Top 14: Toulouse et Toulon se retrouvent au sommet

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Top 14: Toulouse et Toulon se retrouvent au sommet
Top 14: Toulouse et Toulon se retrouvent au sommet

par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - Rivalité historique, stars aux quatre coins du terrain, opposition de styles et bien sûr titre national en jeu: la finale du Top 14 entre Toulouse et Toulon ce samedi au Stade de France a tous les ingrédients d'un sommet.

Tenant du titre, le Stade Toulousain peut réaliser le premier doublé depuis celui de Biarritz en 2004 et 2005. Il vise un 19e titre de champion de France quand le Rugby Club Toulonnais attend son quatrième sacre depuis 1992.

Cette affiche met aux prises des Toulousains qui ont un grand vécu collectif, la science des matches couperets et un insatiable appétit de victoire, et des Toulonnais expérimentés et au tempérament de feu.

Les deux premières finales entre les deux clubs remportées par les Toulousains en 1985 (36-22 ap) et en 1989 (18-12) sont les madeleines de Proust des aficionados du rugby d'alors, encore amateur et symbolisé par les gabarits plus humains, les fulgurances des trois-quarts et l'âpreté du combat.

Outre ces souvenirs, les deux clubs sudistes partagent les mêmes couleurs, le rouge et le noir, depuis une rencontre au Stade Mayol, en 1923. Les Toulousains avaient alors offert un jeu de maillots à leurs adversaires dépourvus de tuniques.

"Ce que je retiens, ce n'est pas le match de légende du passé, mais cette finale que nous jouons ce week-end", a dit le manager toulousain Guy Novès, présent sur la pelouse en 1985 et sur le banc en 1989.

ATTAQUE-DÉFENSE

Conscients du risque de se laisser emporter par la ferveur autour de cette finale, les Toulonnais ont évité leur ville et leurs supporters après la demi-finale face à Clermont pour se réfugier à La Teste-De-Buch, près de Bordeaux.

Les Toulousains ont aussi choisi le secret, mais celui de leur stade d'Ernest-Wallon.

Le repli et l'isolement sont le quotidien des deux équipes depuis le début des phases finales. Elles y voient le meilleur moyen de se transformer la pression de l'enjeu en élan positif, car ces matches, disent-ils tous, se gagnent autant avec la tête qu'avec les jambes.

"Pour jouer un rugby d'excellence, on verra plus tard", a reconnu Guy Novès en évoquant la prestation de son équipe lors de la victoire en demi-finale face à Castres (24-15).

Après des demi-finales pauvres en termes de jeu et sans essai, la finale s'annonce tout aussi fermée et étriquée entre deux équipes très proches l'une de l'autre.

Les Toulousains sont moins ambitieux que d'habitude, recroquevillés sur leurs bases -conquête, défense et jeu au pied- et Toulon est convaincu de ses forces défensives.

Pourtant, ce sont deux contraires qui s'affrontent. D'un côté le jeu offensif toulousain, meilleure attaque du Top 14 au nombre d'essais (56), de l'autre la défense toulonnaise, celle dont la ligne d'en-but est la moins souvent franchie (23 fois cette saison).

DUELS DE STARS

La capacité des Toulousains à hisser leur niveau d'agressivité en conquête et en défense sera l'une des clés du match pour contenir la furia toulonnaise. Les duels attendus un peu partout sur la pelouse en seront une autre.

En attirant en début de saison des stars étrangères, dont le All Black Luke McAlister, auteur de 18 points en demi-finale, Toulouse a adopté le modèle dessiné par le bouillant président toulonnais Mourad Boudjellal, à savoir attirer les meilleurs, quitte à y mettre le prix.

"On a beaucoup d'expérience individuelle mais pas encore d'expérience collective en finale. Mais quand on a Jonny Wilkinson pour taper une pénalité, c'est mieux que Marthe Villalonga (une comédienne française-NDLR)", a souligné Mourad Boudjellal.

Les 15 points inscrits en demi-finale par l'ouvreur anglais, à 100% de réussite, ont rappelé que les grands matches appartiennent souvent à un grand joueur. Wilkinson l'avait déjà prouvé en devenant champion du monde avec l'Angleterre en 2003.

L'homme providentiel pourrait aussi venir du banc car les deux entraîneurs à forte personnalité, Bernard Laporte, champion avec le Stade Français en 1998, et Guy Novès, neuf titres de champion de France avec Toulouse, ont lancé leur partie d'échecs.

Leur état d'esprit est bien résumé par leurs joueurs, à l'image du Toulonnais Alexis Palisson, qui se voit en outsider.

"Toulouse? Encore un gros morceau et une énorme montagne à gravir", a dit l'ailier dont le père Didier a été champion de France avec Toulouse, en 1986.

"On n'est pas favoris. Sur un match, on a vu qu'on était capable de battre les meilleurs."

Edité par Gregory Blachier

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