Top 14: Gaël Fickou à bonne école au Stade Toulousain

le
0

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - L'emploi du temps a été chargé ces derniers jours pour Gaël Fickou, trois-quarts centre de 18 ans qui a jonglé entre sa nouvelle vie de joueur du Stade Toulousain et les épreuves du baccalauréat.

Venu du RC Toulon, le jeune international des moins de 20 ans pointe déjà son nez dans la cour des grands, avec deux apparitions en Top 14 et un essai sous le maillot Rouge et Noir, contre Agen il y a deux semaines (62-13).

Malgré des débuts remarqués, le natif de la Seyne-sur-Mer est avant tout à Toulouse pour faire ses classes, tempère le manager général du Stade, Guy Novès.

"C'est un jeune sur lequel on fonde beaucoup d'espoirs mais en pensant qu'il va lui falloir deux ou trois ans de travail pour atteindre le haut niveau, et non pas quinze jours et deux prestations", lance-t-il.

"Il a envie de bosser, on va l'aider (...) Est-ce que c'est le meilleur centre de France aujourd'hui? C'est non. Est-ce qu'il peut le devenir? On verra."

Gaël Fickou dit se plaire dans son nouvel environnement, où Guy Novès l'a pris en main avec ses adjoints Jean-Baptiste Elissalde et William Servat.

"(Guy), je l'imaginais plus froid, plus dur. Bien sûr il est très dur, il faut être performant, il faut être rigoureux, s'entraîner sans cesse, se donner à fond, mais après il est très protecteur et donne beaucoup de conseils", raconte le solide trois-quarts (1,90 m, 90 kg).

"Il essaie de me canaliser, de me calmer, de me dire que si je suis là c'est parce que je le mérite et qu'il a confiance en moi", poursuit-il, disant beaucoup apprendre également du centre international Yannick Jauzion (34 ans).

"Jauzion donne beaucoup de conseils, il me rassure, avant chaque mouvement il me rappelle les courses, ma position. C'est sûr que c'est rassurant."

"J'AI TOURNÉ LA PAGE AVEC TOULON"

Les conseils de ses nouveaux mentors dépassent aussi le cadre vert du terrain de rugby.

"Dans mon entourage, Guy Novès, Jean-Baptiste (Elissalde) ou encore William (Servat) me rappellent chaque jour que le rugby, tant qu'on est bon, c'est bien, mais qu'il faut quand même assurer ses arrières. Avoir un diplôme, une bonne formation scolaire, c'est toujours un bagage de plus pour réussir l'après-rugby."

Voilà pourquoi Gaël Fickou a manqué samedi dernier la défaite contre Perpignan (34-20), après avoir planché dans la semaine sur les épreuves du baccalauréat, qu'il a passées en différé en raison de sa participation au Mondial des moins de 20 ans en juin dernier.

"Le bac s'est relativement bien passé, c'était intense", sourit celui qui souhaite ensuite décrocher un BTS de Management des unités commerciales (MUC).

Fort de ses premières semaines toulousaines, le jeune homme dit ne pas être déçu d'avoir quitté Toulon, même si son ancien club caracole désormais en tête du Top 14.

"Toulon déroule, ils sont très performants et c'est joli à voir. Quand on voit des joueurs de grande classe dans un groupe comme ça qui arrivent à jouer ensemble, à trouver des automatismes et à remporter tous leurs matches, je leur dis bravo", lâche-t-il à l'endroit de ses anciens partenaires.

"J'ai tourné la page avec Toulon. J'ai vécu une belle histoire mais maintenant, c'est une nouvelle histoire avec Toulouse et pour l'instant, tout fonctionne bien, donc aucun regret."

Gaël Fickou se dit même surpris de la rapidité de son intégration sur les bords de la Garonne.

"Je pense que j'ai fait le bon choix: sur six matches j'étais quatre fois sur la feuille de match. Sachant qu'il y en a deux que je n'ai pas pu jouer parce que je passais le bac", fait-il valoir.

"Avant d'arriver à Toulouse, je disais à mon frère: 'Si je joue deux-trois matches dans la saison, c'est cool!'"

Edité par Grégory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant