Top 14: Jean-Pascal Barraque, symbole de la jeunesse biarrote

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par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Jean-Pascal Barraque, 21 ans et titularisé au poste d'ouvreur depuis le début de saison, symbolise la réussite et la montée en puissance de la jeune génération du Biarritz-Olympique.

En l'absence de Dimitri Yachvili, le véritable patron de l'équipe, qui a une hernie discale ayant nécessité une opération chirurgicale, Yann Lesgourgues a été appelé derrière la mêlée et Barraque titularisé à l'ouverture, assurant les tirs au but.

"Avec Yann, on se connaît depuis longtemps, on a souvent été associé chez les jeunes. On a des automatismes et des repères", explique Barraque, passé comme Lesgourgues par le pôle France de Marcoussis et l'équipe de France des moins de 20 ans.

Cette nouvelle charnière depuis trois rencontres a apporté de la fraîcheur à une équipe qui est en tête du Top 14 avec trois victoires, la dernière face au champion de France en titre, Toulouse (22-17).

Jean-Pascal Barraque s'est montré particulièrement à son avantage face aux poteaux, au point d'être le meilleur buteur du championnat avec 49 points et un taux de réussite de 90%. Un classement qui ne semble pas le préoccuper.

"Je ne regarde pas trop les stats. J'essaie de continuer sur ma lancée, d'être à la hauteur de ce qu'on me demande", dit le natif du Chesnay, dans les Yvelines.

"Pour les tirs au but, je m'entraîne deux fois par semaine, pas plus, car je me sens en confiance. Mais je sais aussi tout ce qu'il me reste à faire pour progresser dans la vision du jeu, dans l'utilisation de mon pied gauche", ajoute-t-il.

REPÉRÉ EN JUNIORS

C'est à Concarneau (Finistère), où il a grandi, qu'il a débuté le rugby à l'âge de six ans et demi dans un milieu familial porté vers le ballon ovale. Quatre ans plus tard, les Barraque s'installent à Saint-Lys (Haute-Garonne) puis à Tarbes (Hautes-Pyrénées), deux ans plus tard.

Le petit Jean-Pascal rejoint à chaque fois le club local avec un intermède durant deux ans chez les cadets du Stade Toulousain. Repéré par Biarritz au sein des juniors Reichel de Tarbes, il rejoint le centre de formation basque en 2009.

"Jamais je n'ai imaginé arriver à ce niveau-là", reconnaît aujourd'hui un garçon qui dégage une forme de sérénité sur le terrain.

"Non, je ne suis pas tout le temps serein et si j'en donne l'impression c'est surtout parce que j'ai la confiance de mes entraîneurs", dit-il.

"Je travaille lors des gros entraînements sur la lucidité, le fait de garder son sang-froid, de faire le bon choix", ajoute-t-il en admettant avoir été beaucoup plus turbulent dans ses vertes années.

"PLUS COSTAUD QUE MOI"

"C'est vrai qu'avant j'étais un peu nerveux dans la vie et sur le terrain. Je me bagarrais mais j'ai réussi à me calmer. Je me suis aussi aperçu qu'il y avait souvent plus costaud que moi en face", reconnaît-il dans un éclat de rire.

Le XV de France n'est pas encore dans ses perspectives même si elle semble promise à cet élève qui est en train d'épater ses maîtres. Pour autant, il ne s'enflamme pas et se montre reconnaissant envers ses partenaires.

"Dimitri (Yachvili) a du vécu et une expérience précieuse, Damien Traille me soulage beaucoup sur le jeu au pied, dans les choix de jeu. A Biarritz, j'ai trouvé des joueurs accessibles, un esprit de famille qui me convient bien", souligne Barraque.

La famille, un point d'ancrage qui lui permet de "garder les pieds sur terre" et qui donne encore la priorité à ses études en deuxième année de BTS Management des unités commerciales.

"Je savoure ce qui m'arrive mais je ne veux pas faire le beau, je sais que tout cela peut s'arrêter", dit-il.

Samedi face à Montpellier, il aura encore l'occasion de s'illustrer et de défendre la place de leader d'une équipe biarrote métamorphosée et qui a retenu les leçons d'un début de saison passée catastrophique qui a fait craindre le pire.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Gilles Trequesser

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