Top 14: Toulon-Toulouse, le choc des champions

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par Cécile Grès

PARIS (Reuters) - A peine sacré champion d'Europe, Toulon doit déjà rebasculer dans le sérieux et la concentration en vue de la demi-finale du Top 14 face à Toulouse, vendredi au Stade de la Beaujoire de Nantes.

Vainqueurs de la H-Cup samedi dernier à Dublin après leur victoire face à Clermont (16-15), les Varois sont restés dans la capitale irlandaise jusqu'à mercredi avant de rejoindre Nantes et sans repasser par Toulon.

"On a du mal à réaliser qu'on est champions d'Europe tant qu'on n'est pas rentré à Toulon", a avoué Alexis Palisson sur le site de la Ligue nationale de rugby (LNR).

Une méthode imposée et mûrement anticipée par Bernard Laporte, l'entraîneur du club, pour éviter à ses joueurs de perdre trop d'énergie dans l'euphorie et les festivités.

Surtout que Palisson l'admet : "On est encore un peu marqué, un peu fatigué."

Alors pour préserver ses joueurs, Laporte leur a aussi demandé de jouer la carte du silence avec les médias, laissant à son président, Mourad Boudjellal, le soin de faire diversion en lâchant quelques bombes.

"Je n'en ai plus rien à cirer du Top 14, les Toulousains peuvent bien venir en claquettes, je m'en fous, je ne sais même pas si j'irai à Nantes", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Aviva Stadium en regardant ses joueurs soulever la Coupe d'Europe.

Adepte de la provocation, Boudjellal a pourtant de quoi craindre Toulouse, 19 fois champions de France, quatre fois champions d'Europe. Les hommes de Guy Novès avaient fait vivre un enfer aux Toulonnais lors de la dernière finale de Top 14, fermant le jeu et les empêchant de jouer comme ils l'avaient prévu.

"Ils nous ont fait très mal l'année dernière en finale. On connaît le Stade Toulousain des phases finales, c'est une équipe très difficile à battre", a reconnu Palisson.

HUIS CLOS

Après une saison régulière plutôt poussive et sans panache, les Toulousains semblent avoir retrouvé leur jeu, à l'image du quart de finale face au Racing où les champions de France en titre n'ont fait qu'une bouchée des Franciliens (33-19).

"Je dédicace cette victoire aux journalistes qui ont jugé notre saison si catastrophique alors que, comme d'habitude, depuis 20 ans, nous sommes en demi-finales", avait alors lancé Guy Novès, un brin rancunier.

Et le staff a expressément demandé aux joueurs de ne répondre à aucune sollicitation médiatique jusqu'à la fin de la saison.

Les hommes du coach aux mille matches sont donc installés à Pornic depuis lundi dernier et se sont isolés dans un centre de thalassothérapie pour vivre à huis clos les derniers jours de préparation.

Avec une semaine de repos de plus que les Toulonnais, Toulouse arrivera certainement plus frais sur la pelouse de la Beaujoire.

Surtout que les statistiques de la finale européenne attestent de la rudesse des affrontements : les Varois ont réalisé 176 plaquages, contre 66 côté auvergnat, tout en jouant 75% du temps dans leur camp.

De quoi accuser le coup pendant plusieurs jours mais cela n'inquiète pas Jonny Wilkinson, le capitaine du RCT.

"Cela arrive très souvent dans la saison que l'on joue deux matches avec peu de temps pour récupérer. On a pris de bonnes décisions par rapport à l'organisation", a-t-il dit sur le site de la LNR.

Si les Toulonnais battent Toulouse, ils auront l'opportunité d'aller chercher en finale ce que les Toulousains ont toujours rêvé d'atteindre : le doublé H-Cup/Top 14.

"Le champion, il l'est à vie mais il faut qu'il se prépare pour aller chercher autre chose", a conclu Bernard Laporte.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Bertrand Boucey

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