Total redoute les effets du désinvestissement sur l'offre pétrolière

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    LONDRES, 19 octobre (Reuters) - Total  TOTF.PA  craint que 
l'offre ne puisse plus répondre intégralement à la demande 
pétrolière dans quelques années en raison de la forte baisse des 
investissements survenus dans le secteur. 
    Plus de deux années de récession dans le secteur pétrolier, 
qui ont vu le prix du baril dégringoler de moitié autour de 50 
dollars actuellement, ont provoqué une forte contraction de 
l'investissement. 
    Faisant écho, à l'occasion de la conférence Oil & Money, à 
des préoccupations exprimées par le ministre de l'Energie 
saoudien Khalid al-Falih, Patrick Pouyanné, le PDG de Total, a 
évalué mercredi à cinq à 10 millions de barils par jour (bpj) la 
part de la demande que la production ne suffirait plus à combler 
d'ici la fin de la décennie. 
    Les investissements dans le secteur pétrolier sont tombés de 
700 milliards de dollars voici deux ans à 400 milliards cette 
année. 
    "Nous sommes aujourd'hui confrontés à une situation où nous 
n'investissons pas assez (...) ce n'est pas suffisant pour 
préparer la future offre (...) Sans investissement, l'industrie 
pétrolière ne pourra compenser la baisse naturelle des gisements 
de 5% et satisfaire une croissance de la demande de même 1%", 
a-t-il dit. 
    "Je sais que l'industrie des schistes est très innovante et 
qu'elle a réduit les coûts et s'est adaptée mais nous ne 
pourrons, si nous continuons comme ça, combler l'écart".  
    Khalid al-Falih a remarqué que la production hors-Opep, 
jadis en croissance, subissait à présent une contraction en 
raison d'une forte réduction des investissements en amont en 
particulier.  
    "Sans investissement, cette tendance va sans doute 
s'accélérer avec le temps au point que beaucoup d'analystes 
envoient à présent des signaux d'alarme sur une future pénurie 
de l'offre et je partage leur opinion", a dit le ministre 
saoudien. 
    Le ministre compte toutefois sur l'accord de réduction de la 
production intervenu fin septembre au sein de l'Opep pour 
désengorger le marché et encourager de nouveaux investissements. 
    Pour Rex Tillerson, le patron d'Exxon Mobil  XOM.N , les 
craintes d'une pénurie de l'offre sont exagérées.  
    Il évoque les capacités confirmées de l'industrie des 
schistes d'Amérique du Nord "qui sert d'énorme capacité de 
réserve dans le système". 
    Pour la mobiliser, "nul besoin d'énormes projets financiers; 
elle peut être opérationnelle bien plus vite qu'un projet à 
trois ou quatre ans".     
 
 (Ron Bousso et Karolin Schaps, Wilfrid Exbrayat pour le service 
français, édité par Véronique Tison) 
 

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