Top 14: Bordeaux-Bègles touché mais pas coulé

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By Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Deux victoires en sept matches et une place de relégable : Bordeaux-Bègles s'attendait à mieux en début de saison mais se refuse à céder à la panique, alors que Toulouse s'annonce samedi en Gironde.

L'UBB traîne comme un boulet sa courte défaite à domicile en ouverture du Top 14 face au promu Grenoble (28-29), qui a jeté le trouble d'entrée dans un club encore en reconstruction, un an après son retour dans l'élite.

Les succès face à Perpignan (26-22) et au Stade Français (30-22) et deux bonus défensifs ont permis d'engranger dix points, ce qui met toutefois les Bordelais dans la zone rouge - 13e avec un point de retard sur Bayonne et le Stade Français.

Largement dominés par Montpellier il y a deux semaines, les Bordelais se sont repris le week-end dernier à Agen mais n'ont pas réussi à s'imposer alors qu'ils l'auraient largement mérité (19-15). Pour autant, ils ne laissent pas abattre.

"Franchement, j'ai senti les joueurs extrêmement concernés, loin d'être abattus ou résignés, ce qui nous va très bien parce que ça correspond vraiment à notre état d'esprit", dit le nouveau manager, Raphaël Ibanez, qui a succédé à Marc Delpoux parti à Perpignan.

"Le bilan comptable n'est pas à la hauteur de nos espérances mais en revanche, on peut s'appuyer sur des certitudes, à savoir la solidarité de ce groupe, sa capacité à se transcender, sa générosité et maintenant aussi un peu plus d'enthousiasme dans le jeu, ce qui peut faire la différence avec nos concurrents directs", ajoute l'ancien talonneur et capitaine du XV de France.

DÉFENDRE SES "10%"

L'ouvreur et buteur Camille Lopez se veut tout aussi positif quant il évoque l'esprit qui anime le groupe girondin.

"Il a manqué les quatre points, c'est sûr. On a manqué un match immanquable mais on s'est rassuré dans le contenu. On a un peu retrouvé ce jeu en avançant où on ne se pose pas de question. Mais un peu comme la saison dernière on ne finit pas les actions, on ne score pas", admet-il.

Toute la semaine, les regards sont restés profonds et les poignées de main franches.

Aucun doute ne transparaît chez des joueurs conscients d'avoir entre leurs mains l'avenir d'un club qui, malgré le 13e budget du Top 14 (12 millions d'euros environ) reprend sa place dans une agglomération encore bercée par le titre de champion de France 1991 - celui des Rapetou et de la fameuse "tortue béglaise".

"Oui, toute la semaine on a essayé de positiver parce que cette équipe n'a pas renoncé à ses principes de jeu. Elle parvient maintenant à se retrouver un peu plus sur le collectif, avec plus de liant avants-trois-quarts", souligne Ibanez.

"On a constaté aussi notre manque de réussite, de finition. Ce sont des aspects du jeu qui sont incontournables et on a mis l'accent là-dessus."

Le collectif sera mis à l'épreuve samedi quand le champion de France foulera la pelouse du stade Chaban-Delmas, jardin des footballeurs qui réussit bien à l'UBB, vainqueur des hommes de Guy Novès en mars dernier devant près de 34.000 spectateurs.

"C'est un bon souvenir mais c'est du passé. Notre saison c'est du passé, il faut qu'on l'oublie, qu'on regarde vers l'avant", juge Camille Lopez, qui appelle le siens à "faire abstraction de l'équipe qu'on a en face."

Raphaël Ibanez estime les chances de gagner "à peu près à 10%". "C'est un peu le choc des extrêmes mais on va défendre ces 10% avec acharnement en espérant que les joueurs vont se transcender car il faudra être à 110% samedi soir", dit-il.

Bordeaux-Bègles sera presque au complet pour ce match. Il a perdu jeudi son jeune demi de mêlée Stéphane Saubusse, victime d'une rupture des ligaments croisés antérieurs d'un genou. Son absence est estimée à six mois.

Edité par Grégory Blachier

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