Top 14 - Racing 92 - Travers : « Pas une sonnette d'alarme mais une prise de conscience »

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Top 14 - Racing 92 - Travers : « Pas une sonnette d'alarme mais une prise de conscience »
Top 14 - Racing 92 - Travers : « Pas une sonnette d'alarme mais une prise de conscience »

Au même titre que ses joueurs, Laurent Travers est encore sous le choc de la déroute du week-end dernier à Clermont (47-10). L’entraîneur du Racing 92 espère que ses hommes ne tendront pas l’autre joue face à Toulon, dimanche à domicile (16h15). Une équipe que les Franciliens ont malmenée la saison dernière mais que Travers redoute.

Laurent Travers, comment s’est passée la semaine, après cette valise prise à Clermont ? Comme toutes les autres en termes de concentration et de travail. On a travaillé de la même façon que la semaine dernière, j’espère juste que le résultat ne sera pas le même. Après, oui, on n’est pas du tout contents de ce que l’on a pu faire à Clermont, avec une grosse prestation de Clermont et une petite du Racing. Les joueurs sont-ils piqués dans leur orgueil ? Oui, j’espère, on l’est tous, parce qu’on est déçus du résultat, de notre prestation et de ce que l’on a pu mettre en place. On est conscients de ce que l’on n’a pas su faire et pu faire, mais c’est aussi lié à la performance de Clermont. Dimanche, vous retrouverez Toulon, que vous aviez un peu martyrisé la saison dernière. Est-ce dangereux d’aborder un match avec ce genre d’ascendant psychologique ? Oui, c’est dangereux. Vous attendiez-vous à trouver une équipe de Toulon fragilisée après le début de saison agité ou estimez-vous au contraire que Toulon soit redevenu le grand Toulon ? Ni l’un ni l’autre. Toulon reste Toulon, une grosse équipe. Les agitations dans le Sud, on connaît, mais dans les deux sens. Et on connaît le talent des joueurs sur le terrain aussi. Une part de solidarité dans leurs malheurs ? Non, pas du tout. Quand vous commencez à regarder ailleurs, vous oubliez comment c’est chez vous. On va rester concentré sur nous, se pencher sur nous et travailler sur nous-mêmes avant de travailler sur les autres. Surtout qu’ils n’ont pas besoin de nous. Est-ce une bonne chose de rencontrer Toulon après une telle défaite contre Clermont ? Je ne sais pas, je vous dirai ça dimanche soir. On avait Toulouse, Clermont, maintenant Toulon, ensuite Castres et Brive. On savait très bien que nous attendait une période délicate. A nous de faire ce qu’il faut pour qu’elle le soit le moins possible. Contre nous, Clermont avait très bien préparé son match. On avait cette impression aussi, mais on est passé à côté, parce que Clermont a fait ce qu’il fallait pour que cela soit le cas. Mais on ne se cache et on ne dit pas l’inverse.

Travers : « La priorité des priorités, c’est d’être dans les six »

Au-delà de votre déroute contre Clermont, sentez-vous que votre titre de la saison dernière fait que vous abordez maintenant ce genre de gros rendez-vous différemment ? Non. Après, il faut s’habituer à gagner ce genre de matchs, comme on s’était habitué l’année dernière à gagner les grosses rencontres. Cela fait partie de la préparation pour aborder les matchs de phase finale, il faut s’habituer à gagner contre les grosses cylindrées. Ce que l’on n’a pas su faire le week-end dernier. Mais ce n’est pas du tout une sonnette d’alarme, c’est une prise de conscience. On l’avait dit : il y avait un début de saison qui était difficile, avec un calendrier difficile, et qui l’est toujours. On reçoit Toulon, on va à Castres, à Brive, c’est une brochette assez remplie. Et on sait très bien que les matchs ne vont pas nous permettre de rattraper le travail. C’est à nous, à l’entraînement, de faire plus, tout en espérant que les résultats nous permettent de colmater ce retard. Faites-vous référence cette année à des moments forts ou à des matchs référence que vous avez eus l’an dernier ? Non, au niveau des plannings comme des rencontres, il n’y a aucun esprit de revanche. L’important pour nous, c’est de gagner les matchs pour pouvoir être dans les six. A partir de là, tout sera possible. Avec ce Top 14 qui semble encore plus serré, la victoire à domicile est-elle devenue encore plus importante ? Je ne sais pas parce que l’on s’aperçoit que tout le monde perd à domicile et va regagner ensuite à l’extérieur. Le Top 14 est encore plus resserré, vous venez de le dire, ce qui veut dire qu’il peut y avoir chaque week-end des surprises à l’extérieur comme à domicile. Ce n’est pas dans un but de se cacher. On l’avait dit l’an dernier et on le redit cette année : la priorité des priorités, c’est d’être dans les six. Ce sont des phases de de poules de brassage pour ensuite disputer les qualifications et être champion, on le sait très bien. Ce n’est pas souvent que le premier de la phase de poules est champion, même si ça arrive. En termes de certitudes, où en êtes-vous par rapport au début de saison qui avait été compliqué ? On s’aperçoit qu’on a eu un bon début de saison malgré le retard. On était bien, mais les vingt ou trente pour cent qui nous manquent sont durs à rattraper. On se dit que c’est peut-être à nous de ne pas être trop impatients, mais de faire ce qu’il faut pour colmater et ne pas s’affoler. C’est important d’être lucide sur la situation mais aussi serein, car c’est important de continuer notre bonhomme de chemin en sachant où on veut aller.

Travers : « La mêlée, c’est l’école de la vie »

Doit-on comprendre que le but est de limiter la casse dans un premier temps en attendant d’être à cent pour cent ? C’est faire ce qu’il faut pour gagner. Limiter, ça voudrait dire que l’on est dans le reculoir et l’attente. Non, c’est à nous de prendre les choses en main et de faire ce qu’il faut pour remporter les matchs. On sait très bien qu’il y aura des phases de récupération et de moins bien, comme dans tous les clubs. On dit que quand on se regarde, on se désole, et que quand on se compare, on se console. Et il est important par moment de comparer avec ce qu’il s’est fait la saison dernière. Tous les clubs ont eu des périodes d’euphorie et de moins bien. L’important, c’est de ne pas se prendre pour d’autres dans l’euphorie, et ne pas être négatif ni se sous-estimer dans les périodes d’instabilité. Est-ce que l’on doit en déduire que le débriefing du match de Clermont a été plus serein ? Je ne sais pas (il sourit). La mêlée ? C’est l’école de la vie. Un week-end, vous êtes les meilleurs et celui d’après, on vous remet à jour, et ça vous remet sur terre. C’est un secteur que toutes les équipes doivent travailler. Propos recueillis par Cédric Rouger
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