Top 14: Estebanez dit la colère et la frustration du Racing

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FABRICE ESTEBANEZ NE VEUT PAS IMAGINER LA DÉFAITE FACE AU STADE FRANÇAIS
FABRICE ESTEBANEZ NE VEUT PAS IMAGINER LA DÉFAITE FACE AU STADE FRANÇAIS

par Cécile Grès

PARIS (Reuters) - Fabrice Estebanez n'est pas un adepte de la langue de bois et quand on le confronte à la situation du Racing Métro avant le derby de samedi contre le Stade Français au Stade de France samedi, il répond colère, frustration et volonté de rachat.

Dimitri Szarzewski, talonneur international, et Gonzalo Quesada, entraîneur en sursis du Racing, se cachent derrière un discours mesuré.

Le premier refuse de parler de "match couperet" et plaide qu'il n'a pas vu la défaite de ses coéquipiers face à Mont-de-Marsan pour cause de XV de France.

Le second estime que ce derby parisien serait "important mais pas plus" et reconnaît tout juste qu'il y a "danger".

Quand vient ensuite le tour de Fabrice Estebanez d'entrer en salle de presse, l'ancien Briviste, chaussé d'espadrilles aux couleurs du Racing Métro, ne mâche pas ses mots.

"Cette actuelle dixième place est très vexante avec les objectifs fixés en début de saison et les conditions idéales dans lesquelles le club travaille?", dit-il.

La défaite à domicile 17-16 face à Mont-de-Marsan, la lanterne rouge, date du 10 novembre mais elle fait toujours mal à l'ancien benjamin de l'école de rugby de Pamiers XIII.

"J'avais honte, tellement honte. On est la première équipe à avoir perdu face à eux et chez nous en plus ! Je les respecte, les Montois, bien sûr, mais on ne devait pas perdre ce match", enrage-t-il.

Les réponses s'enchaînent, sans détour.

Le Racing a-t-il la pression ? "Oui. On va rentrer sur la pelouse avec la boule au ventre samedi."

Est-ce la première fois que le club considère sa situation alarmante ? "Oui. C'est la première fois depuis le début de l'année, que la pression est aussi palpable."

DÉFAITE INIMAGINABLE

Car le Racing déçoit et sans même prétendre au sommet, il ne remplit pas son contrat de prétendant aux barrages.

Dixième, avec sept défaites pour quatre victoires, il n'a que cinq points d'avance sur le premier relégable l'Union Bègles-Bordeaux. Il en compte neuf de retard sur le premier barragiste, Grenoble et trois sur son voisin et rival du Stade Français qui est huitième.

"Il ne faut pas avoir peur de le dire, si on continue, on finira par jouer le maintien. Si on perd face au Stade Français, ça peut rendre encore un peu plus compliquée notre participation aux barrages", lâche Fabrice Estebanez.

L'international rappelle qu'il a déjà suffisamment joué le maintien avec Brive et qu'il n'est pas venu au Racing pour ça.

Derrière sa franchise se cache un sentiment de rage. Une rage saine mais une rage quand même.

"Après Mont-de-Marsan, on était en colère", dit-il. Alors le derby, la rivalité parisienne, la mise en scène d'un rendez-vous particulier au Stade de France, très peu pour lui.

Ce qui compte c'est la victoire, la prise de points. "Il nous en faut quatre en quittant le terrain", dit-il.

En difficulté sur le terrain, les Racingmen ne sont pas non plus aidés par les évènements extérieurs.

L'annonce précoce de l'arrivée d'un nouveau staff la saison prochaine, la situation incertaine de Gonzalo Quesada, les soupçons de pots-de-vin versés à des joueurs fidjiens pour qu'ils ne participent pas à la Coupe du monde?

"On essaye de faire abstraction de tout ce qu'il se dit, mais ce n'est pas facile. Personnellement, je ne suis pas un fervent fan de la presse, donc, bon?", risque Fabrice Estebanez.

Son sourire dure peu. Il revient sur le match de samedi.

"Ce ne sera pas la fin du monde si on perd?", dit-il, "mais je ne veux même pas l'imaginer."

Edité par Jean-Paul Couret

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