Toujours plus de mal-logés en France

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Le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre, paru ce vendredi, évalue à 3,6 millions le nombre de mal-logés en France. La crise confronte un nombre croissant de personnes à ces difficultés.

Les difficultés des Français à se loger vont croissant. Selon le dernier rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, paru ce vendredi, 8 millions de personnes sont confrontées à des difficultés de logement. La situation est critique pour 3,6 millions de personnes mal-logées ou sans abri, parmi lesquelles plus de 685.000 sont privées de domicile personnel. «La crise financière de 2008-2009 continue de produire des effets particulièrement inquiétants», alerte la Fondation, qui s'appuie en grande partie sur les statistiques officielles disponibles. «De plus en plus de ménages, y compris parmi les couches intermédiaires et les classes moyennes, sont en difficulté pour accéder à un logement, pour s'y maintenir, ou pour en changer au cours de leur vie», note le rapport.

La crise économique rogne le budget des ménages, tandis que les prix de l'immobilier demeurent à des niveaux élevés. «Certains ménages supportent aujourd'hui des taux d'efforts prohibitifs pour se loger et des restes à vivre particulièrement faibles», soulignait en 2012 l'inspection des affaires sociales. Conséquence, les impayés progressent. «Tous les indicateurs disponibles soulignent une inquiétante dégradation de la situation», relève la Fondation. 113.000 expulsions ont été ordonnées par la justice en 2011, un record. Autre symptôme patent de cette crise: l'engorgement de l'hébergement social. Les demandes reçues au 115, le numéro d'urgence sociale, ont bondi de 37% en novembre 2012 par rapport au même mois de 2011. De plus en plus de demandes proviennent de territoires ruraux, jusqu'à présent épragnés. Mais faute de places disponibles, ce sont plus de 3 personnes sur 4 qui demeurent in fine sans prise en charge.

Destabilisation des familles

La famille joue moins son rôle protecteur, déplore l'association. En 2009, un tiers des ménages était composé d'une personne seule, contre 27% en 1990, et 8,2% étaient des familles monoparentales (6,8% en 1990). La part des familles hébergées via le 115 a ainsi explosé depuis 10 ans, si bien que les services sociaux éprouvent des difficultés à répondre à leurs besoins spécifiques. Elles représentent aujourd'hui près de la moitié des relogés, en grande partie des femmes seules avec enfants. Mais la Fondation attire aussi l'attention sur les pères de famille divorcés ou séparés, et contraints de retrouver un logement assez grand pour pouvoir accueillir leurs enfants, tout en versant une pension alimentaire.

L'association relève que bien souvent, la crise du logement apparaît comme un facteur de déstabilisation des familles. Ainsi d'Alexis, demandeur d'emploi, et Cécile, secrétaire en CDI, parents d'une petite fille de 2 ans mais contraints de vivre chez la mère d'Alexis, à trois dans une petite chambre. Ou de Perrine, fraîchement divorcée et mère de 3 enfants dont elle a la garde alternée, qui peine à conserver son appartement car c'est son ex-conjoint qui bénéficie des aides au logement pour les enfants. Selon une étude du Crédoc, les prix de l'immobilier poussent même un nombre croissant de couples à avoir une famille moins nombreuse.

Face à cette situation, la ministre du Logement, Cécile Duflot, a affirmé ce vendredi matin sur i-Télé poursuivre sa «mobilisation générale en faveur du logement». En attendant une loi cadre sur au premier semestre 2013, la Fondation Abbé Pierre se félicite de certaines mesures déjà prises, comme l'encadrement des loyers. Mais faute de moyens supplémentaires, elle juge «difficile» de construire 500.000 nouveaux logements par an, dont 150.000 logements sociaux, comme l'a annoncé le gouvernement. Le rapport quantifie à 900.000 le déficit de logements dont souffre actuellement l'Hexagone.

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  • knbskin le samedi 2 fév 2013 à 09:46

    .../... qui ne coûterait d'ailleurs pas forcément très cher, mais qui serait vu comme "liberticide" par les belles âmes de gauche, et dont la réussite, de toutes façons, serait aléatoire. Alors, on fait quoi pour les claochards et assimilés ? Eh bien rien, et on continue à engraisser les affidés du PS au nom des "plus fragiles". L'hypocrisie "de gauche" dans toute son horreur ! ;)

  • knbskin le samedi 2 fév 2013 à 09:44

    Exact, M3493130, c'est d'ailleurs tout le problème de la gestion des "très pauvres" ... qui restent "très pauvres", malgré les jérémiades du PS sur "les plus fragiles". En fait pour le PS, "les plus fragiles" = "son électorat". En fait, les "très pauvres", désocialisés et irresponsables, ne peuvent que rester ce qu'ils sont, sauf à leur imposer un encadrement quasi-militaire pour les "resocialiser" .../...

  • M3493130 le vendredi 1 fév 2013 à 18:27

    Louer un appartement à des gens en difficulté signifie souvent la "ruine" de l'appartement et une perte sévère de revenus. Il faut tout refaire quand ces gens là s"'en vont! 1 mois de caution soit, ils cessent de payer un mois avant de partir ou bien s'en vont en tirant la porte sans laisser d'adresse. Ras le bol.

  • alialoin le vendredi 1 fév 2013 à 17:21

    @M68, heureusement que tu es là, pour nous faire profiter de ton post d'une intelligence folle,.....et de nous guider vers la lumière....oh grand M68......

  • MKRL le vendredi 1 fév 2013 à 15:45

    La Fondation Abbé Pierre est membre du collectif ROOSEVELT 2012 qui prône entre autres de copier les Pays Bas, à savoir réorienter le Fonds de Réserve des Retraites (31 milliards d'€) des marchés financiers vers la construction de logements, et de les louer à bas prix ensuite.Cela réglerait la crise du logement, créerait 200.000 emplois dans le BTP et augmenterait le rendement du FdRR !http://www.roosevelt2012.fr/(89.000 signataires à ce jour - voir la mesure n°10)

  • M6860185 le vendredi 1 fév 2013 à 15:36

    la Fondation Abbé Pierre se félicite de l'encadrement des loyers. Elle espère stimuler l'investissement ? il ne suffit pas d'étre une fondation pour dire des choses intelligentes.