Tombouctou-La CPI condamne un ex-djihadiste à 9 ans de prison

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 (Actualisé avec réaction de l'Unesco et contexte) 
    LA HAYE, 27 septembre (Reuters) - La Cour pénale 
internationale (CPI) de La Haye a condamné mardi un ancien 
rebelle islamiste malien à neuf ans de prison pour avoir détruit 
en 2012 des mausolées de saints musulmans à Tombouctou, ville 
inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. 
    A l'issue de ce procès historique, le premier à considérer 
la destruction de biens culturels comme un crime de guerre, le 
rebelle touareg Ahmad Al-Faqi Al-Mahdi a été reconnu coupable 
d'avoir détruit neuf mausolées et la porte secrète de la mosquée 
Sidi Yahia pendant l'occupation de la ville par les djihadistes. 
    Ahmad Al-Faqi Al-Mahdi, qui a plaidé coupable et exprimé des 
"regrets" pendant son procès en août, a dit avoir agi sous 
l'emprise "démoniaque" des groupes djihadistes Al Qaïda au 
Maghreb islamique (Aqmi) et Ansar Dine. 
    Dans le cadre de leur accord de "plaider coupable", la 
procureure Fatou Bensouda et la défense avaient demandé entre 
neuf et onze ans de prison mais les juges auraient pu ignorer 
cette recommandation et infliger à l'ancien rebelle jusqu'à 30 
ans de détention. 
    L'Unesco a estimé dans un communiqué que la décision de la 
CPI était "une étape historique dans la reconnaissance de 
l'importance du patrimoine pour les communautés qui l'ont 
préservé au fil des siècles et au-delà, pour l'humanité tout 
entière. Cette décision renforce la conviction de l'Unesco sur 
le rôle majeur du patrimoine comme moteur de reconstruction et 
de consolidation de la paix." 
    "Cette décision historique, une première au titre du statut 
de Rome, est une étape capitale dans la lutte contre l'impunité 
des destructions du patrimoine culturel", a ajouté l'Unesco. 
    Les destructions du patrimoine historique ont rarement fait 
l'objet de poursuites devant la justice internationale, même si 
elles ont suscité des tollés, comme lorsque les taliban ont 
pulvérisé les Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan en 2001 ou 
quand les djihadistes de l'Etat islamique ont dynamité des 
monuments de la cité antique de Palmyre. 
    Ces actes ne tombaient pas sous la juridiction de la CPI 
parce que celle-ci ne peut poursuivre des personnes que pour des 
crimes commis dans les Etats membres; or ni la Syrie ni 
l'Afghanistan ne sont membres de la CPI. 
 
 (Stéphanie van den Berg; Tangi Salaün et Eric Faye pour le 
service français) 
 
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