Total a retenu quatre consortiums en vue de la cession de TIGF

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4 CONSORTIUMS AURAIENT ÉTÉ RETENUS PAR TOTAL EN VUE DE LA CESSION DE TIGF
4 CONSORTIUMS AURAIENT ÉTÉ RETENUS PAR TOTAL EN VUE DE LA CESSION DE TIGF

par Matthieu Protard et Sophie Sassard

PARIS/LONDRES (Reuters) - Total a retenu quatre consortiums pour poursuivre les discussions sur la cession de sa filiale de transport et de stockage du gaz TIGF, après avoir reçu vendredi dernier sept offres, ont indiqué à Reuters trois sources proches du dossier.

Le groupe pétrolier français devrait désigner vers la mi-janvier le candidat final pour la reprise de TIGF, société valorisée entre 2,3 et 2,7 milliards d'euros, ont précisé deux sources proches des discussions.

"Total cherche à vendre l'intégralité de TIGF mais le groupe pourrait conserver à court terme entre 5% et 10% du capital de sa filiale en raison de la sensibilité sociale et politique du dossier", selon l'une des sources.

Le PDG de Total Christophe de Margerie a confirmé que le groupe avait reçu sept marques d'intérêt mais s'est refusé à tout commentaire sur une pré-sélection.

"Je ne vais pas faire (de commentaire, NDLR) sur la 'short list'. On en a reçu sept (marques d'intérêt), c'est tout ce que je peux dire", a déclaré Christophe de Margerie à la presse, en marge du salon Actionaria à Paris.

"On veut aller assez vite mais on a nos discussions avec les organisations syndicales. Et c'est la priorité", a-t-il ajouté.

Selon les sources de Reuters, pour monter une offre sur TIGF, EDF a formé un consortium avec le fonds singapourien GIC et le groupe italien Snam spécialisé dans le transport du gaz naturel, tandis qu'Axa Private Equity, filiale d'Axa, s'est entouré de Predica, filiale d'assurance du Crédit agricole et d'Adia, le fonds souverain d'Abou Dhabi.

La Caisse des dépôts (CDC) et sa filiale CDC Infrastructures se sont de leur côté associées au groupe belge de transport de gaz naturel Fluxys. L'Espagnol Enagas fait quant à lui équipe avec le fonds canadien Borealis.

Total devrait ouvrir ce week-end l'accès aux "data rooms", c'est-à-dire l'accès aux données financières de TIGF aux acheteurs potentiels.

UN GOUVERNEMENT ATTENTIF

Ce projet de mise en vente de TIGF, qui s'inscrit dans le cadre du programme de Total de céder pour 15 à 20 milliards de dollars d'actifs (environ 11,5 à 15,4 milliards d'euros), doit permettre au groupe de financer ses investissements et de doper sa génération de trésorerie.

"Total a un plan de cessions d'actifs et n'a aucune raison de conserver TIGF. Cette filiale n'a pas de rationalité avec le portefeuille de Total", remarque un banquier d'affaires. "En plus, pour ce type d'actif, les niveaux de valorisation sont bons. Ils ont tout intérêt à vendre maintenant."

Si la direction de Total souhaite aller vite sur ce dossier, la mise en vente de TIGF se heurte néanmoins à une certaine hostilité des syndicats des salariés de la filiale.

Ceux-ci estiment notamment que l'Etat devra valider le choix du repreneur de la société, qui est active dans 15 départements du sud-ouest de la France et assure 13,2% du transit des volumes de gaz nationaux. et

"On est sur un sujet qui sur le plan technique, ne pose pas de problème mais qui a effectivement créé pas mal d'émois", a admis Christophe de Margerie vendredi.

Selon les sources proches des discussions, le repreneur de TIGF devra d'ailleurs avoir un point d'ancrage en France, ce qui leur fait dire que la partie sera compliquée pour le consortium emmené par Enagas.

"Cela va être chaud pour des candidats non français", estime ainsi une source bancaire.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a d'ailleurs indiqué jeudi que le gouvernement serait très attentif au sort de TIGF compte tenu des obligations de service public de la société.

"Le gouvernement souhaite maintenir TIGF dans sa force, sa rentabilité, son implantation, et sa puissance, et aussi dans son niveau d'emploi", a dit le ministre. "Nous souhaitons connaître les intentions de Total."

Pour cette opération, Total est conseillé par les banques Lazard et Goldman Sachs.

Avec Benjamin Mallet à Paris, édité par Dominique Rodriguez

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