Total n'investira plus en Iran

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Le géant pétrolier a officialisé l'arrêt de toute activité dans ce pays où il était «fort peu présent». Shell, Statoil et Eni ont joué la même carte, celle de se mettre à l'abri des sanctions en provenance des Etats-Unis.

En début de soirée ce jeudi, le département d'Etat américain, par la voix de son secrétaire adjoint James Steinberg, annonçait que quatre majors s'étaient engagées à mettre fin à leurs investissements en Iran et à «se refuser à toute nouvelle activité dans le secteur de l'énergie en Iran» : l'anglo-néerlandais Shell, le norvégien Statoil, l'italien Eni et Total. Le français a confirmé à l'AFP cette décision.

«A la suite des questions qui nous ont été posées par le département d'Etat, Total a confirmé qu'il se conforme à l'ensemble des lois applicables tant au niveau international et européen qu'au plan national ce qui (...) ne peut que limiter a minina nos activités dans le pays dans lequel nous étions fort peu présents», selon une déclaration faite à l'AFP.

Une telle prise de position permet surtout d'éviter les sanctions qu'ils se seraient vus infligés par les Etats-Unis eux-mêmes. James Steinberg, qui a insisté sur ce point a ainsi fait écho à la nouvelle loi américaine, adoptée en juin dernier (au même moment que l'Union européenne), qui impose de nouvelles sanctions à l'Iran visant particulièrement le secteur énergétique de la République Islamique.

Des sanctions unilatérales

Le 9 juin 2010, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une nouvelle résolution, la sixième condamnant l'Iran depuis 2006, qui a été suivi par de nouvelles sanctions unilatérales décidées séparément par les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Australie, le Canada, le Japon et la Corée du Sud. Ces sanctions visent en particulier le secteur énergétique de l'Iran, deuxième producteur de l'OPEP, qui tire du pétrole 80% de ses ressources en devises.

C'est à ce moment làque Total avait décidé de suspendre ses livraisons de produits pétroliers à l'Iran en juin, mais il continue toujours actuellement d'acheter du brut iranien car cela est autorisé dans le cadre des sanctions récemment imposées par l'Union européenne.

Cette nouvelle résolution, la sixième condamnant l'Iran depuis 2006, a été suivi par de nouvelles sanctions unilatérales décidées séparément par les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Australie, le Canada, le Japon et la Corée du Sud.

L'Iran gêné

De son côté, l'Iran pourrait se voir vite gêné par ces retraits : le pays est, certes, le quatrième producteur mondial de pétrole brut, mais il se trouve en manque de raffineries sur son sol et dépend donc fortement des importations pour son approvisionnement en essence et produits raffinés.

Mi-septembre, l'ancien président iranien Akbar Hachémi Rafsandjani a appelé aujourd'hui les responsables du pays à «prendre au sérieux» les sanctions internationales contre l'Iran, qui n'a selon lui jamais fait face à une telle «agression planifiée» depuis la révolution islamique de 1979.

Le président Mahmoud Ahmadinejad, le gouvernement et la presse officielle ont, eux, minimisé systématiquement la portée de ces sanctions, affirmant qu'elles ne feraient que renforcer l'indépendance économique de l'Iran et n'affecteraient pas sa détermination à poursuivre son programme nucléaire.

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