Tocqueville : " Nous voulons diversifier notre offre en misant sur d'autres actifs et d'autres produits"

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(NEWSManagers.com) - INTERVIEW DE BRUNO JULIEN, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE TOCQUEVILLE FINANCE



Transfuge de La Banque Postale Asset Management arrivé en octobre 2009 chez Tocqueville Finance tombée dans l'escarcelle de La Banque Postale, Bruno Julien sait que l'avenir de sa société de gestion, afin de retrouver le niveau de collecte qui était le sien avant la crise, passe par une diversification de son offre de produits et aussi par l'apport de nouveaux clients. Une entreprise ambitieuse qui doit notamment s'appuyer sur le développement de synergies avec la maison mère.


Newsmanagers : Comment s'est passée votre arrivée chez Tocqueville Finance ?


Bruno Julien : Très sincèrement, mon arrivée chez Tocqueville Finance s'est très bien passée. J'y ai trouvé une équipe compétente, ayant une très bonne connaissance du marché des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) et plus généralement de l' ensemble de nos canaux de distribution. Nous faisons avec Marc Tournier chaque semaine un point sur la marche des affaires. C'est un excellent gérant qui outre sa fonction de directeur général délégué en charge de la gestion dispose d'une bonne expérience globale du marché des conseillers indépendants. Je connais bien le marché des CGPI, pour l' avoir étudié de près au titre de mes anciennes fonctions de directeur du développement de La Banque Postale Asset Management.


NM : Et maintenant, vu de Tocqueville Finance vis-à-vis des conseillers indépendants ?


B. J. : Dès mon arrivée, j' ai souhaité rassurer les CGPI sur deux points : tout d'abord le maintien de l'indépendance de notre gestion et ensuite la solidité financière de notre actionnaire de référence. Ainsi, ils savent que rien de ce qui constituait les atouts de Tocqueville ne change aujourd'hui et c'est une appréciation qui me rend optimiste pour l'avenir. En France, le marché des CGPI représente 5-6 %, ce qui offre un potentiel de développement très important au regard de ce que l' on peut observer sur le marché européen. La forte dynamique qui anime ces professionnels de qualité constitue pour nous un challenge très intéressant.


NM : Comment allez-vous vous y prendre pour augmenter la collecte de Tocqueville Finance qui est revenue de presque 5 milliards d'euros avant la crise à 1,7 milliard aujourd'hui ?


B.J. : Tout d' abord, notre décollecte en 2009 sur les produits actions n'a pas été plus forte que chez nos concurrents et nous affichons de réelles surperformances sur la plupart de nos fonds actions. Mais il ne faut pas se leurrer, à l'exception de quelques fonds sur les marchés émergents ou de fonds indiciels, essentiellement dédiés à des investisseurs institutionnels, le marché des fonds investis en actions reste pour le moment en décollecte. Et les fonds réservés aux particuliers, fonds " value" inclus, n'y échappent pas. Pour relancer la collecte, il nous faut donc continuer à développer notre relation avec les CGPI et être à l' écoute de leurs besoins. La diversification de notre gamme de produits et de services est une piste que nous étudions de près mais pas à n'importe quel prix. Il ne faut pas sortir de ce que l'on sait faire.


NM : Ce qui vous amène à vous porter vers d'autres classes d'actifs?


B.J. : Nous ne disposons pas d'une offre suffisamment large pour nous permettre de proposer une réallocation d' actifs à nos clients. Aussi comptons-nous utiliser les compétences et savoir faire du groupe La Banque Postale sur d' autres allocations d' actifs.


NM : Quels sont vos projets concrets en la matière ?


B.J. : En termes d' offre, nous réfléchissons à nous doter d'un fonds d'obligations convertibles et aussi d'un fonds de type flexible, avec une poche d'actions sélectionnées par Tocqueville Finance et une poche taux.
Cela dit, il ne faut pas se polariser sur les seuls OPCVM. La Banque Postale nous permet de disposer de produits bilantiels, de crédits à la consommation ou de prêts immobiliers que nous pourrions proposer à nos clients conseillers selon des modalités à définir. A condition de ne pas perdre de vue le I de indépendant de notre clientèle naturelle, ce qui nous oblige à faire du sur-mesure.
En matière de distribution, nous pensons également développer une clientèle encore mineure aujourd'hui chez Tocqueville Finance : les investisseurs institutionnels. Nous leur réservons des produits dédiés à l'image de notre fonds Tocqueville Euro Actions.


NM : Et en termes de gestion, êtes-vous satisfait ?


B.J. : Oui, après une année 2009 très performante, notamment pour notre fonds phare, Ulysse, nos produits actions commencent bien l'année. Au 30 mars 2010, Ulysse progresse de 12,45 % tandis que le CAC progresse de 1,30 %. Odyssée progresse également de 10,27 % et Tocqueville Dividende s' apprécie de 2,11 %. Enfin, Tocqueville Value Europe progresse de 5,19 % contre 4,23 % pour le MSCI Europe. Nous fêtons ce mois-ci le 10ème anniversaire de Tocqueville Value Europe qui se classe 2nd de la catégorie Actions Europe Général. Vous le voyez, nous apportons de la surperformance?

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