Tokyo et Séoul demandent à Pyongyang de renoncer à un lancement

le , mis à jour à 13:12
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 (Actualisé avec réactions de la Chine et de la Russie) 
    par Jack Kim et Nobuhiro Kubo 
    SEOUL/TOKYO, 3 février (Reuters) - La Corée du Sud et le 
Japon ont demandé mercredi à la Corée du Nord de ne pas procéder 
au lancement d'un satellite qu'elle a annoncé pour la période du 
8 au 25 février, et les unités antimissiles de l'armée japonaise 
ont été mises en état d'alerte. 
    La Chine et la Russie ont également manifesté leur 
inquiétude quant à l'annonce de Pyongyang. 
    Les autorités de Séoul ont estimé que le projet de lancement 
de satellite serait en fait un tir expérimental de missile de 
longue portée et ont affirmé que Pyongyang paierait un "prix 
fort" s'il mettait sa menace à exécution. 
    La Corée du Nord doit immédiatement renoncer à ce projet, 
qui viole les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité 
des Nations unies, a déclaré la présidence sud-coréenne. 
    "La notification adressée par la Corée du Nord concernant le 
lancement d'un missile de longue portée, au moment où l'on 
discute au Conseil de sécurité de sanctions à propos de son 
quatrième essai nucléaire, est un défi direct adressé à la 
communauté internationale", a déclaré la Maison bleue, la 
présidence sud-coréenne. 
    "Nous avertissons fermement le Nord qu'il paiera le prix 
fort(...) s'il procède au lancement d'un missile de longue 
portée", ajoute Séoul. 
    A Tokyo, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a estimé 
que le projet de lancement nord-coréen représentait une grave 
menace pour la sécurité de l'archipel et a demandé à Pyongyang 
d'y renoncer.  
    Le ministre japonais de la Défense, Gen Nakatani, a ordonné 
aux unités de défense antimissiles, que ce soient les batteries 
de missiles Patriot à terre ou le système naval d'armes Aegis à 
bord de navires de guerre en mer du Japon, de détruire tout 
engin nord-coréen qui menacerait l'archipel. 
    Pékin, seul allié du régime nord-coréen, mais poussé par 
Washington à le contenir, s'est dit "extrêmement inquiet" de la 
situation. 
    "Nous espérons que la Corée du nord va faire preuve de 
retenue sur la question du lancement de satellites, agir avec 
prudence et ne pas prendre de mesures qui pourraient faire 
escalader les tensions dans la péninsule coréenne", a dit un 
porte-parole du ministre chinois des Affaires étrangères. 
    La Russie s'est elle aussi émue de l'annonce nord-coréenne. 
"La Corée du Nord fait preuve d'un mépris flagrant pour les 
normes universellement reconnues du droit international", a dit 
le ministère des Affaires étrangères. 
     
    BOMBE A HYDROGÈNE? 
    De son côté, le chef de la diplomatie japonaise, Fumio 
Kishida, a fait savoir que le Japon avait élevé une protestation 
auprès de la Corée du Nord, via son ambassadeur à Pékin, 
rapporte l'agence de presse nippone Kyodo. 
    La Corée du Nord a fait savoir à l'Organisation maritime 
internationale (OMI) qu'elle comptait lancer un satellite 
"Kwangmyongsong" dans l'espace entre le 8 et le 25 février. 
    En 2012, la Corée du Nord avait procédé au tir d'un missile 
à longue portée. Elle pourrait aujourd'hui se préparer pour un 
nouveau tir d'essai, estiment des responsables américains sur la 
base d'observations satellitaires. 
    Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies 
discutent en ce moment d'éventuelles sanctions contre Pyongyang, 
qui a effectué un quatrième essai nucléaire, le 6 janvier, en 
violation des résolutions de l'Onu. Pyongyang a dit alors avoir 
testé une bombe à hydrogène, mais les Etats-Unis et la Corée du 
Sud ont mise en doute cette annonce, jugeant la secousse 
enregistrée trop faible pour pareil essai. 
    La Corée du Nord a lancé pour la dernière fois une fusée de 
longue portée en décembre 2012, plaçant en orbite un objet 
qu'elle disait être un satellite de télécommunications. 
    Pour le porte-parole du département d'Etat américain, John 
Kirby, les Nations unies se doivent d'"envoyer rapidement aux 
Nord-Coréens un message de fermeté". 
 
 (avec Ju-min Park à Séoul; Eric Faye et Julie Carriat pour le 
service français, édité par Tangi Salaün) 
 
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