Total va supprimer 210 postes à Carling

le
0
TOTAL CONFIRME 210 SUPPRESSIONS DE POSTES À CARLING
TOTAL CONFIRME 210 SUPPRESSIONS DE POSTES À CARLING

PARIS (Reuters) - Total a annoncé mercredi qu'il envisageait d'arrêter le vapocraqueur de son site pétrochimique de Carling (Moselle) et d'y investir dans de nouvelles activités, ce qui se traduira par 210 suppressions de postes, sans licenciement.

Le groupe pétrolier a précisé dans un communiqué que l'arrêt du vapocraqueur de Carling, "lourdement déficitaire", interviendrait au cours du second semestre 2015.

Total, qui a annoncé ses projets lors d'un comité central d'entreprise, prévoit en outre d'investir 160 millions d'euros sur sa plate-forme pétrochimique afin de développer de nouvelles activités sur les marchés des résines d'hydrocarbures (utilisées notamment dans les adhésifs, l'automobile et l'électronique) et des polymères (matériaux plastiques).

Sur les 554 postes que compte aujourd'hui le site de Carling, 344 seront maintenus à compter de 2016, dont 100 seront créés du fait des nouveaux projets.

"Le marché européen de la pétrochimie est confronté à des surcapacités durables et à une concurrence internationale croissante", a souligné dans le communiqué le directeur général de la branche Raffinage-Chimie de Total, Patrick Pouyanné.

"Dans un tel contexte, c'est notre responsabilité d'industriel d'anticiper et d'adapter nos capacités de production à la demande."

La CFDT a de son côté critiqué "le manque d'anticipation et d'investissements de la part de la direction du groupe Total dans une stratégie industrielle offensive, (qui) a conduit ce site à se dégrader plus rapidement dans un contexte économique difficile".

Les syndicats estimaient ces derniers jours que la fermeture du dernier vapocraqueur de Carling, qui entraînera la fin de la production d'éthylène et de propylène, composants de base de nombreuses matières plastiques, pouvait entraîner la disparition de 350 emplois sur un site qui en compte 550.

Ils s'attendaient cependant à ce que cette perte d'emplois soit partiellement compensée par des investissements dans l'activité polymères, notamment une augmentation des capacités de production de polystyrène.

Un premier vapocraqueur avait été arrêté sur le site lorrain en 2008. Le second, resté éteint plusieurs mois après un accident qui a fait deux morts en 2009, n'a pas retrouvé sa pleine capacité.

Les syndicats reconnaissent les handicaps de Carling, seul vapocraqueur en France qui ne soit pas adossé à une raffinerie, sans être pour autant situé dans un port, et qui utilise comme matière première le naphta, un sous-produit du pétrole dont les cours s'envolent quand ceux du gaz et du charbon sont en baisse.

Total emploie près de 97.000 personnes, dont environ 35.000 en France.

Le groupe, après avoir mis en place début 2012 un grand pôle industriel regroupant notamment les activités de raffinage et de pétrochimie afin d'améliorer la rentabilité de ces activités, avait prévenu fin juillet que des "adaptations supplémentaires" étaient nécessaires dans l'aval.

Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant