TOBAM : " Nous savons mesurer, et maximiser, la diversification"

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(NEWSManagers.com) - Yves Choueifaty, président de TOBAM


Créée en 2005, la société de gestion TOBAM affiche une croissance spectaculaire depuis sa sortie de l'orbite de Lehman. Son président montre que la stratégie choisie pour réussir une telle expansion repose sur une approche très originale de données qui, au fond, seraient aisément disponibles pour beaucoup d'intervenants, s'ils avaient la bonne méthode. Tout l'art réside en fait dans la manière de les combiner, de les interpréter et d'en tirer parti?

Newsmanagers : Pour beaucoup, TOBAM est une abbréviation plutôt opaque, et votre société serait née après la catastrophe de Lehman. Or la genèse est plus lointaine ?
Yves Choueifaty : En effet. D'abord TOBAM a été créée en 2005 et il était prévu des l'entrée dans la galaxie Lehman que nous sortirions au bout de trois ans. Quant à l' acronyme, il signifie " Think Out of the Box Asset Management" , avec l'additif : " core investments" , qui implique que tous les produits portant cette marque ont été conçus comme des produits de fond de portefeuille.

NM : Quel montant d'actifs TOBAM gère-t-elle ?

Y. C. : Notre encours dépassait les 2 milliards de dollars, au 30 juin ; il a augmenté de 53 % depuis le début de l'année. Nous sommes en fait plus proches des 3 milliards de dollars, si l'on compte les mandats attribués mais non encore libérés.

NM : D'où ces capitaux proviennent-ils ? Qui sont vos investisseurs ?

Y. C. : Nous déclinons notre stratégie sur 13 zones géographiques. Nos clients sont de gros investisseurs institutionnels et 5 % des actifs gérés viennent de France. Pour le reste, les encours viennent du restant de l'Europe (Suisse, Royaume Une, Scandinavie, Benelux?) et des Etats-Unis. Récemment un fonds scandinave a amorcé notre fonds Marchés Emergents à hauteur de 135 millions de dollars. Et CalPERS nous a confié un mandat initial de 150 millions de dollars?

NM : Où TOBAM est-elle implantée ?

Y. C. : Nous avons un bureau à Amsterdam et un autre, depuis peu, à Los Angeles. De plus, nous avons des partenaires au Canada, en Scandinavie et en Australie-Nouvelle Zélande. La prochaine étape consiste à développer le Moyen-Orient et l' Asie.


NM : Dans quel segment classeriez-vous votre gestion ?

Y. C. : Le mot-clé, pour qualifier la gestion que nous pratiquons chez TOBAM, c'est " Diversification" . D'ailleurs, notre slogan est " faire de la diversification votre Beta" ! En fait, tout le monde parle de diversification, mais elle reste un concept imprécis et mal défini. TOBAM, en revanche, sait mesurer cette diversification et connaît le moyen de la maximiser, ce qui fait de ses portefeuilles 100% actions les plus diversifiés. Un effet secondaire est de réduire la volatilité d'environ 20 à 25 %. Et cela sans avoir de biais sur les actions faiblement volatiles.


NM : Quels résultats visez-vous ?

Y. C. : L' objectif de surperformance de nos fonds " anti-benchmark " est de l' ordre de 400-500 points de base par an, sur un cycle boursier. Nous sous-performerons cependant, en moyenne tous les cinq ou six ans, en fin de bulle, lorsque le marché est sur-concentré sur un secteur, et que ce secteur surperforme tous les autres.

NM : Comment expliquez-vous cette faculté de passer entre la plupart des gouttes ?


Y. C. : De fait, notre méthode élimine les paris et vise à capturer la prime de risque actions alors que les indices capi-pondérés augmentent leur concentration jusqu' à en devenir toxiques. Autrement dit, nous ne faisons pas de prévision : il n' y en a pas besoin quand le seul objectif de gestion consiste à diversifier !

NM : En étant provocants, certains pourraient vous suggérer une méthode à base d'ETF ?

Y. C. : A mon sens, il ne faut pas confondre passivité et neutralité : les indices capi-pondérés sont certes passifs, mais ils sont aussi souvent biaisés et concentrés. Autrement dit, ils ne sont donc pas neutres en matière d' allocation de risque. Etre neutre, c'est équiponderer les facteurs de risque. Pour rester neutre, il faut donc être actif et rebalancer son portefeuille. La diversification parfaite a, en fait, pour conséquence paradoxale qu' un portefeuille doit finalement être davantage corrélé aux actions qu' il ne détient pas qu'à celles qu' il détient.

NM : Dans le domaine des indices dit " Anti-Benchmark" , qui sont votre marque de fabrique, vous coopérez avec S&P et Footsie. Comment voyez-vous le développement de cette activité ?

Y. C. : Pour l'instant, nous nous focalisons exclusivement sur les actions en matière de gestion. Nous nous sommes associés récemment avec FTSE et une gamme d' indices sera commercialisée d' ici la fin de l' année. Nous ciblons avec cette offre certains fonds souverains, qui ont tendance à acheter l'indice plutôt que d'allouer des mandats trop importants.

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