Top 14: Agen a sa place dans l'élite, dit Philippe Sella

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par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Agen, bien que relégable avant de recevoir Toulon, samedi, pour le dernier match de la phase aller, a toute sa légitimité dans le Top 14, déclare Philippe Sella, directeur du rugby du club, dans un entretien à Reuters.

Depuis son arrivée en début de saison, l'ancien trois-quarts centre international n'a pas encore trouvé la clé pour sortir son club de toujours, déjà en difficulté la saison dernière, de l'engrenage des matches disputés avec la peur au ventre.

"On demande du temps, de la compréhension pour notre projet mais en même temps il faut des résultats. Mais Agen est capable de rester en Top 14, Agen y a sa place et la volonté de renforcer cette place", plaide l'ancien numéro 13.

"Dans notre situation, l'équipe doit se resserrer, aller de l'avant et garder suffisamment de confiance et d'énergie pour faire bonne figure contre Toulon qui est le plus gros défenseur du rugby français et le leader du Top 14", reconnaît-il.

Pour lui, la situation actuelle du club doit passer au second plan à l'heure où il se prépare à accueillir l'armada varoise au stade Armandie.

"Le fait d'être 12e ou 13e ne change pas grand-chose à ce moment de l'année. Qu'on reçoive Toulon, Mont-de-Marsan, Toulouse ou qu'on aille à Biarritz, ça ne change rien non plus à la donne. Il faut regarder droit devant, ne pas se mentir", estime l'homme aux 111 sélections en bleu.

"Face à Toulon, il faut se donner les moyens de déjouer les pronostics. La tâche est rude, mais comme je le dis souvent, et comme j'ai pu le constater de nombreuses fois sur le terrain, il n'y a rien de plus beau que de jouer des matches avec une telle pression."

"PAS DE COUP DE BLUES"

Après quatre défaites consécutives en début de saison, Agen semblait avoir redressé la barre en alignant trois succès. Mais, depuis, les revers s'enchaînent.

"Ce sont les deux premiers matches (perdus à domicile), puis les deux défaites à l'extérieur qui ont fait que l'équipe s'est recroquevillée sur elle-même", admet Philppe Sella.

"Les contre-performances, ces matches qui ont basculé du mauvais côté, entraînent des fautes techniques. En dehors de ça il y a des périodes où ça joue bien mais on manque de continuité."

Il estime que tout n'est pas à jeter, loin de là. "Le point positif est que l'équipe, après les quatre défaites du début de championnat, n'a jamais eu de coup de blues, elle a toujours avancé, ce qui a amené les trois victoires qui ont suivi."

"Après, on s'est mis dans le rouge, notamment face à Castres et Clermont où on a atteint les 27% de plaquages manqués. Ce qui fera la force d'Agen lors de la deuxième partie du championnat, ce sera de gommer ces manques."

Agen, qui reste une place forte du rugby français avec huit titres de champion de France, le dernier en 1988, ainsi que six finales perdues, la plus récente en 2002, n'abdique pas toute ambition pour l'avenir.

Le retour au club de Philippe Sella est le symbole de cette volonté après un passage de trois ans en ProD2 de 2007 à 2010.

"On n'a pas le même pouvoir qu'avant mais ce qui est vrai aujourd'hui n'est pas forcément vrai demain. L'avenir se prépare maintenant, le bonheur du futur passe par le labeur du présent", dit l'ancienne gloire du club.

"On a besoin du soutien de tous. Dans toute la région il y a un public qui aime Agen, qui doit être triste de nous voir là. Cela dit, on a 9.000 spectateurs régulièrement à Armandie. Pour Toulon on en aura 12.000, pour une ville moyenne de 35.000 habitants, c'est pas mal."

Edité par Simon Carraud

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