Total se place au Brésil? et chute en Bourse

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(lerevenu.com) - Le pétrolier français fait partie du consortium qui a remporté l'appel d'offres pour exploiter un champ géant au Brésil. Loin de se réjouir, les investisseurs sanctionnent le titre qui recule de 1,5%.

Le gisement de Libra au large des cotes brésiliennes est particulièrement prometteur. Situé sous une couche de sel et en eaux profondes (2000 mètres), il pourrait contenir entre 8 et 12 milliards de barils d'or noir récupérables et atteindre une production de 1,4 million de barils par jour à terme.

A titre de comparaison, l'exploitation quotidienne de Total était de 2,3 millions en 2012. Le français a obtenu 20% de ce champs au coté de Petrobras (40% et opérateur), Shell (20%) et deux compagnies nationales chinoises CNPC et CNOOC pour 10% chacune. Les chiffres sont alléchants. Alors comment justifier la réaction boursière négative de Total ?

Quatre points explicatifs :

  • Si prometteur soit-il, le projet Libra n'est pas dépourvu de risques. En eaux très profondes et sous une couche de sel (pré-salifère), il va nécessiter d'importants moyens techniques et financiers. Selon un analyste, le budget d'investissement total pourrait atteindre 180 milliards de dollars sur 35 ans.
  • Les conditions imposées par l'Etat brésilien pour accéder au gisement ne sont pas très favorables à tel point que le consortium vainqueur était également le seul en lice. Les royalties atteindront 41,65% de la production et Petrobras a été imposé comme opérateur du projet.
  • Aujourd'hui, les investisseurs se focalisent sur la hausse de la rentabilité et la baisse des investissements des groupes pétroliers. Or Total va devoir débourser une «prime de signature» de 1,4 milliard de dollars. Mais surtout, le taux de rentabilité interne du projet pourrait être décevant. Un courtier basé à Londres l'estime à 13%, «un niveau faible en comparaison avec d'autres régions situées en eaux profondes telles l'Angola ou le Golfe du Mexique».
  • Ces dernières années, il a été reproché à Total la prise de participations trop faibles dans des gisements où le groupe n'était en outre que trop peu souvent opérateur. C'est encore le cas pour le projet Libra, même si cette fois il s'agit d'une contrainte imposée par l'Etat brésilien.

Ces limites et incertitudes ont poussé les investisseurs à prendre des bénéfices sur un titre qui a touché, le 18 octobre, un plus haut depuis janvier 2010. Elles ne doivent toutefois pas faire oublier les atouts du projet. Il devrait renforcer à la fois les réserves et le niveau de production du groupe, deux variables clés pour une compagnie pétrolière. Il permet enfin à Total d'accroitre significativement sa présence au Brésil, une région jugée prometteuse par l'ensemble des spécialistes et où le Français affichait un retard.

Notre dernier conseil sur Total : conservez.

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