Tokyo exclut la dévaluation compétitive, pas les interventions

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    par Leika Kihara 
    WASHINGTON, 17 avril (Reuters) - Le Japon s'abstiendra de 
procéder à des dévaluations compétitives mais se réserve la 
possibilité d'intervenir contre des mouvements à court terre 
indésirables de sa devise, ont dit des représentants des 
autorités nipponnes lors des réunions du G20 et du FMI en fin de 
semaine, soulignant leur détermination à agir contre tout 
mouvement brusque de la devise japonaise qui pourrait menacer 
une reprise économique fragile.  
    Le ministre des Finances japonais, Taro Aso, a refusé de 
dire si Tokyo était sur le point d'intervenir sur le marché des 
changes pour freiner la hausse du yen. 
    Mais il a souligné que le communiqué du G20, en rappelant 
que les mouvements de change excessifs et désordonnés étaient 
indésirables, donnait au Japon un blanc-seing pour intervenir 
sur le marché si les évolutions du yen étaient sans rapport avec 
les fondamentaux de l'économie nipponne.  
    "Prendre des mesures contre (une volatilité excessive et des 
mouvements désordonnés de la devise) serait conforme avec 
l'accord du G20", a-t-il déclaré à des journalistes vendredi en 
marge de la réunion des ministres des Finances et des banquiers 
centraux du groupe. 
    Les responsables monétaires et financiers japonais ont 
multiplié les mises en garde contre la récente hausse du yen. 
Mais ils ne sont pas parvenus à modifier la conviction des 
intervenants de marché sur l'incapacité de Tokyo à intervenir, 
en raison de l'accord entre les pays du G20 visant à prévenir 
les dévaluations compétitives.  
     
    TOKYO A EXPRIMÉ SA "VIVE INQUIÉTUDE" 
    Lors d'un entretien bilatéral avec le secrétaire d'Etat 
américain au Trésor, jeudi, Taro Aso, a fait part de la "vive 
inquiétude" de Tokyo devant une appréciation du yen à "sens 
unique".  
    Jack Lew s'est contenté de réitérer la mise en garde de 
Washington sur la nécessité pour Tokyo de s'abstenir de procéder 
à des dévaluations compétitives, laissant entendre que 
Washington ne verrait pas d'un bon oeil une intervention pour 
affaiblir le yen. 
    Un représentant du ministère japonais des Finances a dit que 
Tokyo n'utiliserait pas la dévaluation compétitive pour 
maintenir le taux de change artificiellement bas afin de 
soutenir les exportations des entreprises japonaises.  
    En revanche, le Japon peut intervenir sur les marchés pour 
mettre un coup d'arrêt à des fluctuations à court terme du yen, 
comme les fortes hausses de la monnaie au cours de la première 
moitié du mois de février, a-t-il ajouté. 
    Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a dit 
au cours de la même conférence de presse que la banque centrale 
suivait de très près les fluctuations du yen en raison de leurs 
conséquences sur l'économie. 
    "Si les mouvements du yen ont un impact négatif sur 
l'économie et les prix, en particulier sur les perspectives de 
réalisation de notre objectif d'inflation de 2%, nous 
n'hésiterons pas à prendre des mesures supplémentaires 
d'assouplissement " a-t-il dit.    
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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