Tirs rebelles meurtriers sur Alep, selon Damas et l'OSDH

le , mis à jour à 21:33
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 (Actualisé avec Maison blanche et John Kerry) 
    BEYROUTH, 3 mai (Reuters) - Des tirs de roquettes de la 
rébellion sur les quartiers d'Alep tenus par les forces 
gouvernementales ont fait mardi au moins 19 morts et 80 blessés, 
rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). 
    Trois enfants au moins ont été tués et de nombreux blessés 
sont dans un état grave, ajoute l'ONG basée à Londres. 
    L'hôpital Al Dabit a été touché par ces tirs. Selon la 
chaîne d'information Ikhbariya, contrôlée par l'Etat syrien, 
trois femmes ont été tuées et 17 personnes ont été blessées dans 
l'établissement, qui a subi d'importants dégâts d'après l'OSDH. 
    "Des (dizaines) de martyrs et de blessés par des tirs de 
roquettes des terroristes à l'hôpital Al Dabit", indique pour sa 
part un bulletin d'information sur la télévision syrienne. 
    Dans un communiqué, l'état-major syrien accuse le Front al 
Nosra, affilié à Al Qaïda, ainsi que les groupes Ahrar al Cham 
et Djaïch al Islam d'être à l'origine de ces pilonnages sur la 
ville du nord de la Syrie. 
    L'armée, qui parle elle aussi de dizaines de victimes au 
total, ajoute "riposter vers l'origine des tirs".  
    Trois raids aériens ont eu lieu dans les zones rebelles 
d'Alep, faisant un nombre de victimes encore indéterminé, a 
déclaré l'OSDH.  
    Alep est le théâtre de violents combats depuis le 22 avril 
qui mettent en péril le processus de paix engagé en mars à 
Genève. Les Etats-Unis et la Russie ont affirmé lundi travailler 
à étendre à la grande ville du Nord l'actuelle trêve observée 
dans d'autres régions de Syrie.   
    La Maison blanche s'est déclarée mardi préoccupée par la 
poursuite de l'escalade de la violence dans la région d'Alep, et 
a dit oeuvrer "avec ténacité", par la voie diplomatique, à 
convaincre les belligérants de convenir d'une nouvelle trêve. 
     
    RENCONTRE MERCREDI A BERLIN 
    Selon le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest, le 
régime syrien aussi bien que les insurgés ont contribué à la 
détérioration de la situation dans le secteur d'Alep. Washington 
"les exhorte à respecter les engagements qu'ils ont pris 
antérieurement" afin que les armes se taisent, a continué Josh 
Earnest. 
    De son côté, John Kerry a dit mardi penser qu'un accord de 
cessez-le-feu pourrait être remis sur les rails en Syrie, malgré 
l'escalade actuelle, et il a mis en garde Bachar al Assad contre 
des "répercussions" s'il ne prenait pas le chemin d'un accord. 
    "La ligne que l'on cherche à tracer, aujourd'hui, 
empêcherait toute invasion d'Alep, ne permettrait pas qu'Alep 
tombe", a dit Kerry à la presse au lendemain de rencontres qu'il 
a eues à Genève. "Si Assad n'accepte pas cela, il y aura 
évidemment des répercussions, et l'une d'entre elles pourrait 
être l'arrêt total du cessez-le-feu et le retour à la guerre. Je 
ne pense pas que la Russie veuille cela", a continué le 
secrétaire d'Etat américain.  
    A Moscou, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie 
Staffan de Mistura a rencontré le ministre russe des Affaires 
étrangères Sergueï Lavrov, qui a dit espérer l'annonce d'une 
extension de la trêve à Alep dans les heures ou les jours qui 
viennent. 
    Selon le diplomate suédo-italien, un arrêt des combats à 
Alep pourrait contribuer à remettre sur les rails les 
négociations indirectes de paix à Genève. "Nous espérons tous 
que nous pourrons dans quelques heures relancer la cessation des 
hostilités", a dit De Mistura. "Si nous parvenons à cela, nous 
serons de nouveau sur la bonne voie", a-t-il ajouté. 
    Sergueï Lavrov a indiqué pour sa part que son pays et les 
Etats-Unis travaillaient à un accord de trêve englobant la ville 
d'Alep. "Le processus d'accord sur un cessez-le-feu à Alep est 
en voie de finalisation maintenant entre des représentants 
militaires russes et américains", a-t-il dit. "J'espère que dans 
un avenir proche, peut-être dans les heures qui viennent, une 
telle décision pourra être annoncée", a-t-il poursuivi. 
    Le chef de la diplomatie russe a également déclaré que 
Moscou et Washington prévoyaient la création à Genève d'un 
bureau commun pour superviser la situation en Syrie. 
    A Berlin, le ministre allemand des Affaires étrangères 
Frank-Walter Steinmeier accueillera mercredi Staffan de Mistura, 
le coordinateur de l'opposition syrienne Riad Hidjab et le chef 
de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault pour discuter des 
moyens de poursuivre le processus de Genève, de réduire la 
violence et d'améliorer la situation humanitaire en Syrie. 
 
 (Lisa Barrington et Tom Perry, avec Denis Dyomkin à Moscou et 
Roberta Rampton à Washington; Pierre Sérisier et Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
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