Top 14: Racing-Stade Français, un derby capital

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par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - "Un événement", "le rendez-vous de la saison", le contexte et l'enjeu de la rencontre ont donné de l'intérêt et de la valeur au derby francilien qui oppose samedi au Stade de France le Racing Métro 92 et le Stade Français.

Sixième avec 59 points à deux journées de la fin de la saison régulière, le Racing n'a besoin que d'une victoire pour se qualifier pour les phases finales et éliminer le Stade Français.

Les hommes de Michael Cheika, septièmes avec 57 points, doivent de leur côté l'emporter pour rester toujours en course avant un dernier déplacement à Biarritz.

"Ce n'est pas une finale. C'est plutôt un huitième de finale que l'on joue. On a un huitième de finale aller contre Paris et un huitième de finale retour à Agen", a résumé le manager du Racing, Pierre Berbizier.

"C'est un peu notre finale. On n'a pas le droit à l'erreur. Si on perd, on s'arrête. C'est un match important, capital. On a besoin de points, eux aussi. L'enjeu du derby est là", a dit de son côté le demi de mêlée du Stade Français Jérôme Fillol.

Conscients du contexte chargé de la rencontre, les deux clubs ont choisi d'effectuer une mise au vert, deux jours avant pour les Banlieusards, la veille pour les Parisiens.

A la différence des premières confrontations remportées à Colombes, 20-18 en novembre 2009 et 15-13 en décembre 2010, les Racingmen ont choisir de recevoir au Stade de France, un lieu qui n'a pourtant pas de secrets pour les Parisiens.

"C'est un peu notre maison. On connaît bien le stade, la pelouse. On s'y sent comme chez nous. On a l'habitude d'y jouer. On considère qu'on n'est pas trop à l'extérieur", a reconnu le demi de mêlée Jérôme Fillol.

UN DERBY EN GESTATION

A l'enjeu de la qualification s'ajoute le contexte particulier du derby et de la suprématie régionale.

"Il y a de l'engouement et de l'intérêt. Cela porte en Ile-de-France et à Paris, un peu comme le derby du Pays basque (Biarritz-Bayonne-NDLR). Samedi, cela peut avoir de l'importance pour la suprématie entre les deux clubs", a constaté Fillol.

Pour qu'il y ait derby, il faut une rivalité, des antécédents et des antagonismes. Le derby n'évoque pas seulement une rivalité sportive entre deux clubs proches géographiquement mais aussi un affrontement entre deux identités culturelles différentes, voire opposées.

"C'est un derby", a affirmé sans sourciller le jeune deuxième ligne Alexandre Flanquart, formé au Stade Français. "On n'est pas grand monde à les aimer. Pourquoi ? Parce que c'est le Racing, c'est le deuxième club, l'ennemi. Il y a plus de tension pour ce match. Un derby quoi !"

L'histoire de ce derby remonte aux premières finales du championnat de France. La toute première, le 20 mars 1892, fut remportée 4-3 à Bagatelle par le Racing club de France, ancêtre du Racing-Métro, puis la saison suivante, le Stade Français prit sa revanche 7-3 à Bécon-les-Bruyère.

Depuis le retour dans l'élite du Racing en 2009, les deux clubs ont revendiqué deux projets opposés, l'un fondé sur la tradition et l'histoire passée, pour le Racing, l'autre sur l'innovation et le "buzz" permanent, pour le Stade Français.

"Il y a deux équipes avec de l'ambition, deux types de jeu différents, deux cultures différentes, deux manières d'organiser un match au Stade de France, c'est bien d'avoir différents modes qui s'affrontent", a souligné Michael Cheika.

Pour fêter les 130 ans du club, les Racingmen revêtiront la tenue de leurs aïeux de 1882, le maillot indémodable ciel et blanc, un short et des chaussettes noires. Leurs voisins parisiens sa pareront de rose.

Edité par Olivier Guillemain

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