Top 14: le Racing outsider dans la fournaise de Toulon

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par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - Le Racing-Métro entend bien faire mentir les pronostics favorables à Toulon lors des barrages du Top 14 samedi au Stade Mayol, dans un remake d'un classique des années 1980.

Déjà barragiste en 2010, demi-finaliste en 2011, le Racing baigne dans une dynamique vertueuse depuis sa crise de croissance hivernale, marquée par l'éviction des entraîneurs Simon Mannix et Philippe Berbizier et de l'international Sébastien Chabal.

Ces épisodes semblent désormais loin aux yeux des joueurs qui s'accommodent de leur statut d'outsiders.

A l'inverse, en décrétant le huis clos cette semaine après le revers frustrant contre Biarritz (18-21) vendredi dernier en finale du Challenge européen, les dirigeants et le staff du RCT, troisième de la saison régulière, ont remis beaucoup de pression sur les épaules des joueurs pour éviter une défaite traumatisante à la maison.

"C'est un match avec de la pression, mais il faut savoir se mettre dans une pression positive. C'est l'équipe qui saura emmagasiner cette pression positive qui gagnera", estime le manager du Racing, Pierre Berbizier, tout en admettant que son groupe "a très peu d'expérience de ce genre de match".

Solide et pragmatique aux dires des Racingmen, Toulon arbore l'étiquette de favori pour son retour en phase finale après avoir échoué à se qualifier la saison dernière.

En plus de ses deux victoires en saison régulière sur le Racing, 16-9 à Colombes à l'aller et 32-20 au retour, le RCT présente un bilan impressionnant dans sa forteresse de Mayol, où les Varois n'ont perdu qu'une fois cette saison (face à Clermont 17-0 lors de la 2e journée), pour onze victoires et un nul.

"On joue un adversaire qui nous a battus deux fois. Ce serait un vrai exploit de gagner à Mayol dans des conditions particulières et difficiles. C'est un challenge intéressant", reconnait Berbizier.

MAYOL? "TRÈS SYMPA"

Pourtant, la rencontre met aux prises des profils similaires: deux grosses conquêtes, deux équipes athlétiques et deux projets de jeu basés sur le défi physique et l'occupation.

La défense hermétique, 1ère du Top 14 au nombre d'essais encaissés (22), les cadres rompus aux plus grands rendez-vous (Botha, Shaw, Van Niekerk, Armitage, Wilkinson, Giteau) et guidés par le manager Bernard Laporte seront autant d'atouts pour les Toulonnais.

C'est une équipe animée d'un "esprit de revanche qui va la rendre redoutable", juge l'entraîneur des arrières du Racing, Gonzalo Quesada.

Incapable de gagner un match couperet depuis son retour dans l'élite en 2009, le club francilien attend aussi beaucoup de son nouveau duo d'entraîneurs Quesada-Rétières, vice-champions du monde en Nouvelle-Zélande sous les ordres de Marc Lièvremont.

Il peut aussi s'appuyer sur ses individualités (Nallet, Hernandez, Chavancy, Steyn, Fall ou Imhoff) pour insuffler de l'expérience et franchir un cap.

La perspective d'aller dans le bouillonnant Mayol réjouit plus qu'elle n'effraie les Racingmen, prêts à s'enivrer de l'ambiance des phases finales.

"C'est très sympa et très excitant. On a tous envie de jouer ce genre de match dans un stade mythique avec une ambiance électrique. Toutes les conditions sont contre nous. Les Toulonnais seront au sommet de leur art. On va essayer de l'être aussi", dit le troisième ligne Antoine Battut.

édité par Pascal Liétout

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