Total accentue ses efforts d'exploration et de cessions

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HAUSSE DES RÉSULTATS ANNUELS DE TOTAL
HAUSSE DES RÉSULTATS ANNUELS DE TOTAL

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Total prévoit une hausse de son budget d'exploration en 2013 et souhaite accélérer son programme de cessions après avoir publié une hausse de ses résultats au quatrième trimestre 2012.

La troisième compagnie pétrolière européenne par la capitalisation boursière, derrière Royal Dutch Shell et BP, vise des investissements nets de 22 milliards de dollars (16,3 milliards d'euros) pour 2013, un niveau stable par rapport à 2011 et 2012.

Son budget d'exploration atteint à lui seul 2,8 milliards de dollars pour 2013, contre 2,5 milliards en 2012, le groupe prévoyant une soixantaine de forages cette année. Une quinzaine sont jugés "très prometteurs" - dans les gisements que l'industrie surnomme les "elephants" et les "big cats" -, notamment en Côte d'Ivoire, au Gabon, au Kenya, en Indonésie et au Brésil.

"Pour pouvoir croître, il faut investir. Pour pouvoir avoir du 'cash flow', il faut investir", a déclaré lors d'une conférence de presse le PDG de Total, Christophe de Margerie.

"On va faire tout pour éviter que les prix ne s'enflamment, et la meilleure manière (...) c'est très clairement d'investir plus", a-t-il ajouté.

En matière de production, Total confirme viser une croissance de 3% par an en moyenne sur la période 2011-2015 et table sur un potentiel de trois millions de barils équivalent pétrole par jour à l'horizon 2017, contre 2,3 millions en 2012.

La croissance devrait atteindre 2% à 3% en 2013 après une baisse de 2% en 2012. "Il y a toujours, au niveau de la profession, cette espèce de suspicion que nous investissons et que les productions sont en retard, nous tenons à montrer clairement que ce n'est pas le cas", a déclaré Christophe de Margerie.

Total table notamment sur un redémarrage progressif au cours du premier trimestre de sa plate-forme d'Elgin-Franklin, en mer du Nord, arrêtée depuis une fuite de gaz survenue en mars 2012.

DIVIDENDE EN HAUSSE

La société prévoit en outre d'atteindre à fin 2013 la limite basse de son programme de 15 à 20 milliards de dollars de ventes d'actifs sur la période 2012-2014, destiné à financer ses investissements et à doper sa génération de trésorerie, après 6 milliards vendus en 2012.

Total a notamment annoncé début février qu'il entrait en négociations exclusives avec un consortium réunissant l'italien Snam (45%), le fonds singapourien GIC (35%) et EDF (20%) en vue de lui céder sa filiale de transport et de stockage de gaz TIGF.

Christophe de Margerie a en outre déclaré qu'il ne croyait pas à une consolidation du secteur pétrolier à très court terme.

"Que sur le long terme il y ait une nouvelle période (de consolidation), ça va dépendre de la manière dont l'ensemble du jeu de l'industrie énergétique évolue", a-t-il cependant ajouté, soulignant le poids croissant de sociétés de grand taille telles que Sinopec et Petrochina.

Hors exceptionnels, le bénéfice net de Total s'est élevé à 3,1 milliards d'euros (+13%) au quatrième trimestre 2012, pour un chiffre d'affaires de 49,9 milliards (+5%), tandis que le résultat net part du groupe a atteint 2,4 milliards (+4%), grâce notamment à la hausse des marges de raffinage.

Sur l'ensemble de 2012, Total enregistre un résultat net ajusté de 12,4 milliards d'euros, en hausse de 8%.

Son bénéfice net part du groupe ressort toutefois en baisse de 13% à 10,7 milliards d'euros, pénalisé notamment par des éléments non récurrents négatifs de 1,5 milliard, constitués essentiellement de dépréciations d'actifs aux Etats-Unis et dans la chimie en Europe.

Le groupe propose un dividende de 2,34 euros par action au titre de 2012, en hausse de 3% environ par rapport à 2011.

JUBAIL À PLEINES CAPACITÉS AU T4

Tandis que Shell a annoncé une hausse de 4% et BP une baisse de 7% de production au quatrième trimestre, Total affiche un chiffre de 2,293 millions de barils équivalent pétrole par jour. Ce repli de 4% est notamment dû à l'accident en mer du Nord et à des inondations au Nigeria.

Patrick Pouyanné, directeur général de la branche Raffinage-Chimie de Total, a en outre indiqué que la raffinerie saoudienne de Jubail, que le français détient avec Saudi Aramco, démarrerait progressivement vers la fin du deuxième trimestre 2013 et fonctionnerait à pleines capacités au quatrième trimestre.

Il a également indiqué que Samsung Total Petrochemicals (STC), coentreprise de Samsung Group et Total basée en Corée du Sud, cesserait ses achats de pétrole auprès de l'Iran après la réactivation temporaire d'un contrat.

L'action Total réagissait peu à ces annonces, accusant un repli de 0,3% à 38,24 euros à 12h25, pendant que l'indice CAC 40 perdait 0,13%. Dans une note, Société générale a évoqué des résultats "solides au cours d'une année difficile", ainsi qu'une stratégie qui porte ses fruits.

Avec Muriel Boselli, édité par Dominique Rodriguez

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