Top 14: Toulon bat Clermont et ira en finale, 20 ans après

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par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Toulon s'est qualifié dimanche pour la finale du Top 14 pour la première fois depuis vingt ans en battant Clermont (15-12) au terme d'un match marqué par la maladresse des Auvergnats et l'efficacité de l'ouvreur toulonnais Jonny Wilkinson.

Les Toulonnais, qui ont remporté en 1992 le dernier de leurs trois boucliers de Brennus, défieront le 9 juin au stade de France le Stade toulousain, victorieux samedi de Castres (24-15).

Grâce à Jonny Wilkinson, le RCT a su profiter des multiples approximations clermontoises pour prendre l'avantage en première période et, sous le crachin du Stadium de Toulouse, maintenir son avance jusqu'au bout. Le Clermontois Morgan Parra a, lui, manqué la pénalité de l'égalisation à la sirène.

Tous les points de la rencontre ont été inscrits au pied.

"Ça se gagne ou ça se perd sur pas grand-chose", résumait le manager toulonnais Bernard Laporte après la victoire.

"Si je disais qu'on était meilleur que Clermont, je serais un menteur. On a joué contre une très bonne équipe de Clermont qui, à un certain moment, a sans doute perdu le fil conducteur de son jeu (...) Si on rejouait demain, je ne sais pas qui gagnerait."

Les Clermontois étaient pourtant les premiers en action, affichant de belles intentions offensives et mettant Toulon sur le reculoir. Mais, après trois semaines sans compétition, leur jeu de passes était entaché de trop d'approximations pour espérer franchir la défense du RCT.

LE SURSAUT D'ORGUEIL DE WILKINSON

En conséquence, c'est Toulon qui prenait progressivement l'avantage au score, le buteur anglais Jonny Wilkinson profitant des fautes clermontoises pour passer trois pénalités (13e, 23e, 34e).

"Wilkinson a fait un match parfait tactiquement. Je savais qu'il allait nous faire gagner et il nous a fait gagner", a jugé Pierre Mignoni, entraîneur des arrières toulonnais et ancien joueur de Clermont.

Le technicien a salué le sursaut d'orgueil de l'Anglais, qui avait connu un jour sans lors du barrage gagné la semaine dernière contre le Racing (17-13), avec une réussite de 1/5 aux tirs au but.

"On l'a soutenu comme tous les joueurs, il a besoin d'être soutenu. On lui a maintenu notre confiance. On lui a maintenu son rôle de buteur, de leader, c'était normal", a-t-il dit.

Ses homologues clermontois Brock James et Morgan Parra ont été moins à la fête, avec deux drops manqués pour l'ouvreur australien et un 2/3 aux pénalités pour le demi de mêlée français en première période.

Toulon regagnait les vestiaires avec une courte avance (9-6) et la pluie, qui faisait son apparition à la mi-temps, allait déstabiliser encore plus les Auvergnats qui enchaînaient fautes de main et pertes de balle (50e, 52e, 57e).

"SCÉNARIO CATASTROPHE"

"On avait de bonnes intentions", a expliqué l'ouvreur clermontois Brock James. "On a joué peut-être un peu trop et, avec le climat, ce n'était pas une bonne idée."

Wilkinson, auteur d'une copie parfaite, ne se faisait pas prier pour aggraver le score d'une pénalité après une mêlée effondrée (59e), avant que Parra ne ramène Clermont à hauteur par deux tirs au but (62e, 73e).

Mais un hors-jeu de l'ASM sur une chandelle permettait à "Wilko" d'inscrire trois nouveaux points (78e) et d'envoyer les Toulonnais en finale, l'ultime pénalité de Morgan Parra s'avérant trop courte pour arracher la prolongation.

"Quand je la frappe, je me sens mou sur le geste", a expliqué, dépité, le demi de mêlée international après le match.

"On voulait accrocher cette finale et malheureusement sur un coup de pied, il n'y a plus rien du tout. On repart à la maison, certains en vacances, d'autres sur la tournée."

Il a écarté l'idée que le vent ait pu jouer un rôle dans ce coup de pied manqué et a dit vouloir assumer cet échec.

"Il ne faut pas trouver d'excuses sur quoi que ce soit. Je la frappe un peu mal, tout simplement, et il me manque un peu cette distance que par moment j'ai. Mais je n'ai pas non plus un long coup de pied..."

Restait dimanche le regret d'une saison sans titre pour l'ASM Clermont Auvergne, avec deux échecs en demi-finale, fin avril contre le Leinster en H-Cup, puis contre Toulon en championnat.

"On perd deux fois en demi-finales, c'est un scénario catastrophe au vu du début de saison, au vu du parcours européen, au vu des efforts fournis pour se hisser jusqu'en demi", a déploré le talonneur auvergnat Benjamin Kayser.

Avec Mathieu Baratas, édité par Guy Kerivel

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