Top 14: Imanol Harinordoquy et Biarritz à un tournant

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par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Imanol Harinordoquy sera samedi à la tête de l'équipe de Biarritz, lanterne rouge du Top 14, pour aller défier le leader Clermont, et il vit ce match comme un tournant dans une histoire individuelle et collective.

Dans un entretien accordé à Reuters, le troisième ligne centre de 33 ans et 82 sélections n'élude aucun sujet, que ce soit le risque de relégation de son club triple champion de France dans les années 2000 ou son propre avenir.

Pour garder la tête haute, le BO se doit de ne pas sombrer au stade Marcel-Michelin où il fut le dernier à battre Clermont le 21 novembre 2009 (16-13), juge-t-il.

"On a tout à gagner, parce qu'au pire on peut en prendre 40 ou plus. Il faut essayer de se libérer, jouer et ne pas se crisper. Il faudra mettre de l'agressivité, être costauds dans les fondamentaux. Si on se contente de résister, je ne donne pas cher de notre peau", reconnaît le capitaine biarrot, de retour sur les terrains depuis quelques semaines après une longue période de blessures.

Dernier du Top 14 avec huit points de retard sur le premier non relégable, Bayonne, le BO est un candidat désigné mais pas résigné à la descente en ProD2 à mi-championnat.

"Comptablement, oui. Avant de jouer contre le Racing, il restait 16 matches et on s'était dit qu'il fallait faire désormais un sans faute à domicile et aller gagner une fois à l'extérieur pour s'en sortir. On a battu le Racing, on est allé s'imposer à Brive. On était sur la bonne voie mais on a perdu face à Bordeaux-Bègles", soutient-il.

"Il va donc falloir aller chercher des points à l'extérieur mais il y a encore de l'espoir".

Trois fois champion de France dans la décennie 2000 (2002, 2005, 2006), vainqueur du Challenge européen 2012, deux fois finaliste de la Coupe d'Europe (2006 et 2010), le Biarritz Olympique stagne en bas de tableau pour la troisième saison consécutive.

"ARRÊTER SERA DUR"

Imanol Harinordoquy explique ce déclin par de multiples raisons, dont l'une des principales est que "les autres clubs grossissent et que le championnat est de plus en plus serré".

"Aujourd'hui, on n'a que 28 contrats pro, d'autres clubs ne sont pas loin des 40. On a moins de profondeur de banc et dès qu'on perd un titulaire, cela devient compliqué. Il y a quelques années avec le même budget on aurait joué les premiers rôles", reconnaît-il.

La fusion des sections professionnelles du BO et de son voisin l'Aviron Bayonnais aurait pu être une solution mais elle a échoué dès le début des négociations.

"Ça fait longtemps que je suis pour, plus par la force des choses et plus encore aujourd'hui qu'hier. J'ai joué pour la sélection Côte Basque-Landes. C'est beau de jouer pour son pays, pour son club, d'être fier de ton maillot mais représenter une région c'est fort", dit-il.

"Ce qui me plairait c'est qu'au niveau professionnel on ait une équipe qui vienne du Sud-Ouest et qui fasse un peu peur au rugby français. Bien sûr, je serais déçu qu'il n'y ait plus de derby basque mais on se bat pour le maintien depuis trois ans et je me positionne en tant que sportif".

Si la descente en ProD2 s'avérait inévitable, Harinordoquy envisagerait plusieurs solutions pour son avenir personnel.

"Ça fait dix ans que je suis à Biarritz. Ça me ferait mal de voir le club descendre. Je suis en fin de contrat et je n'ai pas décidé de mon avenir. Je suis plus près de la fin que du début. Aujourd'hui, j'ai surtout envie de savoir s'il y a un nouveau projet pour l'avenir, que ce soit en Top 14 ou en passant par la ProD2" reconnaît-il.

"J'ai besoin de changement, de quelque chose de motivant. Jouer le maintien c'est usant mentalement, physiquement. Je vais voir. Je laisse passer encore quelques matches. Il y a plusieurs possibilités".

Parmi ces solutions figure celle de "la dernière expérience ailleurs" ou encore celle de "rester à Biarritz en Top 14 ou en ProD2" sans oublier qu'après avoir porté 82 fois le maillot du XV de France pourquoi ne "pas prendre un ticket improbable" pour la 8e édition de la Coupe du monde qui aura lieu en 2015.

Mettre fin à sa carrière est également une perspective qu'Harinordoquy n'écarte pas.

"Je ne sais pas ce que je vais faire, mais de toute façon le jour où j'arrêterai ce sera dur", conclut celui qui restera, quoi qu'il arrive, un des symboles des belles années biarrotes.

Edité par Jean-Paul Couret

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