Top 14: Perpignan en "gala" à Barcelone

le
0

par Mathieu Baratas

PERPIGNAN (Reuters) - Soucieux de grandir et de mieux s'exposer, Perpignan s'offre samedi "un match de gala" à Barcelone lors de la réception du champion en titre Toulouse au Stade olympique de Montjuic dans le cadre de la cinquième journée du Top 14.

Comme Biarritz et Bayonne l'ont fait au stade Anoeta à San Sebastian, le club catalan s'est résolu à délocaliser une rencontre du championnat de France en Espagne.

Il l'avait déjà fait l'année dernière mais en Coupe d'Europe, lors du quart de finale perdu face à Toulon (29-25) qui avait généré une affluence record avec 55.000 spectateurs.

Seize mois après, le stade sera nettement moins rempli - 25.000 à 30.000 personnes sont attendues selon le club - mais ce match reste un événement majeur pour les Catalans.

"Il y a plusieurs idées derrière cette délocalisation comme s'offrir la possibilité d'augmenter nos recettes billets en profitant des 55.000 places du Stade olympique", explique à Reuters le directeur général de l'Usap, Sylvain Deroeux.

"C'est intéressant pour nos finances. C'est aussi un éclairage médiatique différent sur le club. Cela renforce nos liens avec la Catalogne du Sud, la collaboration avec le Barça (le FC Barcelone co-organise l'événement, NDLR) et la Fédération catalane de rugby."

Cette délocalisation est donc une occasion d'attirer la lumière sur un club qui cherche de nouvelles ressources car son budget, qui plafonne à 14 millions d'euros, n'est que le 11e du Top 14.

"On veut pérenniser l'événement pour atteindre ces objectifs", souligne Sylvain Deroeux.

"Cela peut permettre d'attirer des investisseurs de Catalogne Sud. Mais il ne faut pas attendre de miracle non plus. Tant qu'on ne sera pas champion d'Europe, on ne les intéressera pas. On est un 'epsilon' pour eux. C'est un travail de longue haleine et de terrain pour se rapprocher."

"MAGIQUE POUR LES JOUEURS"

En difficulté sportive avec une seule victoire en quatre journées, l'Usap ne se facilite pas la tâche en recevant le champion de France sur un terrain neutre.

"L'infime partie de l'avantage à domicile que nous perdons est compensée par le prestige de jouer dans un tel stade à Barcelone. C'est magique, très fort pour les joueurs", coupe Sylvain Deroeux, ancien troisième ligne du club.

Les joueurs abondent en son sens.

"C'est plus qu'un match à domicile. Pour le quart, il y a avait toute la Catalogne française qui s'était déplacée à Barcelone. Il y a avait plus de couleurs qu'à Aimé-Giral", souligne le demi de mêlée Florian Cazenave.

"Ce sont deux matches différents avec des enjeux différents. Là, on s'attend à moins de monde mais l'accent est mis sur la victoire, que ce soit à Barcelone ou à Perpignan. Nous aurons la même volonté de gagner. Ce sera bénéfique pour le club et l'équipe."

Les nombreuses recrues étrangères - le Néo-Zélandais Lifeimi Mafi, le Tongien Faka Taumalolo, le Gallois Luke Charteris, l'Anglais Luke Narraway et l'Ecossais Alasdair Strokosch - ne sont pas forcément imprégnées de la "catalanité" si chère à Perpignan. Mais elle seront "au rendez-vous", assure Cazenave.

"Les recrues étrangères avaient été impressionnées par l'ambiance de Montjuic lors du quart (de Coupe d'Europe). Ils ont beaucoup d'excitation pour préparer cette rencontre", raconte Cazenave, formé au club et attaché au symbole régional.

"Sportivement, les joueurs seront en mode match de gala", rassure Sylvain Deroeux.

"On perd les repères d'Aimé-Giral mais on gagne en émotion. Tous ces internationaux sont capables de se mettre en mode performance. Et là, on ne sera pas déçus. Samedi, ils ne vont pas se manquer."

Edité par Gregory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant