Tony Estanguet : " Susciter l'adhésion du plus grand nombre "

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Tony Estanguet : " Susciter l'adhésion du plus grand nombre "
Tony Estanguet : " Susciter l'adhésion du plus grand nombre "
Lundi, Tony Estanguet, triple champion olympique et membre du CIO, a livré ses impressions suite au vote positif du Conseil de Paris dans la matinée au sujet d'une candidature de la capitale française à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

Tony Estanguet, concrètement qu’est ce que ce vote implique ?
C’est vrai qu’on a encore un petit peu de temps devant nous. Depuis un an, on dit qu’on veut utiliser tous le temps disponible pour vraiment poser les bases d’une candidature solide. On a jusqu’au 15 septembre officiellement pour se présenter. On a une date importante malgré tout qui est le 3 juin. Nous allons au CIO (Comité International Olympique) avec les partenaires de la candidature pour répondre à la phase de validation du comité. C’est une étape vraiment importante pour nous. On va commencer à tester notre projet, et entrer dans une interaction plus active avec le CIO. Elle devrait, cette date, accélérer les choses pour les JO 2024.

Qu’est ce qui pourrait désormais empêcher Paris de ne pas y aller ?
On a trois objectifs à très court terme. Tout d’abord, c’est de finaliser notre projet technique ; lors de l’étude d’opportunité nous avions envisagé différentes possibilités, maintenant il faut les conclure. Il faut aller vérifier la faisabilité et boucler notre dossier technique. Le deuxième enjeu, il n’est pas non plus facile, c’est de vraiment établir ce que pourrait être la candidature. C'est-à-dire à la fois boucler le financement et travailler la gouvernance. Il y a des déclarations portant sur le leadership du monde sportif, mais tout cela doit être acté. Le dernier objectif, important avant de partir, il faut donner du sens au projet, les premières orientations d’une telle procédure.

Ça, ce sont des étapes, pas des obstacles...
Pour le moment on se fixe comme objectif de répondre à ces enjeux avant de se déclarer candidat. On considère qu’on a accumulé trop de frustration sur les dernières candidatures, il ne faut pas s’engager dans une voie sans boucler la faisabilité auparavant.

Est-ce que vous redoutez l’adversité (Hambourg, Boston et Rome notamment) ?
Bien sûr que je la redoute, c’est une vraie compétition avec des villes qui sont très motivées, des pays très forts et qui ont envie d’organiser les Jeux. Donc oui ça sera un combat difficile mais je pense que nous avons aussi de notre côté pas mal d’atouts. Et si nous sommes là aujourd’hui c’est que nous avons la conviction que nous pouvons l’emporter.

« Le référendum n’est pas une fin en soi »

Nous avons entendu quelqu’un de la Mairie de Paris dire : « Nous voulons les Jeux, nous aurons les Jeux ! ». Ce n’est pas ça la vérité...
Non malheureusement ça ne marche pas comme ça. C’est comme une compétition, on veut la gagner mais on ne sait pas si on va la gagner ; là c’est un peu pareil. Nous pensons que nous pouvons la gagner c’est pour ça que nous sommes au départ, mais en revanche la course va être longue, on a deux ans devant nous et la ligne d’arrivée est très loin. Ne faisons pas l’erreur de tomber dans cette facilité avant le vote final

Ce vote du Conseil de Paris représente-t-il un pas important, voire décisif ?
C’est un pas important et décisif d’être capable de mobiliser la population française, parisienne et les Franciliens. On ne peut pas continuer de porter un dossier seul, dans notre coin. Notre grande chance de l’emporter, c’est de susciter l’adhésion du plus grand nombre. Nous commençons à réfléchir à une voie de concertation pour faire en sorte que ce projet soit partagé par le plus grand nombre.

Un référendum ?
Pour l’instant, la forme de cette concertation n’est pas encore arrêtée. Nous avons une première réunion de travail de l’association « mission olympique et paralympique » dés mercredi. Nous allons parler de cette forme de concertation de la population.

Avez-vous une préférence ?
Pour moi, le référendum n’est pas une fin en soi. Je ne suis pas forcément contre l’idée d’un référendum mais pour moi ce n’est pas un « oui » à un référendum qui nous fera gagner. Pour moi, il faut aller au-delà et vraiment partager ce projet avec la population, y compris pour définir les différentes orientations. Parce que sinon, au final, on n’aura pas la mobilisation souhaitée.

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