Top 14: Toulouse bat Castres et défendra son titre en finale

le
0

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Le Stade toulousain ira en finale du Top 14 défendre son titre de champion de France après avoir disposé samedi du Castres olympique (24-15) à l'issue d'une demi-finale particulièrement indécise et accrochée.

Portés par la botte du Néo-Zélandais Luke McAlister, impeccable sur la pelouse du Stadium de Toulouse, les Rouge et Noir ont imposé leur réalisme et leur défense de fer pour disposer de leurs voisins tarnais, malgré deux cartons jaunes, récoltés par Florian Fritz puis Timoci Matanavou en première période.

En finale, Toulouse affrontera le vainqueur de l'autre demi-finale, qui oppose dimanche Clermont à Toulon au Stadium (14h30 GMT).

Tous les points de la rencontre ont été inscrits au pied, avec un début de match qui s'est longtemps résumé à un affrontement entre buteurs. C'est le centre toulousain Luke McAlister qui ouvrait les hostilités par deux pénalités (6e, 10e), imité par son coéquipier Lionel Beauxis d'un joli drop (21e).

Côté castrais, l'ouvreur Pierre Bernard répondait d'une pénalité (19e) et d'un drop (23e) mais ne parvenait pas à donner l'avantage aux Bleu et Blanc, manquant trois tentatives au cours de la première période.

"La différence, elle se fait là, parce qu'on ne marque pas quand il faut", estimait après la rencontre Laurent Labit, l'un des deux entraîneurs castrais.

"Il faut avoir 100% au pied donc, forcément, c'est difficile sur un match comme celui-là. On a eu la réussite la semaine dernière (lors du barrage contre Montpellier, NDLR), on ne l'a pas eu cette fois."

Le Stade toulousain, plus agressif en défense et plus opiniâtre en conquête, se retrouvait toutefois en infériorité numérique après l'exclusion temporaire de Florian Fritz pour un plaquage dangereux sur l'ailier castrais Marc Andreu (34e).

TOULOUSE "FROID ET RÉALISTE"

L'Ecossais Maxwell Evans en profitait pour semer la zizanie dans les lignes arrières toulousaines, n'étant repris qu'au seuil de l'en-but par la défense rouge et noire.

Le Fidjien Timoci Matanavou, plongeant alors dans le regroupement par le côté, récoltait à son tour un carton jaune (37e), laissant les siens à 13 contre 15 et permettant à Romain Teulet d'égaliser sur pénalité (12-12).

Mais Toulouse, bien loin de rompre, inscrivait une nouvelle pénalité par Beauxis (39e), pour virer en tête au repos (15-12), un score qui laisse nombre de regrets aux Castrais.

"On a eu deux situations d'essais très nettes en première mi-temps", rageait Laurent Labit. "Toulouse se retrouve même à 13 à un moment donné et une fois de plus ce sont eux qui marquent. C'est tout ce qui fait la différence entre eux et nous."

"À 13 contre 15, on ne les a pas trop mal géré", résumait de son côté Jean-Baptiste Elissalde, entraîneur des arrières toulousains.

Le bal des pénalités reprenait en deuxième période, Bernard puis McAlister se répondant du tac au tac. Peu à peu, le Néo-Zélandais prenait l'ascendant par sa réussite (6/6 sur l'ensemble du match) et la justesse de son jeu au pied.

"Luke McAlister a été très efficace dans son jeu au pied", a reconnu Romain Teulet, arrière et buteur du CO, qui a dû sortir en cours de match en raison d'une contracture à l'adducteur.

"Chaque fois qu'on se mettait à la faute, il nous sanctionnait. Toulouse a été très froid, très réaliste."

Les vagues d'attaques castraises s'enferraient alors sur la solide défense toulousaine, sans parvenir à trouver la faille qui aurait pu envoyer le CO au stade de France.

"Ça a été très dur mais on le savait, la preuve c'est que j'y ai laissé la voix", a réagi le manager toulousain Guy Novès, soulignant que la différence s'était faite sur "la capacité mentale à se serrer à 13 ou 14 contre 15, cette volonté permanente de donner le meilleur".

"Castres est une grande équipe, très dure à jouer. Il y a eu beaucoup de combat, ils étaient présents tout le temps. Ça a été dur parce que c'est un match qui ne s'est jamais libéré. Il faut les féliciter."

Le Stade toulousain, lui, partira en quête d'un 19e bouclier de Brennus la semaine prochaine, espérant faire aussi bien que l'an dernier au stade de France, où les Rouge et Noir avaient dominé Montpellier (15-10) pour décrocher le prestigieux trophée.

Avec Mathieu Baratas, édité par Jean-Philippe Lefief

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant