famille se dit "très pessimiste". "Le nazislamisme ne s'arrêtera que si l'on se lève et que l'on tape dans le tas en leur déclarant la guerre, car c'est bien une guerre dont il s'agit", a-t-il déclaré. "On a trop longtemps laissé faire l'islamisme politique en France, il faut regagner du terrain et réaffirmer les fondements de la République et de la laïcité", a poursuivi Albert Chennouf qui appelle à "l'expulsion de tous les islamistes radicaux". Agé de 23 ans, Mohamed Merah, avait été abattu le 22 mars 2012 dans son appartement par les hommes du Raid au terme d'un siège de 32 heures au cours duquel il avait revendiqué les tueries de Toulouse et Montauban et s'était réclamé d'Al Qaïda. (Johanna Decorse, édité par Yves Clarisse)

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