Top 10 : J'ai été un migrant

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Top 10 : J'ai été un migrant
Top 10 : J'ai été un migrant

Le football allemand s'est mobilisé, de manière plutôt unanime (clubs, joueurs, supporters) en faveur des réfugiés. Le Real Madrid, la Roma et même le PSG ont fini par suivre - timidement - le mouvement. Une démarche étonnante quand on connaît l'immense frilosité habituelle du petit monde du ballon rond dès qu'il s'agit de toucher à une affaire aussi sensible. Il faut dire que pour une fois, le sort de ces migrants fuyant la Syrie ou l'Irak peut rappeler quelques terribles souvenirs à certains joueurs, ou rouvrir des pages anciennes, et pas très reluisantes, du passé du football européen...

  • Eugène "Genia" Walaschek


    1917, la prise du palais d'Hiver. Les bolcheviques prennent le pouvoir aussi bien contre les "blancs" monarchistes que contre les autres factions "révolutionnaires". Pour beaucoup de Russes, la terrible guerre civile qui s'annonce est synonyme d'exil. Et dans une Europe – pas encore de l'Ouest - guère plus accueillante qu'aujourd'hui, toutes les portes d'entrée sont bonnes à prendre. Un petit gamin – il est né en 1916 - de la bonne bourgeoisie moscovite va bénéficier d'un coup de pouce du destin et d'une bonne étoile inespérée. Il atterrira de la sorte dans le sanctuaire absolu en ces temps troublés, autrement dit la Suisse, protégée par ses montagnes et ses banques. Tout cela grâce à un subterfuge administratif. Sa grand-mère, helvète par ses papiers, l'inscrit comme son propre fils au consulat. Eugène fera pénitence pour ce petit mensonge envers sa nouvelle patrie en endossant le maillot suisse lors de la Coupe du monde de 1938, après une naturalisation express. Tout le monde n'aura pas cette chance durant la Seconde Guerre. La neutralité légendaire de la Confédération a toujours su trier parmi ses "réfugiés"

  • Mario Stanić


    Le Vieux Continent avait oublié ce que pouvait signifier concrètement la guerre, hormis quelques mouvements de troupes soviétiques en Hongrie et en Tchécoslovaquie, et des différends inter-religieux du coté de Belfast. L'éclatement de la Yougoslavie fit remonter à la surface de terribles instincts nationalistes, très XIXe siècle dans l'esprit et Seconde Guerre mondiale dans la forme. Au milieu de ce foutoir sanguinaire, la Bosnie se révéla le creuset de tous les drames, peut-être parce que tout le monde s'y côtoyait de – trop - près. Mario Stanić, jeune pousse du Željezničar Sarajevo, issu de la communauté croate, doit donc d'un coup opérer un choix terrible. Il prend la tangente en 1992, s'enfuyant de son ancienne patrie en traversant à pied la Save, pour rejoindre sa nouvelle "nation", la Croatie nouvellement indépendante. Fini donc les équipes "mixtes" des slaves du Sud (il avait endossé deux fois le maillot bleu unitaire), il jouera désormais pour le "Croatia Zagreb", ex et futur Dinamo (gommer le passé…




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