Toulon / B. Laporte : " Les meilleurs ont gagné "

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Toulon / B. Laporte : " Les meilleurs ont gagné "
Toulon / B. Laporte : " Les meilleurs ont gagné "

Après un match d'ouverture raté à domicile (22-27), Bernard Laporte a réagi en conférence de presse. Sourires crispés et blagues de circonstances, le manager varois s'attendait à un match compliqué mais ne veut pas se chercher d'excuses. Pour lui, ce sont aux joueurs de prouver leur valeur.

Bernard Laporte, vous craigniez ce match ?
Ce n’est pas qu’on le craignait mais quand on regarde les forces en présence et notamment les compositions d’équipes, on se dit avant le mach que ça va être très dur. On avait un sentiment d’impuissance. Il n’y a rien à dire, les meilleurs ont gagné (27-22). Leurs cartons jaunes nous ont pas mal aidés, nous ont permis d’exister parce que sinon ils étaient plus denses, bien meilleurs que nous. On a eu du mal à traverser leur défense, on manque clairement de puissance sur ce match, c’est évident. Face, en plus, à une équipe qui justement offre cette densité. Quand tu regardes leurs seconde et troisième lignes... Il y a Juan Smith qui surnage un peu physiquement, qui existe, qui plaque et qui avance. Après on souffre, c’est une évidence.

Le point de bonus défensif, c’est un baume au cœur ?
Il fallait le prendre. C’était intelligemment joué de leur part. C’est peut-être la pénalité juste avant que j’aurais tapé pour faire le contraire, se repositionner et essayer de remarquer derrière mais bon... Ils ont eu raison d’essayer de prendre un point.

L’occasion pour les jeunes de marquer des points

C’est parti pour une saison compliquée ?
Mais ça, on le savait, on ne va pas se plaindre. On ne va pas dire : ''Il nous manque vingt joueurs''. On s’en fout de ça. On est 23 ! Comme je leur ai dit : ''Si vous ne profitez pas de ces matches pour nous montrer que vous pouvez exister à ce niveau, c’est vous qui allez perdre des points...'' Moi, je ne vais pas lâcher. Je leur ai demandé qu’on soit solidaire, que chacun grandisse et alors le collectif grandira. Mais on attend plus de certains joueurs confirmés. Il faut qu’ils deviennent des leaders. L’an dernier, ils ne l’étaient pas, et aujourd’hui, avec tous les joueurs qui manquent, ils doivent le devenir. Mais pour l’instant, ils n’assument pas ce rôle-là. Donc à eux de se faire violence parce qu’ils ont le potentiel pour nous amener plus haut.

On sent quand même des écarts de niveaux entre les joueurs toulonnais...
C’est toujours la même chose. Quand tu joues entouré et que les autres font le boulot, tu surnages. Et le jour où c’est à toi de le faire, tu ne sais pas comment et tu redeviens moyen. Mais ça, c’est un secret de polichinelle. C’est pour ça que je leur ai dit qu’il fallait qu’ils se montrent plus agressifs, au bon sens du terme, dans les zones de rucks, zones de plaquages. On manque de densité, de présence. Eux le sont mais je ne vois pas pourquoi pas nous. On n’est pas maigre pourtant. Après, c’est dans la tête. On n’est pas assez soldat dans ces phases de combat, qu’elles soient individuelles ou collectives. Je leur disais à la mi-temps, il faut monter d’un ton en intensité parce que ce n’était pas possible. C’est nous qui subissions les plaquages, malgré le fait qu’on a mené. Mais après, petit à petit, (les joueurs du Racing) prennent l’ascendant et c’est fini.

Vous vous attendez à une saison plus difficile ?
Bien sûr, c’est évident avec la Coupe du Monde et le Tournoi. Après, ce sera dur pour tout le monde. Il n’y a pas que nous. C’est pour ça que je ne veux surtout pas que nous nous servions de cela comme excuse. Eux aussi, il leur en manque onze ou douze (joueurs internationaux, ndlr.)

Pour Laporte, « l’agressivité est primordiale »

Vous avez tout de même relevé des points positifs ?
Oui, Juan, qui surnage comme d’habitude, qui existe, qui traverse une fois et qui fait marquer Pélissié. Jonathan Pélissié, aussi, qui nous a sorti la tête de l’eau assez souvent et qui fait un bon match. Josh (Josua Tuisova), le dernier quart d’heure, quand il a des ballons d’attaque et que tu sens qu’il est dangereux. Maintenant, on ne va incriminer personne, chacun doit grandir dans le collectif et nous amener vers le haut. Et c’est cette agressivité là qu’il faut aller chercher. On a des bons joueurs de rugby, maintenant l’agressivité est primordiale. C’est vrai que ce n’est pas le naturel de certains mais il faut le devenir. Tout au moins pendant six ou sept matches.

On vous a vu vous rapprocher du terrain...
Oui, parce qu’ils sont jeunes. C’est une évidence qu’ils manquent d’expérience. Quand je vois le jeune ouvreur (Seuteni), j’ai envie d’être présent et de l’encourager. Quand c’est Jonny (Wilkinson) qui jouait, j’étais bien là-haut.

Il y a un sentiment qui domine ? De la préoccupation ?
Non, c’est de la concentration. Il nous reste trois matchs comme ça et trois avec on-ne-sait-pas-qui après les éliminations. Il faut prendre son mal en patience. C’est ce que je leur ai dit : ''Grandissez au sein du collectif mais ne perdez pas de points''. Ce serait désolant qu’ils perdent des points dans ces phases-là alors qu’ils doivent en gagner puisqu’ils jouent. Certains, quand ils ne jouent pas, ils font la gueule. Mais s’ils ne gagnent pas de points ça va être compliqué pour eux de revenir. C’est ce que je leur ai dit : ''Si vous jouez comme ça pendant sept matches vous allez me faciliter la tâche et je sais sur qui je vais compter''.

 

Avec Maxime Habert

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