Top 14: Stade Français-Racing, un derby qui va compter

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par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - Stade de France, play-offs, suprématie francilienne: l'affiche du Top 14, samedi, entre le Stade Français et le Racing-Métro concentre toutes les valeurs d'un derby en devenir, quoi qu'en disent les principaux acteurs.

Les deux clubs, sous l'impulsion de présidents ambitieux, Thomas Savare à Paris et Jacky Lorenzetti au Racing, se découvrent une vraie rivalité avant ce match à enjeux.

La rivalité entre le Racing et le Stade Français, les plus anciens clubs de rugby de France (fondés respectivement en 1882 et 1883), remonte à leur première opposition pour l'attribution des deux premiers titres de champion de France en 1892, victoire du Racing 4-3 arbitrée par le Baron Pierre de Coubertin, et 1893 victoire du Stade Français 7-3.

D'autres matches ont opposé les deux équipes mais ils ont été anecdotiques en raison des hauts et des bas des deux clubs. Lors des deux dernières saisons, le Racing s'est imposé à trois reprises, dont deux fois la saison passée.

Depuis le retour du Racing dans l'élite en 2009, les Parisiens, actuellement septièmes avec 26 points, et les banlieusards, cinquièmes avec 30 points, n'ont jamais cohabité aussi près l'une de l'autre dans le haut du classement avant leur affrontement.

"C'est une belle affiche pour le rugby francilien. Il faudrait qu'elle devienne incontournable dans le rugby français", dit le troisième ligne du Racing Sébastien Chabal.

D'un côté, les Ciel et Blanc, pas forcément affectés par le limogeage de l'entraîneur des arrières Simon Mannix, sont invaincus depuis trois rencontres en championnat. De l'autre, les soldats roses, brillants face à Clermont (37-16) et à Perpignan (35-16), sont redevenus "une grosse équipe du Top 14" selon le Racingman Lionel Nallet.

"C'est un gros match, un tournant de la saison (...) On aura envie de gagner car on a envie d'avancer au classement. Ils ne sont pas loin de nous. C'est surtout cela qui nous donne une grosse motivation ", dit le deuxième ligne stadiste Pascal Papé.

"Rencontrer le Racing donne une motivation supplémentaire. C'est un match qui entre dans le cour des Parisiens", a-t-il ajouté en référence au contexte particulier de la rencontre.

PREMIÈRE AU STADE DE FRANCE

Pour la première fois, les deux clubs s'affronteront au Stade de France, où le Stade Français a innové en 2005 avec des matches festifs, lancés par son président de l'époque Max Guazzini, parti en août après 19 années de présidence.

Mais ce dernier avait toujours refusé d'organiser le derby dans l'enceinte dyonisienne.

Pour le Racing, "aller au Stade de France est une reconnaissance", a reconnu l'entraîneur Pierre Berbizier.

Si les coéquipiers de l'ouvreur argentin Juan Martin Hernandez, qui rejouera pour la première fois contre son ancien club sur sa pelouse, iront seulement pour la deuxième fois à Saint-Denis, les Parisiens s'y sentent comme "chez eux" pour cette 22e délocalisation.

"Ce qui est particulier est de jouer au Stade de France. C'est un bel évènement avec du monde au stade contre une équipe du Stade Français qui a retrouvé du punch. Toutes les conditions sont réunies pour avoir envie de jouer cette rencontre", a dit Nallet.

Pour les acteurs, cette rencontre n'a pas encore l'histoire, les antécédents et la tension d'un authentique derby.

"C'est un match comme les autres pour nous. Il n'a pas une grande histoire de derby comme un Biarritz-Bayonne", a dit le deuxième international anglais Tom Palmer en connaisseur des derbies londoniens joués avec les Wasps contre les Harlequins, les Saracens et les London Irish.

Du coup, les joutes verbales entre les deux présidents lors de la conférence de presse de lancement le 8 novembre ont plus amusé les joueurs qu'ajouté du piment à la rencontre.

Pourtant, ce Stade Français-Racing a tout pour gagner ses lettres de noblesse.

"J'ai vécu de vrais derbies entre le Leinster et le Munster. Je sais qu'on ne fait rien avec des petites insultes en conférence de presse", a résumé l'entraîneur de Paris Michael Cheika.

"Un derby se fait par les joueurs qui sont prêts à mourir sur le terrain."

Edité par Gilles Trequesser

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