Top 14: Montpellier-Toulon, duel de perfectionnistes

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par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - Leurs méthodes diffèrent mais Fabien Galthié et Bernard Laporte, qui s'affrontent vendredi lors du Montpellier-Toulon qui ouvrira la cinquième journée de Top 14, sont l'un comme l'autre "maniaques", "passionnés" et mus par l'envie de gagner, à écouter Sylvain Marconnet.

L'ancien pilier international les connaît bien, pour avoir évolué sous leurs ordres au Stade Français, de 1997 à 1999 avec Bernard Laporte, actuel entraîneur de Toulon, puis de 2000 à 2004 avec Fabien Galthié, qui dirige Montpellier.

"Pour ce qui est du jeu, tous les deux sont des perfectionnistes mais chacun a sa particularité. Ils sont tous les deux intelligents avec le même goût pour la perfection, le même idéal. Cela les rend attachants et par moment détestables", explique Sylvain Marconnet dans un entretien à Reuters.

"Ce sont des maniaques de ce jeu, des passionnés, des compétiteurs qui veulent toujours gagner. Les deux ont de la bouteille."

Ces deux entraîneurs ont en commun d'avoir évolué au même poste, demi de mêlée et d'avoir remporté le titre de champion de France comme joueur - en 1991 avec Bègles pour Laporte et en 2003 avec Paris pour Galthié - et comme entraineur - en 1998 pour Laporte et en 2007 pour Galthié avec Paris.

Ils ont aussi beaucoup échangé lorsque le sélectionneur Laporte avait fait de Galthié, encore joueur, son capitaine en équipe de France, entre 2000 et 2003.

Ils ne partagent en revanche pas, à écouter Sylvain Marconnet, la même conception du rugby.

"Dans leur quête de perfection, ils sont légèrement différents. Fabien privilégie la maîtrise individuelle au service du collectif. Bernard la maîtrise des schémas collectifs au service des individualités", analyse le pilier ayant le plus souvent porté le maillot tricolore (84 sélections).

L'AFFECTIF ET L'UNIVERSITAIRE

Pour Marconnet, l'opposition de styles entre un Galthié plus offensif et un Laporte plus défensif est moins évidente.

"Bernard a essayé des schémas offensifs en équipe de France quand on mettait 40 points à beaucoup d'équipes et prôné l'utilisation de la largeur", rappelle Marconnet qui a joué sous les ordres de Laporte de 2000 à 2007 sous le maillot du XV de France.

"Il y a des critiques sur le jeu de Toulon - que je n'ai pas encore vu jouer - qui minimalise le risque en minimisant le jeu. L'équipe a eu une reprise tardive et a une soif d'efficacité. Fabien, c'est du rugby de mouvement, un rugby total qui porte le danger mais pas toujours de manière efficace", argumente-t-il.

Les deux entraîneurs affichent plus d'antagonismes dans la gestion des hommes.

"Bernard instaure un peu de conflit pour tirer le meilleur des individus. C'est quelqu'un de fidèle et qui argumente ces choix. Fabien avec son bagage universitaire et son expérience en entreprise essaye d'appliquer des méthodes de management. Il y a moins d'affect dans ses relations avec les joueurs", constate Marconnet.

Ces deux managers, qui ont aussi en commun d'avoir perdu en finale de Top 14 face à Toulouse - en 2011 (15-10) pour Galthié et en 2012 (18-12) pour Laporte -, ne connaissent pas les mêmes dynamiques depuis le début de la saison.

Le club héraultais tâtonne, entre deux succès convaincants à domicile contre Clermont et Agen et deux défaites inquiétantes à l'extérieur face au Stade Français et à Biarritz.

Les Varois, eux, caracolent en tête avec un jeu efficace couronné par quatre succès de rang dont les trois premiers hors de leurs bases - à Perpignan, au Racing-Métro et à Mont-de-Marsan - et un dernier bonifié à Mayol face à Bordeaux-Bègles.

Une victoire toulonnaise à Montpellier, vendredi, aurait pourtant valeur d'exploit.

Edité par Gregory Blachier

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