Total investit dans le gaz de schiste britannique

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TOTAL PREND DES PARTS DANS DES PERMIS DE GAZ DE SCHISTE AU ROYAUME-UNI
TOTAL PREND DES PARTS DANS DES PERMIS DE GAZ DE SCHISTE AU ROYAUME-UNI

PARIS/LONDRES (Reuters) - Total est la première "major" pétrolière à entrer sur le marché du gaz de schiste au Royaume-Uni avec l'acquisition, annoncée lundi, d'un intérêt de 40% dans deux permis d'exploration pour un maximum de 48 millions de dollars.

Cette opération, qui suit des investissements similaires du britannique Centrica et du français GDF Suez, marque une accélération du développement du gaz de schiste au Royaume-Uni, l'un des marchés européens les plus prometteurs pour le secteur des hydrocarbures non conventionnels.

Alors que l'exploitation du gaz de schiste est interdite en France, Total a de son côté déjà acquis des intérêts dans des projets de ce type aux Etats-Unis, en Argentine, en Chine, en Australie, en Pologne et au Danemark.

Situées dans le bassin du Gainsborough Trough, dans la région des East Midlands, les licences concernées par l'investissement de Total au Royaume-Uni couvrent une superficie de 240 kilomètres carrés.

Ses partenaires dans le projet sont GP Energy Limited (filiale de Dart Energy Europe) (17,5%), Egdon Resources UK (14,5%), Island Gas (14,5%) et eCorp Oil & Gas UK (13,5%).

La phase initiale d'exploration sera assurée par IGas, Total devenant ensuite opérateur du projet pour la phase d'appréciation et de développement.

L'opération avait été annoncée samedi à Reuters par des sources proches du dossier.

Ces annonces ont fait bondir le cours de Bourse des partenaires de Total, avec des hausses de 40% pour Egdon Resources, 13% pour IGas et Dart Energy à Londres en début d'après-midi, pendant que Total cède 0,6% à Paris.

Total a précisé qu'il investirait environ deux milliards de dollars par an au Royaume-Uni et que sa filiale Total E&P UK deviendrait le plus important producteur d'hydrocarbures du pays en 2015.

"IRONIQUE"

Alors que les réserves britanniques de gaz de schiste sont estimées à plus de 400 fois la consommation annuelle de gaz du pays, le gouvernement a décidé de soutenir le secteur en accordant notamment des exonération de taxes attractives aux industriels.

Des associations de défense de l'environnement continuent toutefois de rejeter la technique de la fracturation utilisée dans l'exploitation du gaz de schiste, qui consiste à injecter dans le sol des produits chimiques et de l'eau à haute pression.

"Il est ironique qu'une société français cherche à forer au Royaume-Uni pour trouver du gaz de schiste alors que la fracturation est interdite en France en raison de préoccupations environnementales", a relevé Jane Thomas, de l'association des Amis de la Terre.

L'interdiction de la fracturation hydraulique en France par la loi du 13 juillet 2011 a été validée en octobre par le Conseil constitutionnel, ce qui a conforté les défenseurs de l'environnement face au lobby pétrolier.

Le Royaume-Uni a de son côté promis des compensations aux municipalités concernées par l'exploration de réserves de gaz de schiste, à hauteur de 100.000 livres sterling (120.000 euros) par puits d'exploration foré.

Pascale Denis, Benjamin Mallet et Karolin Schaps, édité par Dominique Rodriguez

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  • M8252219 le lundi 13 jan 2014 à 10:15

    environ deux milliards d'euros d'investissement qui passe sous le nez des français