Top 14: Toulouse a fait de la mêlée son atout majeur

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Top 14: Toulouse a fait de la mêlée son atout majeur
Top 14: Toulouse a fait de la mêlée son atout majeur

par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - Considéré comme le conservatoire du beau jeu, le Stade Toulousain a souvent gagné par sa défense et samedi, c'est la mêlée qui a été le secteur privilégié de sa victoire 18-12 sur Toulon en finale du Top 14.

Avec 12 points sur 18 inscrits grâce à sa mêlée, Toulouse est allé dans le sens du fameux adage "no scrum, no win" (ndlr: pas de mêlée, pas de victoire) et a pris sa revanche sur un pack qui l'avait dominé en saison régulière, au stade Mayol.

"L'analyse est évidente. On a pris trop de points en mêlée. On a souffert. On a essayé d'arranger les choses mais on n'y est pas arrivé. On s'est étiolé et ils ont pris confiance", a dit Sébastien Bruno, vexé d'avoir autant subi dans son exercice favori.

"Il y avait le retour de William Servat et Steenkamp. Lui, c'est un bouf. Les deux piliers toulousains pèsent au moins 130 kilos", a ajouté le talonneur d'expérience de 38 ans et 28 sélections.

La puissante première ligne du Stade Toulousain composée du pilier gauche sud-africain Gurthro Steenkamp (125 kilos), du talonneur William Servat (105 kilos) et du pilier droit samoan Census Johnston (130 kilos), s'est imposée d'autant plus facilement que Toulon était privé de son pilier droit, le Néo-Zélandais Carl Hayman, suspendu.

L'absence d'Hayman a laissé bien seul Davit Kubriashvili au poste de n°3 et le Géorgien a écopé d'un carton jaune pour fautes répétées à l'heure de jeu.

"Kubri (Davit Kubriashvili) a plié, notre mêlée a plié. Toulouse, c'est la meilleure mêlée, le niveau international. Kubri joue pour la Géorgie", a constaté, amer, l'entraîneur de Toulon Bernard Laporte.

JOUG EN PANNE

Tout aussi amer, son président Mourad Boudjellal, n'a retenu du match que l'absence d'Hayman et a mis en cause la Fédération et la Ligue dont la commission d'appel mixte a maintenu vendredi la suspension de quatre semaines récoltée en challenge européen.

"Si Carl Hayman avait été là, peut-être que Toulouse aurait gagné mais cela aurait été certainement plus difficile", a-t-il dit.

Du côté toulousain, l'heure était évidemment à la satisfaction du travail accompli.

"Je suis content. Les joueurs ont très bien travaillé. Il y avait beaucoup de frustration et d'envie après les dernières minutes à Toulon", a dit l'entraîneur des avants Yannick Bru, qui va quitter son poste pour devenir responsable du pack du XV de France.

"Les joueurs voulaient faire plaisir à William Servat pour son dernier match", a-t-il ajouté en référence au talonneur international qui va lui succéder comme entraîneur des avants de Toulouse.

Les avants toulousains étaient d'autant plus satisfaits que le joug ultra sophistiqué qui leur sert à s'entraîner pour les mêlées était tombé en panne en milieu de semaine.

"On savait que cela allait être une partie clé du match. On avait été dominé à Mayol. On ne voulait pas que cela se reproduise. On ne pensait pas qu'on allait dominer autant en mêlée. Franchement, on ne l'avait pas travaillée", a dit le deuxième ligne Patricio Albacete.

Dans un coin des sous-sols du Stade de France, le manager Guy Novès savourait le succès du coup stratégique qui lui a fait remplacer Jean-Baptiste Poux par Steenkamp juste avant le coup d'envoi.

"Lui (Steenkamp), il nous fait trois fois 15 minutes cette saison et il nous sort un super match en finale", a lancé l'entraîneur des arrières Jean-Baptiste Elissalde.

Edité par Jean-Paul Couret

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