Tokyo condamne ce qui semble être l'exécution d'un otage par l'EI

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par Antoni Slodkowski et Nobuhiro Kubo TOKYO, 24 janvier (Reuters) - Les autorités japonaises ont condamné tôt dimanche l'annonce sur YouTube de l'exécution d'un des deux otages japonais aux mains de l'Etat islamique (EI) et ont exigé la libération du second captif, le journaliste Kenji Goto. "Il s'agit d'un acte de violence atroce et inacceptable", a déclaré le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à son arrivée à ses bureaux dans la nuit de samedi à dimanche. "Nous exigeons avec fermeté la libération immédiate" de l'autre otage, a-t-il ajouté. "Nous ne céderons pas au terrorisme", a-t-il poursuivi. "Nous utilisons tous les moyens et canaux diplomatiques pour obtenir une libération", a ensuite dit le Premier ministre aux journalistes à l'issue d'une réunion avec plusieurs de ses ministres, dont celui de la Défense et des Affaires étrangères. Le document diffusé un moment sur YouTube puis effacé montre simplement une image de Kenji Goto portant un t-shirt orange. Cette image est accompagnée d'un enregistrement audio, apparemment du journaliste japonais qui s'exprime en anglais. Dans cet enregistrement, Goto dit que l'autre otage, Haruna Yukawa, a été exécuté. Il demande au gouvernement japonais d'agir pour éviter qu'il soit tué à son tour. Il dit que ses ravisseurs le relâcheront en échange de la libération d'une militante irakienne de l'EI, Sadjida Richouaï, emprisonnée en Jordanie. Il ajoute que l'EI a abandonné sa précédente demande d'une rançon de 200 millions de dollars, pour laquelle il avait fixé un ultimatum qui est arrivé à expiration vendredi. "Je veux croire dans (mon) gouvernement et attendre. Le gouvernement japonais ne laissera pas tomber mon fils. Il reviendra", a déclaré aux journalistes la mère de Goto, Junko Ishido. C'est la première fois, si l'authenticité du document est confirmée, que l'EI revendique une exécution par une simple image et un enregistrement audio, au lieu des films des décapitations habituellement diffusés par le groupe djihadiste. Haruna Yukawa a été capturé par les islamistes en août dernier, alors qu'il s'était rendu en Syrie pour, selon ce qu'il disait à ses proches, monter une société de sécurité. Kenji Goto, lui, est allé en Syrie fin octobre pour tenter d'obtenir la libération de son compatriote, d'après ses proches. Le groupe EI, qui contrôle de vastes territoires de Syrie et d'Irak, a mis en ligne mardi dernier une vidéo montrant les deux otages japonais, qu'il menaçait d'exécution si Tokyo ne lui versait pas au plus tard vendredi une rançon de 200 millions de dollars. (Avec William Mallard à Tokyo, Mariam Karouny à Beyrouth et Matt Spetalnick à Washington; Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français)

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