Top 14: Clermont, forteresse imprenable

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par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - Rencontre après rencontre, Clermont construit le mythe de son invincibilité dans son stade Marcel Michelin pour viser un 47e succès d'affilée, vendredi soir, face au Stade Français.

Les Auvergnats, vainqueurs de toutes leurs rencontres de Top 14 disputées à domicile depuis le 28 novembre 2009, ont établi un record.

Ils ont supplanté Bourgoin (45 victoires et un nul entre le 20 avril 2002 et le 11 mars 2006) et le Stade Français (45 victoires entre le 4 septembre 2004 et le 16 février 2008).

"On aime jouer chez nous", déclare à Reuters le directeur général de Clermont, Jean-Marc Lhermet, pour résumer la mobilisation de ses joueurs à domicile.

"On a la chance de jouer dans un stade qui est notre jardin. Quand on rentre dans ce stade, on sent vraiment une ambiance et une âme qui transcendent les joueurs. On a un stade coloré et tout le temps plein avec un public fabuleux qui le fait savoir aux joueurs."

L'ancien troisième ligne de l'ASM souligne qu'avec un taux de remplissage record - près de 98% - du stade de 18.000 places, "les joueurs bénéficient d'un soutien extraordinaire".

"Il y a des aspects inconscients. Quand on est chez soi, on a des repères qu'on n'a pas à l'extérieur. Il y a cette force du public derrière", précise-t-il.

La présence d'un tiers de joueurs formés au club dans l'effectif contribue à consolider cette volonté de défendre coûte que coûte la forteresse Michelin.

"En matière de fierté et d'appartenance, c'est quelque chose d'énorme. Le gamin qui est arrivé ici à 16-17 ans passe cinq ans à rêver de jouer en équipe première. Le jour où il revêt le maillot dans ce stade, il est animé d'une force supérieure à celle d'un joueur recruté ", constate Jean-Marc Lhermet.

"C'est un élément de motivation supplémentaire pour attaquer les matches", reconnaît le capitaine Aurélien Rougerie, formé au club.

NOVÈS PERSIFLE

Sans faire une fixation sur cette série exceptionnelle, le collectif clermontois en tire une confiance inébranlable au moment d'entrer sur le terrain. Malmenés 12-7 par le Racing lors de la 4e journée, les locaux n'ont jamais paniqué pour trouver les ressources d'une victoire au forceps (13-12).

"C'est bien de faire dans le pragmatisme. Sans être brillants, on prend les points. On est peut-être plus réalistes en étant conscient de ce qu'on est capable de faire en ce moment", analyse Aurélien Rougerie.

Les joueurs du Stade Français n'ignorent pas l'avantage psychologique des Clermontois à Michelin sans pour autant endosser le costume de victime consentante.

"Clermont, c'est l'ogre, l'équipe qui fait peur quand on joue à l'extérieur. Elle très bien armée et invincible chez elle", dit l'entraîneur des avants, David Auradou.

"On y va avec de l'ambition, pour faire un résultat. Leur invincibilité est une source de motivation supplémentaire", dit le troisième ligne parisien Antoine Burban.

Revigorés par la victoire sur Perpignan (34-24) à Charléty, les Parisiens, qui n'ont plus gagné à l'extérieur depuis presque un an, rêvent de faire tomber "l'ogre" clermontois dans son antre, comme les Biarrots ont été les derniers à le faire 13-16) le 21 novembre 2009.

Ils auront le soutien tacite de Guy Novès, qui n'hésite pas à lancer une pique psychologique à ses rivaux Clermontois.

"C'est vrai que c'est fantastique de les voir invaincus. Après, on peut perdre un match à la maison, ce qui est important, c'est quand même les titres", dit-il.

"Mais ce qui fait qu'une équipe est en phase finale c'est l'addition des matches à la maison et à l'extérieur, donc il faut savoir faire des additions."

Edité par Jean-Paul Couret

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