Tollé après la suppression des aides à l'export de poulet

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LA SUPPRESSION DES AIDES EUROPÉENNES À L'EXPORT DE POULET SUSCITE UN TOLLÉ EN FRANCE
LA SUPPRESSION DES AIDES EUROPÉENNES À L'EXPORT DE POULET SUSCITE UN TOLLÉ EN FRANCE

RENNES (Reuters) - La suppression par l'Union européenne des aides à l'exportation de poulets congelés suscite un tollé en France, principal pays bénéficiaire de ces subventions jugées indispensables pour éviter la disparition d'une filière avicole fragilisée.

Le comité de gestion des produits animaux de l'UE a voté jeudi, sur proposition de la Commission européenne, la fin de ces "restitutions" qui avaient déjà été ramenées de 325 à 108 euros la tonne de viande en janvier dernier. Bruxelles a annoncé sa décision d'appliquer rapidement la mesure.

La France se taille la part du lion dans ces aides puisqu'elle a absorbé 93,7% du budget européen de 55 millions d'euros qui y est consacré pour la campagne 2012-2013.

La Commission justifie la mesure par la baisse des cours des aliments pour les volailles et les bonnes perspectives d'exportation vers les pays tiers à l'Union européenne.

Le gouvernement français a annoncé jeudi soir étudier avec les opérateurs les "voies de recours".

"Rien ne justifie cette décision brutale", ont déclaré dans un communiqué les ministres de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Stéphane Le Foll et Guillaume Garot.

"Cette décision fragilise la dynamique de restructuration engagée par les opérateurs depuis plusieurs mois avec le gouvernement et les collectivités territoriales pour chercher davantage de compétitivité dans toute la filière."

Contrairement à la Commission, la France estime que "l'environnement économique du marché international du poulet congelé s'est dégradé depuis la dernière fixation des restitutions" et souligne que 10 Etats membres se sont solidarisés de la position de Paris en comité de gestion.

MESURES D'URGENCE

Les groupes Doux et Tilly-Sabco, qui représentent les principaux exportateurs français de volaille et emploient plus de 2.500 personnes, surtout en Bretagne, ont demandé à l'Etat de prendre des "mesures d'urgence" pour compenser la disparition de ces aides introduites il y a cinquante ans.

Ils estiment que le différentiel de compétitivité avec des pays comme le Brésil et le taux de change de l'euro désavantagent la filière européenne.

Le groupe volailler Doux, en redressement judiciaire depuis le 1er juin 2012, avait annoncé en février avoir renoué avec les profits et s'était dit confiant en son avenir.

"C'est une décision indigne et inacceptable qui a été prise sous la pression d'autres pays européens qui espèrent ainsi fragiliser la filière avicole bretonne", a déclaré à Reuters Michel Morin, vice-président de la région Bretagne.

"Cette décision est d'autant plus inacceptable que Bruxelles connaît parfaitement les efforts des industriels concernés pour s'adapter à la fin programmée de ces aides. Ils avaient seulement besoin encore d'un peu de temps", a t-il ajouté.

La filière avicole partage le même sentiment.

"Une telle décision va tuer l'emploi", a dit à Reuters Christian Marinov, directeur de la confédération française de l'aviculture. "Autant la baisse des restitutions pouvait en partie se justifier il y a six mois, autant elle n'a aucun sens aujourd'hui avec un marché très dégradé et des Brésiliens qui pratiquent un dumping monstrueux."

Les représentants syndicaux du secteur ont également fait part de leur colère et de leur inquiétude.

"Le pire se profile à l'horizon, c'est la disparition programmée de la filière export de l'aviculture française", s'alarme la fédération nationale CGT de l'agroalimentaire.

Pierre-Henri Allain, avec Yves Clarisse à Paris, édité par Gilles Trequesser

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  • manx750 le vendredi 19 juil 2013 à 12:28

    Valls ne peut plus sortir du pays ?