Top 14: Toulouse au bal des prétendants et des revanchards

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par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - Une poignée de prétendants et autant de revanchards vont tenter de faire échec au Stade Toulousain dans le Top 14 qui reprend ce week-end et de profiter de son envie de se retourner, peut-être, vers l'Europe après un 19e Bouclier de Brennus.

Dans un Top 14 autoproclamé "meilleur championnat du monde" en raison de la concentration de talents français et étrangers, des joueurs alimentent la chronique à l'approche de la reprise.

Le retour des prodiges Frédéric Michalak et Napolioni Nalaga ou encore les arrivées des piliers Andrew Sheridan, Gethin Jenkins et Alisona Taumalolo suscitent intérêt et curiosité.

Paradoxalement, le Stade Toulousain a vécu un été frugal avec pour principal événement le retour de l'ailier international Yoann Huget, formé et parti avec un statut d'espoir.

Le champion de France a également décidé de mettre en avant de jeunes joueurs prometteurs comme centre Gaël Fickou ou le pilier Antoine Guillamon tout en conservant ses forces vives.

Le remplacement de l'entraîneur des avants Yannick Bru parti rejoindre le XV de France par l'international néo-retraité William Servat, talonneur comme lui, est la seule inconnue du rendement du pack toulousain.

Personne ne voit pourtant l'équipe de Guy Novès rater une 20e demi-finale consécutive et l'occasion de réaliser un triplé comme sa glorieuse aînée championne de France de 1994 à 1997 .

Cette domination toulousaine suscite complots et convoitises chez ses concurrents et prétendants au titre.

"Il est évident que tous les clubs et leurs présidents sont ambitieux. Personne ne rentre sur le terrain pour perdre", lance comme une évidence le président de Toulon, Mourad Boudjellal, dans une interview à Reuters.

Toulon, finaliste malheureux en Top 14 et en Challenge européen et Clermont, demi-finaliste en France et en Europe seront au premier rang de ces prétendants et ont affûté leurs armes pour renverser le champion.

Clermont n'a procédé qu'à quelques retouches mais elles sont de poids avec les arrivées du n.8 Damien Chouly et le retour de l'ailier Napolioni Nalaga, deux fois meilleurs marqueurs du championnat en 2008 et en 2009).

"ARMADA" TOULONNAISE

A l'opposé, Toulon a attiré neuf internationaux reconnus dont Frédéric Michalak, Andrew Sheridan, Gethin Jenkins, Chris Masoe ou encore Delon Armitage.

Ils sont venus se greffer aux Wilkinson, Giteau, Hayman, Botha et autres pour former une "armada" aux dires de son président Mourad Boudjellal, désireux de se mettre à l'abri de ce qu'il appelle les "aléas" du rugby.

Pour donner raison à l'iconoclaste président varois, plusieurs clubs fomentent aussi un plan anti-toulousain comme Castres, battu de peu en demi-finale par son prestigieux voisin.

Le CO s'appuie intelligemment sur la dynamique positive des trois saisons passées en y ajoutant l'arrière international Brice Dulin et les troisième lignes sud-africains Antonie Claassen et Pedrie Wannenburg.

Finaliste du Top 14 en 2011 avec un rugby offensif, Montpellier et son nouveau duo d'entraîneur composé de Mario Lesdesma et Stéphane Glas qui épaulent Fabien Galthié avance plus caché compte tenu de l'absence de ses six internationaux argentins retenus par le Four Nations pendant trois mois.

Pour compenser l'absence de ses propres Pumas, l'ouvreur Juan Martin Hernandez et l'ailier Juan Imhoff, le nouveau trio d'entraîneurs du Racing-Métro, Gonzalo Quesada, Patricio Noriega et Simon Raiwalui, compte sur le dynamisme des recrues Dimitri Szarzewski, Maxime Machenaud et Mathieu Belie.

D'autres places fortes du rugby français veulent retrouver le frisson des phases finales. En reconstruction depuis trois ans, le Stade Français s'appuie désormais sur ses anciennes gloires - David Auradou, Christophe Laussucq et Diego Dominguez - et un état d'esprit qui a déjà fait ses preuves.

Au sortir d'une saison 2011-2012 bien plus catastrophique, trois clubs revanchards sont repartis sur de nouvelles bases avec des recettes différentes.

Perpignan, champion en 2009, a tout changé: un nouveau staff dirigé par Marc Delpoux et un remaniement en profondeur de l'effectif - une douzaine d'arrivées pour une vingtaine de départ.

Bayonne mise sur un duo d'entraîneurs expérimenté Christian Lanta-Christophe Deylaud pour viser les play-offs alors que son voisin Biarritz, vainqueur du Challenge européen l'an passé, fait confiance à ses leaders historiques, Yachvili, Harinordoquy, Traille.

Derrière, Agen désormais conduit par Philippe Sella et Bordeaux-Bègles et son manager débutant Raphaël Ibanez s'attacheront à pérenniser leur place dans l'élite, un objectif qui sera encore plus difficile à atteindre pour les promus Grenoble et Mont-de-Marsan.

Edité par Jean-Paul Couret

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