Tokyo va lancer un appel d'offres gigantesque pour sa défense

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    par Siva Govindasamy 
    TOKYO, 30 juin (Reuters) - La Japon s'apprête à lancer en 
juillet un appel d'offres portant sur la livraison d'avions de 
combat d'un montant évalué à 40 milliards de dollars a annoncé 
jeudi le ministère de la Défense, dans un contexte de tensions 
régionales alimentées par les revendications maritimes de Pékin. 
    Pour cet appel d'offres, qui s'annonce comme l'un des plus 
importants de l'histoire récente, un porte-parole du ministère a 
indiqué que Tokyo contacterait à la fois des constructeurs 
japonais et étrangers pour la livraison d'une centaine 
d'appareils. 
    Selon des sources proches du dossier, Boeing  BA.N  et 
Lockheed Martin  LMT.N  ont été invités à participer au projet, 
de même que Mitsubishi Heavy Industries (MHI)  7011.T , 
principal spécialiste japonais du secteur. 
    Les sources ont ajouté que la décision définitive était 
attendue à l'été 2018. 
    D'un montant évalué à une quarantaine de milliards de 
dollars (36 milliards d'euros), le "programme F3" vise à équiper 
l'armée japonaise d'avions de combats aussi récents que possible 
et attirer les principaux groupes de la planète, mais beaucoup 
d'analystes pensent que la préférence de Tokyo ira à des 
appareils susceptibles de s'inscrire dans la stratégie japonaise 
intimement liée aux Etats-Unis, donnant un avantage considérable 
aux groupes américains. 
     
    TENSIONS AVEC PÉKIN 
    Le lancement de l'appel d'offres intervient alors que le 
Japon est à la recherche d'un appareil qui lui permettra de 
conserver sa supériorité aérienne face à la Chine dont les 
revendications en mer de Chine du Sud préoccupent Tokyo, son 
allié américain et les autres puissances régionales. 
    L'aviation chinoise accuse encore un certain retard sur 
celle des Etats-Unis et de leurs alliés, même si Pékin s'efforce 
combler ce fossé en développant ses capacités militaires, 
incitant le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a durcir sa 
rhétorique martiale. 
    Présenté comme le successeur du programme d'avions de combat 
polyvalent Mitsubishi F-2, le nouvel appareil devra opérer en 
synergie avec les F-35 de Lockheed que le Japon a déjà commandés 
et les F-15Js que Tokyo modernise. 
    Le Japon n'écarte pas la solution étrangère à condition que 
les appareils soient construits sous licence dans l'archipel, 
comme c'est le cas du F-15Js, ont dit des sources proches du 
dossier. 
    "Nous bien sommes évidemment intéressés par l'opportunité de 
prolonger le partenariat qui nous lie depuis longtemps au 
Japon", a déclaré Lockheed Martin dans un courriel adressé à 
Reuters. "Nous sommes impatients d'en savoir davantage sur le 
projet F-3 du Japon." 
     
    APPAREIL FURTIF 
    Chez Boeing, ont dit également être intéressé par le projet. 
"Nous cherchons en permanence à accroître notre présence au 
Japon et nous sommes ouverts à des discussions avec le client 
pour voir comment l'aider à remplir ses objectifs de défense", 
dit le groupe aéronautique dans un courriel également adressé à 
Reuters. 
    Selon des sources ayant connaissance du programme F-3, le 
Japon cherche de longue date à s'équiper d'un bimoteur furtif 
doté d'un large rayon d'action et armé de missiles abrités en 
soute. 
    Pour l'heure, le seul appareil en service correspondant à 
ces caractéristiques est le F-22 de Lockheed Martin mais cet 
appareil n'est plus produit et les Etats-Unis ne l'ont pas rendu 
disponible à l'exportation malgré l'intérêt manifesté par Tokyo. 
    Ces éléments confortent la thèse d'un programme d'appareils 
conçus au Japon, disent les sources de Reuters, au risque de 
faire grimper la facture alors que Tokyo cherche à réduire ses 
dépenses budgétaires. 
    Au delà de Boeing et Lockheed Martin, d'autres constructeurs 
pourraient tenter de faire valoir leur expertise, à l'image du 
consortium européen Eurofighter, qui réunit Airbus Group 
 AIR.PA , BAE Systems  BAES.L  et Leonardo Finmeccanica 
 LDOF.MI , constructeur du Typhoon, et Saab  SAABb.ST  qui a 
récemment dévoilé la dernière version de son avion de combat 
Gripen. 
    S'exprimant au nom du consortium Eurofighter, un 
porte-parole de la division Airbus Defense and Space a dit "être 
en contact régulier avec le Japon et l'industrie japonaise pour 
discuter (...) des opportunités potentielles de collaboration." 
    Contacté par Reuters, un porte-parole de Saab a dit ne pas 
être en mesure de commenter l'appel d'offres. 
 
 (Nicolas Delame pour le service français, édité par Cyril 
Altmeyer) 
 

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  • aerosp il y a 5 mois

    ils feraient mieux de réduire la pauvreté du pays au lieu de l'endetter davantage

  • charleco il y a 5 mois

    Depuis qu'ils ont pris 2 bombes, les Japonais sont aux ordres des USA!