Toujours au moins 40 disparus après l'accident de train au Québec

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AU MOINS QUARANTE PERSONNES TOUJOURS PORTÉES DISPARUES APRÈS L?EXPLOSION AU QUÉBEC
AU MOINS QUARANTE PERSONNES TOUJOURS PORTÉES DISPARUES APRÈS L?EXPLOSION AU QUÉBEC

par Richard Valdmanis et Julie Gordon

LAC-MEGANTIC, Québec (Reuters) - L'incertitude demeurait lundi sur le sort d'une quarantaine de personnes, après le déraillement puis l'explosion samedi en pleine ville d'un train transportant du pétrole brut à Lac-Mégantic, au Québec.

Le bilan provisoire est de cinq morts, mais il pourrait approcher les cinquante victimes si les personnes portées disparues n'étaient pas retrouvées.

Cette catastrophe constituerait alors l'accident le plus meurtrier qu'ait connu le Canada depuis qu'un avion s'est écrasé au sol en 1956 à Chilliwack, en Colombie britannique, tuant 64 personnes.

"Ma compagne a des cousins qui sont probablement morts maintenant, on en est sûrs à 99%", a déclaré Ghislain Bisson, qui regardait la télévision lorsque l'accident s'est produit, vers une heure du matin samedi.

Alors qu'il était stationné en dehors de la ville et que son conducteur n'était pas à bord, le convoi composé de cinq locomotives et de 72 wagons-citernes s'est mis, pour une raison encore inexpliquée, à rouler à grande vitesse vers le centre-ville.

Chaque wagon-citerne transportait 113.000 litres de pétrole brut du Dakota du Nord vers l'est du Canada.

Emporté par sa vitesse, le train a déraillé et au moins quatre wagons ont explosé, provoquant une gigantesque boule de feu au coeur de cette petite ville de 6.000 habitants à 250 kilomètres à l'est de Montréal, en bordure d'un grand lac.

Près de 2.000 habitants ont été évacués.

"J'ai entendu un bruit de ferraille, plus fort que d'habitude. Je suis allé sur le balcon et j'ai vu le train qui roulait extrêmement vite", a raconté Ghislain Bisson.

"Et puis je l'ai vu dérailler et venir s'encastrer directement dans un bâtiment. Il y a eu une explosion, j'ai réveillé mon amie et je lui ai dit: 'on doit partir, on va mourir ici'".

FREINS DÉSACTIVÉS ?

La ligne de chemin de fer appartient à la compagnie Montreal, Maine & Atlantic (MMA), qui a dans un premier temps affirmé que toutes les procédures de sécurité avaient été appliquées par le conducteur du train lors de sa mise au garage.

Dimanche, la compagnie a estimé que les freins avaient pu être désactivés, sans expliquer comment un tel phénomène aurait pu se produire et qui pouvait en être responsable.

"Un fait est apparu: la locomotive du train était fermée suite au départ du conducteur qui l'avait conduit depuis Farnham, ce qui a pu provoquer la désactivation des freins à air de la locomotive qui maintenait le train en place", a indiqué la MMA dans un communiqué.

Le maire de Nantes, une localité proche de Lac-Mégantic, a révélé que les pompiers de la ville étaient intervenus vendredi soir pour un début d'incendie sur le train lors de son arrêt dans la ville.

Des photos publiées par les autorités montrent des bâtiments détruits, des amoncellements de gravats et des souches d'arbres calcinées.

Les livraisons de brut par voie ferrée sont en constante augmentation en Amérique du Nord à mesure que la production pétrolière des régions de l'Ouest, comme l'Alberta et le Dakota du Nord, augmente.

Le pétrole en feu s'est répandu dans les égouts et a propagé l'incendie dans plusieurs rues, a précisé le président de la MMA, Edward Burkhardt.

Le centre-ville était très fréquenté au moment de l'accident, notamment un bar très apprécié par les jeunes.

"Ma soeur vivait là", dit Louise Boulet, 65 ans, en pointant du doigt un immeuble détruit sur une vue aérienne du site publiée par un journal local.

"Elle est morte, c'est sûr. Si elle était encore en vie, sa voiture ne serait pas encore là", ajoute-t-elle en montrant sur la photo un véhicule calciné stationné devant l'immeuble.

Pascal Liétout pour le service français

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