Total va continuer d'investir pour renforcer sa production

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LA HAUSSE DES COURS DU PÉTROLE DOPE LES RÉSULTATS DE TOTAL AU 4E TRIMESTRE
LA HAUSSE DES COURS DU PÉTROLE DOPE LES RÉSULTATS DE TOTAL AU 4E TRIMESTRE

par Benjamin Mallet et Caroline Jacobs

PARIS (Reuters) - Total a fait savoir vendredi qu'il poursuivrait ses efforts en matière d'investissements pour faire croître sa production après avoir enregistré une hausse de ses résultats au quatrième trimestre 2011, dopés encore une fois par le renchérissement du pétrole.

La troisième compagnie pétrolière européenne par la capitalisation boursière, derrière Royal Dutch Shell et BP, prévoit pour 2012 des investissements hors acquisitions de l'ordre de 24 milliards de dollars (18 milliards d'euros) contre 20,6 milliards en 2011.

Total prévoit en particulier de consacrer cette année 2,5 milliards de dollars à l'exploration, un budget en hausse de 20%.

"Sauf à refuser la croissance économique à ceux qui en ont le plus besoin (...), il nous faut découvrir de nouvelles réserves et faire reculer l'échéance de celles qui sont en exploitation", a déclaré lors d'une conférence de presse Christophe de Margerie, le PDG de Total.

"Cette énergie, il faut en être conscient, sera de plus en plus chère car de plus en plus rare et de plus en plus difficile à exploiter."

Total entend poursuivre "la construction de ses relais de croissance post-2015 en préparant le lancement de ses projets en Afrique de l'Ouest, en Russie et au Canada notamment".

Interrogé sur l'intérêt du groupe pour l'Irak, Christophe de Margerie a répondu que le cadre d'exploitation proposé ne lui semblait globalement "pas très attractif". "Il faut un 'risk award' et, pour l'instant, on estime qu'il n'est pas suffisant", a-t-il dit.

INTÉRÊT POUR LE KURDISTAN

"Le Kurdistan, on regarde", a toutefois ajouté Christophe de Margerie. "L'intérêt du Kurdistan, c'est qu'il y a visiblement d'importantes réserves de gaz et de pétrole et que les conditions contractuelles y sont meilleures."

Le PDG de Total a en outre confirmé que le groupe céderait d'ici à la fin de 2012 le solde de sa participation dans Sanofi (3,22% à fin 2011) et que cette opération lui rapporterait quelque deux milliards d'euros.

D'autres ventes d'actifs non stratégiques pourraient avoir lieu dans l'exploration-production, a-t-il ajouté, précisant en revanche que le contexte n'était pas favorable à des cessions dans le raffinage et la chimie.

Total prévoit que la montée en puissance de la plate-forme Pazflor, au large de l'Angola, et le démarrage de plusieurs projets "majeurs", dont celui d'Usan au Nigeria, contribueront à la croissance de sa production en 2012 et à l'atteinte de son objectif de hausse moyenne de 2,5% par an entre 2010 et 2015.

La croissance sera cette année comprise entre 2% et 3% en fonction d'une éventuelle reprise de la production du groupe en Syrie, a précisé le directeur financier Patrick de La Chevardière.

Christophe de Margerie a en outre déclaré qu'il n'existait aujourd'hui "quasiment aucune opportunité" d'investissement pour le groupe dans le nucléaire.

Total avait envisagé d'investir dans le projet de réacteur de nouvelle génération EPR de Penly (Seine-Maritime) avant de déclarer que la réflexion sur ce sujet avait été "stoppée", après la catastrophe japonaise de Fukushima, survenue en mars.

BÉNÉFICE NET DE 12 MDS D'EUROS EN 2011

Hors exceptionnels, le bénéfice net du groupe s'est élevé à 2.725 millions d'euros au quatrième trimestre (+7%), en ligne avec les 2.760 millions attendus par les analystes interrogés par la rédaction de Reuters, pour un chiffre d'affaires de 47.492 millions (+18%).

Le bénéfice net, part du groupe, atteint 2,290 millions d'euros (+13%) en incluant des éléments non récurrents qui ont eu un impact négatif de 504 millions et sont essentiellement constitués de dépréciations exceptionnelles sur des actifs de raffinage en Europe et dans les renouvelables.

Tandis que Shell et BP ont tous deux annoncé des baisses de leur production d'environ 5% au quatrième trimestre, Total a enregistré un chiffre stable à 2,384 millions de barils équivalent pétrole par jour.

Selon les prévisions de six analystes interrogés par Reuters, cette production était attendue entre 2,358 et 2,400 millions de barils équivalent pétrole par jour.

Total propose un dividende de 2,28 euros par action au titre de 2011, stable par rapport à celui versé au titre de 2010 et inchangé depuis celui versé au titre de 2008. Le groupe confirme viser un taux moyen de distribution des résultats de 50%.

Il précise que, depuis début 2012, "les marges de raffinage se sont sensiblement améliorées après la dégradation observée en fin d'année 2011".

Sur l'ensemble de 2011, Total a enregistré un résultat net ajusté de 11,4 milliards d'euros (+11%) et un bénéfice net part du groupe de 12,3 milliards (+16%), tandis que sa production a atteint 2,346 millions de barils équivalent pétrole par jour (-1%).

"Total a acquitté ou va acquitter au titre de 2011 un montant global d'impôts d'environ 1,2 milliard d'euros, dont 300 millions environ au titre de l'impôt sur les sociétés", a indiqué Christophe de Margerie.

L'an dernier, le fait que Total ne paye pas d'impôt sur les sociétés au titre de 2010 car ses activités avaient été déficitaires en France cette année-là avait déclenché un vif débat politique et motivé un rapport parlementaire sur le sujet.

A la Bourse de Paris, l'action Total, qui est la plus grosse capitalisation de l'indice CAC 40, reculait de 1% à 40,70 euros vers 13h00, tandis que le CAC 40 perdait 0,9%.

"Les résultats sont bons dans l'ensemble (...). Le budget de capex est un peu plus élevé qu'attendu, mais ils vont clairement chercher à compenser avec des cessions", a déclaré Neill Morton, analyste chez Berenberg.

Edité par Dominique Rodriguez

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