Toujours pas d'accord en Grèce, appel à la grève

le
5
EVANGELOS VENIZELOS VA À BRUXELLES SANS ACCORD COMPLET
EVANGELOS VENIZELOS VA À BRUXELLES SANS ACCORD COMPLET

par George Georgiopoulos et Harry Papachristou

ATHENES (Reuters) - Les trois partis de la coalition au pouvoir en Grèce ne sont pas parvenus à s'entendre sur les réformes réclamées en échange du versement du deuxième plan d'aide qui permettrait à Athènes d'éviter de se retrouver en cessation de paiement en mars.

Alors que les négociations piétinent, les deux principaux syndicats du pays, GSEE (privé) et Adedy (public), ont lancé un appel à une grève de 48 heures à partir de vendredi pour dénoncer la cure d'austérité exigée par les bailleurs de fonds (Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne) contre l'octroi de 130 milliards d'euros.

"Les réformes douloureuses qui créent de la misère pour les jeunes, les chômeurs et les retraités ne nous laissent pas beaucoup de marge. Nous ne les accepterons pas. Nous allons vers un soulèvement social", a dit à Reuters le secrétaire général d'Adedy, Ilias Iliopoulous.

A l'issue d'une nuit de tractations, les chefs de file des trois partis grecs - Antonis Samaras de Nouvelle Démocratie (droite), George Papandréou du Pasok (socialiste) et George Karatzaferis du LAOS (extrême droite), ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur un point, a indiqué le ministre des Finances, Evangelos Vénizélos.

Selon Panos Beglitis, porte-parole du Pasok, le point d'achoppement porte sur le niveau des coupes dans les retraites complémentaires en vue de sauver le système des retraites.

"Je pars pour Bruxelles dans peu de temps, avec l'espoir que le sommet de l'Eurogroupe aura lieu, et qu'une décision positive sur le nouveau programme sera prise", a déclaré Evangelos Vénizélos à la presse. "La survie financière de ce pays dans les prochaines années dépend de ce nouveau programme (...) Tout le monde doit avoir en ce moment le sens des responsabilités".

PAS D'ACCORD JEUDI SOIR

Le ministre grec des Finances doit rencontrer à Bruxelles ses homologues de la zone euro, qui espèrent qu'il sera en mesure de leur présenter un engagement sur des mesures d'économie de l'ordre de 3,3 milliards d'euros cette année.

Selon une source au sein du gouvernement allemand, aucune décision sur la Grèce ne sera annoncée jeudi soir à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles. "Il n'y aura pas de décision car il n'y a pas de base (pour un accord) pour le moment", a dit cette source.

Le Premier ministre grec, Lucas Papadémos, avait émis le souhait qu'un accord soit conclu avant la réunion des ministres des Finances de la zone euro prévue à 18h00 (17h00 GMT).

Les chefs de file des partis "sont tombés d'accord sur tous les points du programme, à l'exception d'un seul, ce qui rend nécessaire de nouvelles discussions avec la troïka", a déclaré le chef du gouvernement grec.

L'UE souhaite que la nouvelle cure d'austérité soit acceptée par la coalition gouvernementale grecque et approuvée par la troïka avant le 15 février, le temps de régler ensuite les procédures techniques complexes impliquées par un accord entre Athènes et ses créanciers privés sur un échange de dette.

L'Europe espère éviter un défaut de paiement "désordonné" de la Grèce, qui doit rembourser en mars 14,5 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance.

CONTRACTION

L'économie grecque devrait se contracter de 4% à 5% cette année, a-t-on dit mercredi de source gouvernementale, citant des chiffres figurant dans un projet d'accord envoyé au FMI et relatif au nouveau plan d'aide du pays.

Le recul du produit intérieur brut (PIB) serait donc bien plus important que la baisse de 2,8% retenue dans le budget 2012 présenté en novembre. Les économistes interrogés fin janvier par Reuters voient le PIB de la Grèce baisser de 3,7% en 2012.

Selon d'autres sources, il figure dans le projet d'accord transmis au FMI l'engagement de prendre des mesures fiscales représentant 13 milliards d'euros d'ici 2015.

Le niveau d'endettement de la Grèce ne sera pas tenable si la décote sur sa dette est limitée à 70%, a prévenu de son côté l'agence de notation Standard & Poor's.

S&P, qui note actuellement la dette grecque "CC" avec perspective négative, a indiqué qu'elle prévoyait d'abaisser cette note à défaut sélectif pour une durée temporaire, le temps que le gouvernement parachève l'accord sur l'échange de dette.

Jean-Stéphane Brosse, Benjamin Massot et Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • m.young le jeudi 9 fév 2012 à 13:49

    Correction "Je n'ai pas de vote" , pardon

  • m.young le jeudi 9 fév 2012 à 13:46

    P.S. Je n'ai de vote mais je trouve que François Asselineau est plus honnête et raisonné que bien d'autres candidats. Sa conférence sur les excès de l'UE est excellente à mon humble avis http://www.youtube.com/watch?v=Hd2FOAFrz0U

  • m.young le jeudi 9 fév 2012 à 13:41

    D'accord 100% avec alai et semis. Bien qu'europhile, je pense qu'il faut être réaliste et ne pas donner des chèques en blanc aux banques et politiques. Pour un point de vue objectif lire http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/panique-a-bruxelles-la-grece-109767

  • semis le jeudi 9 fév 2012 à 13:34

    Je pense aussi que s'ils ne sont pas capables de faire le ménage maintenant c'est qu'ils ne le feront jamais. Alors que les grecs, qui ont perdu leur fiabilité, fassent la vie comme ils le pourront de leur côté, et qu'ils quittent la zone euro.

  • alai1498 le jeudi 9 fév 2012 à 12:56

    Il va fallir se résoudre à les laisser tomber: l'Europe est plus à même d'encaisser le choc maintenant qu'il y a deux ans et celà aura valeur d'exemple pour ceux qui croient pouvoir passer entre le gouttes.