Toujours pas de piste sérieuse dans les meurtres de Chevaline

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LE SCÉNARIO D'UN TIREUR ISOLÉ PRIVILÉGIÉ DANS LE QUADRUPLE MEURTRE DE CHEVALINE
LE SCÉNARIO D'UN TIREUR ISOLÉ PRIVILÉGIÉ DANS LE QUADRUPLE MEURTRE DE CHEVALINE

par Catherine Lagrange

LYON (Reuters) - Les enquêteurs continuent de privilégier l'hypothèse de la famille britannique Al Hilli prise pour cible dans le quadruple meurtre de Chevaline, début septembre sur les hauteurs d'Annecy, mais sont toujours en quête d'une piste sérieuse.

"La piste du cycliste qui aurait été la cible n'est pas privilégiée", a déclaré à Reuters le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, en réaction à des informations de presse selon lesquelles il aurait été tué le premier.

"Et d'ailleurs, plus on avance, plus on a le sentiment que le cycliste s'était trompé de route et que c'était la première fois qu'il venait à vélo dans le secteur, qu'il faisait demi-tour".

Le cadavre de Sylvain Mollier, un père de famille de 45 ans, a été retrouvé à proximité de la voiture des Hilli, une famille britannique d'origine irakienne dont le père, la mère et la mère de celle-ci ont été tués par balle. Deux fillettes, de sept et quatre ans, ont survécu à la fusillade.

Le procureur d'Annecy précise que les analyses balistiques n'ont pas permis de reconstituer l'ordre de la fusillade et donc de dire si l'une des victimes était prioritairement visée.

"Il est scientifiquement impossible de déterminer l'ordre dans lequel les victimes ont été tuées, de dire qui a été tué en premier, ni de savoir si le tueur a fait des allers et retours", a-t-il expliqué.

"L'hypothèse du cycliste prioritairement visé n'a d'ailleurs jamais été vraiment une piste, ce n'est pas véritablement un axe d'enquête", a ajouté Eric Maillaud, joint par téléphone.

ENQUÊTE AU LONG COURS

Pour le procureur, le scénario d'un tireur isolé est désormais privilégié. Les enquêteurs imaginaient au départ, au regard du nombre de balles tirées, la présence de plusieurs tireurs.

Par ailleurs, le 4x4 de couleur verte aperçu par des riverains de la Combe de l'Ire et recherché depuis le drame semblerait appartenir, selon les enquêteurs, aux agents de l'Office National des Forêts qui travaillent dans le secteur.

"C'est vraisemblable, mais il n'a pas été identifié", a dit le procureur. Quant à la moto également aperçue par les riverains, elle a été décrite avec des détails contradictoires.

"Son conducteur ne s'est pas présenté, elle est toujours recherchée, même si nous n'en connaissons ni la marque, ni la couleur", a déclaré le procureur.

Sans réels éléments tangibles, il souligne que les pistes de travail restent multiples.

"On se heurte à de multiples interrogations, plutôt qu'à des pistes sérieuses", a-t-il dit en énonçant "la piste du compte en Suisse", celle de l'Espagne, où le père de Saad al Hilli possédait des biens, la Grande-Bretagne, où résidait et travaillait la famille Hilli, et l'Irak, leur pays d'origine.

Le procureur s'attend donc à une enquête "longue et difficile, une enquête au très long cours qui ne se résoudra pas du jour au lendemain". Mais, rappelle-t-il, "on a déjà vu des enquêtes insolubles s'accélérer".

Edité par Yann Le Guernigou et Gilles Trequesser

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